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CROOKED STILL - Some Strange Country (2010)
Par LE KINGBEE le 9 Août 2018          Consultée 164 fois

Nous sommes en 2010 et CROOKED STILL délivre son quatrième et dernier album. Formé à Boston en 2001, la formation a réussi à garder son noyau dur, seul le violoncelliste Rushad Eggleston remplacé par Tristan Claridge depuis près de deux ans manque à l’appel.

Enregistré pour la majeure partie au Haunted Hollow, un petit studio basé à Charlottesville (Virginie), sous la houlette du producteur Gary Paczosa, un vieux briscard déjà vu aux consoles derrière Ricky NELSON, Dolly PARTON, John Prine ou Alison KRAUSS, « Some Strange Country » est toujours édité par le label Signature Sound de Jim Olsen. Le disque porte d’ailleurs la marque de fabrique du label destiné au départ à promouvoir de petits groupes acoustiques orientés sur le Folk, le Bluegrass et ses dérivés et l’Americana.
Sur scène depuis cinq ans, CROOKED STILL s’est taillé une solide réputation, participant aux meilleurs festivals de Country Alternative, privilégiant la qualité aux manifestations pompeuses, pleines de fric et souvent superficielles.
Si l’amalgame des différents instruments fait toujours recette et si le groupe est parvenu à garder son noyau dur, le répertoire novateur demeurant toujours résolument ancré dans un registre New Grass acoustique, CROOKED STILL nous délivre là son dernier album studio, l’excellente chanteuse guitariste Aoife O’Donovan partant pour d’autres horizons.

C’est encore une fois par l’assemblage des ses instruments (banjo, violoncelle, contrebasse, guitares acoustiques et fiddle) que le groupe surprend avec une mayonnaise qui monte crescendo. Si le vocal de la chanteuse demeure un atout maître, la dualité complice et cohérente entre les différents instruments à cordes étonne toujours, comme à leurs débuts.
Le disque ne propose que trois originaux et une reprise inattendue des ROLLING STONES avec « You Got The Silver », les huit autres pistes provenant du traditionnel. Comme bien souvent, Les Racines Tordues réussissent à surprendre en paramétrant certains grands classiques oubliés depuis longtemps. C’est le cas pour « The Golden Vanity », un vieux folk repris sous divers intitulés (Sinking In The Lonesome Sea », « The Turkish Revelee », « The Sweet Trinity » ou « Gallant Forty Twa ») interprété jadis par la Carter Family, les Almanac Singers, Burl Ives, le duo Pete Seeger/ Arlo Guthrie dans des versions allant du biblique au protest song. Ici, le groupe nous en offre une version mélancolique mais heureuse par le biais de Gregory Liszt, un virtuose du banjo à 5 cordes, et du fiddle de Brittany Haas, tandis que le violoncelle apporte une touche appalachienne en contrepoint d’une contrebasse Jazzy. Si ce folk trad. a connu différentes paroles, il témoigne du courage d’un mousse sauvant son bateau et son équipage en allant au péril de sa vie trouer à la nage la coque d’un bateau ennemi. Considéré comme le morceau phare du disque, c’est une peinture de Cassandra Jenkins qui vient illustrer « The Golden Vanity » nous dévoilant un bateau sombrant dans les eaux noires d’un continent.
Autre folklore issu des temps jadis et probablement collecté comme le précédent par Francis James Child, « Henry Lee », œuvre de Dick Justice, un mineur blanc inspiré par le Blues de Like Jordan, nous renvoie à une sombre histoire de vengeance féminine ; le violoncelle contribue ici à la tristesse du morceau pour une superbe ballade montagnarde, générique de l’émission TV « Anthology Of American Folk Music ».
Les originaux ne déparient pas des traditionnels, les arrangements sur les folks classiques portant la griffe du groupe. Parmi les compositions, on retiendra « Half Of What We Know » avec son intro chantée sous-amplifiée via un micro d’harmonica donnant une teinte vintage et des arpèges de banjos venant en contrepoint du violoncelle. Le festif « Locust In The Willow » renvoie au domaine de la quadrille avec une forte influence celtique. D’une courte durée (à peine 1 minute 40), « Turning Away » est un quasi instrumental interprété au banjo et dont les cinq cordes plongent l’auditeur dans un climat naviguant entre nostalgie et peine.
La combinaison New Grass, Bluegrass et Hillbilly des Appalaches est encore bien palpable sur « Cold Mountains » et « Calvary » avec une légère coloration celtique, l’isolement de certains coins reculés de la chaîne appalachienne expliquant que certains titres aient gardé leurs influences d’origine.
Si « Distress » et « You Were Gone » nous ramènent vers un climat assez morne, « I’m Troubled », malgré son titre, nous expédierait pour un peu dans une atmosphère à la Leadbelly ou Yank Rachell. Le disque se termine avec une curiosité, la reprise de « You Got The Silver », titre mineur des STONES figurant dans l’album « Let It Bleed ». Mais si, de prime abord, ce choix pouvait étonner, il suffit de se souvenir que Brian Jones qui effectuait là l’un de ses derniers enregistrements y jouait de l’autoharpe, instrument s’apparentant à la cithare autrichienne et joué principalement dans la chaîne de montagnes des Appalaches. Encore une fois, les arrangements, le jeu des différents virtuoses et le chant de O’Donovan transforment le titre des STONES en une pépite de Grass Prog.

Si ce quatrième jet surprend moins que l’excellent « Shaken By A Low Sound », le chant, la qualité des mélodies et des arrangements et la virtuosité des membres font de ce disque une pépite fortement recommandable. Un disque marquant et intemporel du New Grass. Afin d’être complet, signalons la présence de plusieurs invités au chant.

Une note entre 3,5 et 4.

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   LE KINGBEE

 
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- Aoife O'donovan (chant, guitare 3-11, piano 4, orgue 11)
- Gregory Liszt (banjo)
- Brittanu Haas (fiddle)
- Corey Dimario (contrebasse, guitare 7)
- Tristan Clarridge (violoncelle, banjo 8)
- Ricky Skaggs (chant 2)
- Sarah Jarosz (chant 5-7)
- Tim O'brien (chant 6-9)
- Annalisa Tornfelt (chant 11)


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