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1989 Extreme
1990 Ii : Pornograffiti
1992 Iii Sides To Every St...
2008 Saudades De Rock

EXTREME - Iii Sides To Every Story (1992)
Par BAKER le 15 Octobre 2018          Consultée 288 fois

III Sides to Every Story est plus qu'un simple album. C'est une façon de vivre et de penser. Ce sont des souvenirs. C'est une rebellion silencieuse. III Sides, côté groupe comme côté fan, c'est ce petit secret qu'on cache dans un livre relié en cuir avec un fermoir en inox plaqué or, c'est cet alphabet codé que les parents ne comprennent pas, ce sont ces regards complices qui défieraient Alan Turing en personne. En 1992, il n'y en a que pour l'acoustique, les chanteuses à voix et le grunge. C'est l'année où le groupe de Boston décide de sortir un album en forme d'hommage à ses trois plus grosses influences : VAN HALEN, les BEATLES et QUEEN. Or en 92, VAN HALEN commence humainement à dérailler, les BEATLES sont morts depuis 22 ans ; quant à QUEEN, il s'en est fallu de peu mais Dame Faucheuse est passée par là aussi.

Et pourtant EXTREME va au bout de son délire. Le disque se découpe en trois parties bien distinctes : du hard groovy avec solos de fous, de la pop relativement joyeuse et en tous cas accessible et simple, et du grandiloquent. Chacun pourra ainsi trouver midi à sa porte, mais c'est le mélange qui fait toute la saveur de ce grand disque. Comme pour rassurer les hardos qui viennent de Pornograffiti, on commence par la partie heavy, et "Warheads" remet le facteur sur le vélo : c'est très rapide, savoureux, pyrotechnique (dans tous les sens du terme). Le côté funky du jeu de Nuno BETTENCOURT s'est un peu effacé, au profit d'un heavy rock bien rentre-dedans. Les riffs sont moins immédiats que Porno, empruntent un peu (merci HENDRIX pour "Rest In Peace"), mais ils vous rentrent très vite dans la caboche. L'utilisation des choeurs est comme d'habitude optimale, et pour les amoureux de technique, vous avez le légendaire "Cupid's Dead", un monstre dont l'unison guitare/basse a été un cas d'école musicale pendant plusieurs années.

Le passage à la seconde face (les "faces" ne sont pas respectées dans le format vinyl, hélas pour le concept, heureusement pour le son) est radical : "Seven Sundays" dégouline de synthétiseurs baveux. Et il faut avouer que cette intro est prenante malgré son kitsch. Le reste des chansons pop sera du même acabit d'ailleurs : un savant mélange de mélodies prenantes et de riffs simples, comme sur le très McCARTNEYesque "Tragic Comic" qui reprend les bases de "Hole Hearted" en plus lent et plus sixties. La partie solo mélodique de "Stop the World" est à elle seule un grand moment du disque ; à titre personnel j'en sais quelque chose... car je l'ai bossé, ce disque, en achetant les partitions qui étaient d'ailleurs très bien faites - assez rare pour être souligné !

Le disque "format classique" finit la face pop avec un court mais beau et très intense "God Isn't Dead", où Gary CHERONE montre toute l'étendue de son talent - ce disque est son pinacle. Une belle fin. Il est à noter que les versions vinyl et cassette possédaient après "God" un titre supplémentaire : une ballade synthetico-sympho intitulée "Don't Leave me Alone" et qui est très, très belle, très intense aussi, dotée d'un solo de Moog (!!! en 1992 et joué par le guitariste sexy-funky-star de l'époque !). Une chanson extra, bien meilleure en fait que la plupart des titres de la face "Mine", mais qui a été sacrifiée car elle possède un style un chouïa, trois fois rien, différent du reste de l'album : on appelle ça la cohésion artistique. Eh oh IMAGINE DRAGONS, ça s'adresse à vous aussi !

Reste la face 3, et que dire ? Sinon que rarement 20 minutes auront aussi vite passé, que les orchestrations sont absolument somptueuses (...bossées à la croche près, elles aussi !) et que Nuno s'y est fait aider par rien de moins que Mike Moran, l'homme qui a aidé QUEEN à terminer Innuendo juste avant. Ballade folk très belle puis hard rageur pour finir sur du symphonique opératique en guise de feu d'artifice, ce morceau de bravoure est une explosion de joie, un pet à la face du minimalisme à la mode, une déclaration de guerre. Ce final propice à tous les spasmes de colonnes vertébrales même solides, ce solo miaou à la Brian MAY, la construction de "Change" si bien dosée... Cette chanson, c'est le majestueux cri d'agonie du dernier dinosaure : sur le coup les bien-pensants se disent bon débarras ; ce sont les mêmes qui 65 millions d'années plus tard se foutront sur la gueule pour avoir la primeur d'un pauvre brin d'ADN. On les appelle chef de produit marketing ; je les surnomme Jurassic Pork.

Ce disque a énormément plu à certains critiques (pas tous, ouh là !), à tous les fans, au groupe qui en est toujours fier. Moins à la maison de disques qui a vu le budget exploser pour de la musique absolument pas à la mode. Peu importe, ils peuvent bien râler : si le succès n'a pas rapporté autant de brouzoufes que Porno, il faut rappeler que ledit second album était truffé de méchants riffs funk metal mais que l'argent provenait presque exclusivement d'une simple ballade acoustique. EXTREME se place donc fermement dans la catégorie des indomptables, avec fierté, ce qui ne tardera pas à leur jouer des tours ; en attendant, ce disque est un chef-d'oeuvre, la consécration absolue d'un amour immodéré pour la musique généreuse, et autant Eddie que Paul ou Freddie auraient été fiers de sortir un tel brûlot.

Cette année-là, QUEEN invitera le groupe au concert mémorial de Freddie MERCURY, Brian MAY les présentera au public (et donc au monde entier) comme "de VRAIS amis" (les faux apprécieront le talc autour de la rondelle), et leur medley de QUEEN restera une des plus grandes pages live de l'histoire des années 90. Ils reviendront à Wembley en guise de cadeau de Noël où ils se mettront le public dans la poche, ils entameront une tournée mondiale en forme de best-of à se pendre (pour l'anecdote, un certain Jean-Michel JARRE rencontrera un certain Patrick RONDAT pendant un certain concert de cette tournée), et si le monde était moins mal branlé, EXTREME devrait être aujourd'hui aussi gros que DEF LEPPARD, aussi gros que VAN HALEN, aussi gros que Lenny KRAVITZ. A l'écoute de ces trois gueules dans ta face, ou l'inverse, ils le méritaient amplement.

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- Gary Cherone (chant, choeurs)
- Nuno Bettencourt (guitare, claviers, chant, choeurs)
- Pat Badger (basse, choeurs)
- Paul Geary (batterie, percussions, choeurs)
- Geremy Miller (cordes)
- Steve Sigurdson (cordes)
- John Preziosa, Jr. (rap)
- Chicolini Bros (music box)
- Mike Moran (orchestrations additionnelles)
- Alex Andon (guest)
- Avery Andon (guest)
- Philip Meyers (guest)
- Ian O'malley (guest)
- Dr Edward De R. Cayia (guest)


1. Warheads
2. Rest In Peace
3. Politicalamity
4. Color Me Blind
5. Cupid's Dead
6. Peacemaker Die
7. Seven Sundays
8. Tragic Comic
9. Our Father
10. Stop The World
11. God Isn't Dead
12. Don't Leave Me Alone *
13. Everything Under The Sun
- * Bonus Track Sur K7 Et Lp Uniquement



             



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