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HARD ROCK  |  STUDIO

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1989 Extreme
1990 Ii Pornograffitti
1992 Iii Sides To Every St...
2008 Saudades De Rock

EXTREME - Waiting For The Punchline (1995)
Par BAKER le 21 Octobre 2018          Consultée 1446 fois

C'est l'histoire d'une déception amoureuse. D'une fêlure. D'une confiance rompue. D'habitude, les disques en parlent, là c'est LE DISQUE le sujet. C'est comme si les méchants avaient gagné à la fin d'un Disney : la flamboyance de l'album "III Sides" ne pouvait pas rester impunie, il fallait qu'un malheur s'abatte sur le gang de Boston. Ca a commencé en 1994, le 6 juin précisément pour votre serviteur et de nombreux autres. Le single "There is no God", sorti la veille peu ou prou, montre un groupe très live, très hard rock, bien loin de l'opulence symphonique de son prédécesseur. Puis le groupe se produit à Bercy (première partie d'AEROSMITH) et stupeur ! c'est qui c'te chevelu à la place de Paul Geary ? Mon tout premier concert aura donc eu pour batteur surprise Mike Mangini. Sans vouloir être méchant, ça s'appelle un mauvais augure.

Ce quatrième album aura donc connu une genèse particulièrement pénible. Repoussé à qui mieux-mieux pour des raisons aussi futiles que contradictoires, défendu mollement par Nuno et Gary lors d'interviews pièges laconiques, truffé de sous-entendus à commencer par le titre et la pochette intérieure, défendu par un second single, "Hip today", cruellement ironique, Waiting a été une douche froide d'autant plus désagréable qu'elle a été longue. Farouchement défendu par une minorité de fans et de critiques, ce disque a été dans l'ensemble plutôt éreinté, et est resté l'une des plus grosses déceptions iconiques des années 90. Avec le recul, l'album n'est pas totalement raté de A à Z, il reste des ingrédients salvateurs, mais bien trop peu pour le réhabiliter.

Mais pourquoi une telle déception et surtout, pourquoi "iconique" ? Simplement car nous avions laissé EXTREME au top, avec un album somptueux, une place enviable dans le monde du rock / metal mélodique (meilleurs amis de QUEEN adoubés en live à la télé, ça aide), et un Nuno BETTENCOURT qui, en multipliant les faces B excellentes et les master class de guitare, tendait à donner des pistes pour le prochain album : plus funk, avec une plus grande place réservée aux cuivres. Mais entre temps, le grunge a mis main basse sur l'industrie du disque. Place au mal-être, à l'alternatif, au minimalisme. Et si les grands pontes n'ont pas pu empêcher la sortie du glorieux (et cher, très cher) III Sides, il m'a toujours été difficile de croire Nuno lorsqu'il prétend avoir voulu du fond de son coeur faire sonner Waiting... ainsi.

Car le choc est tout autant stylistique que sonique. Le but avoué, et d'ailleurs impossible à cacher, est de sonner live, et sur l'intégralité des chansons (faces B comprises), on n'a aucun mal à croire que le challenge a été relevé : pas d'overdub. D'ailleurs, pour remplir le spectre sonore, la basse de Pat BADGER va régulièrement faire des incursions metalliques dans les fréquences habituellement réservées à la guitare. Guitare solitaire donc mais qui passe du riff au solo avec l'aisance désormais habituelle chez BETTENCOURT. Le son est unique, et l'on peut réellement sentir les vibrations du studio, l'énergie des musiciens jouant ensemble.

C'est un plus sur les bons titres, car il y en a : outres les faces B donc, meilleures que le disque (!), le single "There is no God" a une vraie rage aguicheuse, plus évidente en version single d'ailleurs ; "No Respect" bénéficie d'une grosse énergie de Pat et du remplaçant à quart-temps Mike Mangini (il y met du sien, on a dû lui promettre qu'il allait rester dans le groupe, hu hu hu hu). Fausse ballade, "Shadow Boxing" est simplement agréable, ce qui est déjà bien en soi, et Nuno se la pète virtuose solo sur l'acoustique mais pourtant revigorant "Midnight Express", énorme morceau de bravoure un peu gâché par le son de la boite à rythmes. Meilleur titre, "Tell me Something..." bénéficie grandement de l'aspect live, avec notamment ce riff final, qu'on aurait aimé étirer sur une bonne grosse minute bien grasse et bien gratuite, à la WHO.

Mais il n'y a pas que la pauvreté des arrangements et le changement radical de style qui ont gêné les vieux fans ; il y a aussi la vacuité d'une bonne moitié du disque avec des chansons qui soit n'apportent rien ("Hip today" et ses paroles dignes de "Un tien vaut mieux que deux tu l'auras et 1001 autres dictons de nos régions"), soit sont carrément ratées. "Naked" par exemple, avec son riff intéressant mais trop naïf, son minimalisme à la limite du vide sidéral, et Gary, pauvre Gary, qui braille, faux, sans queue ni tête. "Leave me Alone" aussi, qui lui tient la dragée haute côté laideur avec son intro qui fait bien plus penser à BLIND MELON qu'au funk metal racé des débuts. Ne parlons pas de la double chanson de fin, à elles deux elles apportent une demi-mélodie et encore. Des chansons absolument indignes de leur talent et qui plombent complètement, non seulement l'album, mais pire, la foi qu'on leur portait. Et non Gary, je "ne parle pas que de la météo" effectivement...

Bien sûr les années ont passé, on est devenus des copains, à l'amicale des fusillés on dit qu'ils sont tombés pour rien ; n'empêche, la dégringolade d'EXTREME a été... extrêmement, c'est le cas de dire, rapide et violente. Le résultat net n'a pas mis longtemps à être calculé hors TVA : le groupe a implosé et en 1996, EXTREME était, déjà, un vieux souvenir, pas agréable en prime vu qu'on reste généralement sur la dernière sensation (meuh si, rappelez-vous votre ex !). Nuno allait passer en solo puis monter 1157 projets ainsi que RIHANNA, Gary passa (trop) brièvement chez VAN HALEN, Mike Mangini cachetonna avant de trouve une place en intérim longue durée de TR-909 chez DREAM THEATER, Pat BADGER, fidèle à QUEEN, fera son John Deacon en n'enregistrant pratiquement plus rien pendant des années ; quant au batteur Paul Geary, malin, il s'était déjà reconverti en manager PENDANT l'enregistrement. Navire, rats, toussa quoi. L'avenir allait réserver une surprise aux fans d'EXTREME, mais ce disque triste et souvent pataud faisait à l'époque une bien blâfarde épitaphe.

Note finale : 1,5/5 monté à 2 pour le jusqu'au boutisme du feeling live

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   BAKER

 
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- Gary Cherone (chant)
- Nuno Bettencourt (guitare, choeurs, et.. hum... prog sur la 6)
- Pat Badger (basse, choeurs)
- Paul Geary (batterie, choeurs)
- Mike Mangini (batterie)


1. There Is No God
2. Cynical (fuck)
3. Tell Me Something I Don't Know
4. Hip Today
5. Naked
6. Midnight Express
7. Leave Me Alone
8. No Respect
9. Evilangelist
10. Shadow Boxing
11. Unconditionally
12. Fair-weather Faith
- hidden Track
13. Waiting For The Punchline



             



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