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Emmanuel MOIRE - Là Où Je Pars (2006)
Par BAKER le 26 Décembre 2018          Consultée 210 fois

Pendant le temps béni... hein ? ah oui pardon : maudit, où la France était envahie par des milliards de comédies musicales désastreuses tentant vainement de dépasser la hauteur de la corne sous le talon de Notre-Dame de Paris, ce temps où chaque mois Mogador, Châtelet et autres Palais des Congrès subissaient les assauts de récitals pop parfois affligeants romançant la vie de Mozart, Scarlet O'Hara, Moïse, Claude François, Cléopâtre ou Ali-Baba (on se demande comment Martine Aubry et Thierry Beccaro sont passés à travers), bref, phrase trop longue, on rembobine, plouf plouf. Il était une fois Le Roi Soleil, comédie musicale ayant révélé deux chanteurs/auteurs/compositeurs : Emmanuel MOIRE et Christophe MAE.

Hum.

Bon, je l'admets, vu comme ça il y a toutes les raisons d'avoir peur. Les deux hommes ont profité du succès, assez conséquent il faut l'avouer, de ce spectacle pour lancer leur véritable carrière, chacun écrivant ses propres chansons et jouant sur disque, le piano pour Manu, la guitare pour MAE. Mais là s'arrête la comparaison. A vrai dire, il semble même totalement improbable de pouvoir confondre les deux hommes. Autant MAE possède... disons le style qu'on lui connait (NdMichael Grégorio : Pa-paaaaaaa !), autant Emmanuel MOIRE dès son premier album pose d'autres bases, bien plus axées variété classique / soft pop rock. Dès le premier album ? A d'autres : dès la première phrase.

Car on peut aimer ou détester le style d'Emmanuel, mais il est clair qu'il en a un, un style. Tout comme BRUEL ou OBISPO, quand MOIRE écrit une mélodie, on sait que c'est lui ; non pas parce que c'est toujours la même, mais parce qu'il a une patte, une technique ; parfois, ça donne des chansons mignonnes sans plus, agréables mais un peu trop suaves, trop milieu-de-ligne ; et parfois, ça aide à totalement rentrer dedans. Sur ce premier disque, il y a une majorité de chansons pas encore mûres, gentilles mais n'essayant pas d'aller au fond des choses ; en revanche, il n'y a que très peu de facilités. MOIRE essaie à chaque refrain de trouver le renversement d'accord ou le changement harmonique qui va accrocher l'oreille.

Et du coup, on retiendra plus facilement quelques chansons où l'on sent poindre un véritable auteur : "Là où je pars" (un quasi-tube), et "Rien ni personne" qui aurait mérité un peu plus de hargne - mais ce n'est pas son propos. Une autre oeuvre se montre radicalement différente des autres : piano/voix seulement, mais pas moins intense bien au contraire, "La fin" est une super chanson pour relancer l'ambiance dans une fête, entre un BANDE A BASILE et un bon vieux BANANARAMA. Chanson sépulcrale qui se veut définitive dans son genre, c'est à coller des frissons, d'angoisse et de colère, l'osmose texte / mélodie étant franchement excellente. Un auteur est né. Dans la douleur (décès accidentel de son frère jumeau), comme toute naissance.

Né mais pas encore mûr, car la plupart des autres chansons ne seront pas à la hauteur, si ce n'est que le refrain de "Plus que jamais" est bien typique, et que "Si c'était ça la vie", entraînante, est malicieusement placée juste derrière "La fin". Mais des "Merci" (pourtant en duo qui est censé aérer) ou des" La femme qu'il me faut" n'ont pas encore la force nécessaire pour que l'album se tienne tout seul. On pardonnera facilement tant le soin des arrangements est palpable. Il faut juste à Emmanuel encore un peu de temps pour peaufiner son style, et consolider ses points forts. Ah, et ne pas hésiter à forcer sur la voix car le côté angélique ne fonctionnera à pleins tubes que s'il est contrebalancé.

A noter que ce premier album dans sa version digipak propose deux versions acoustiques ; si elles ne sont pas éblouissantes, elles montrent une facette intéressante que MOIRE n'hésitera pas à réitérer sur les albums suivants, comme une sorte de passage obligé, histoire de prouver que la force de ses mélodies n'est pas basée sur des arrangements cossus.

Note finale : 2,5/5

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- Emmanuel Moire (chant, piano)
- Claire Joseph (chant)
- Johan Dalgaard (claviers)
- Matthew Vaughan (prog)
- Alain Lanty (piano)
- Pierre Jaconelli (guitare)
- Nicolas Fiszman (basse)
- Maxime Garoute (batterie,percussions)
- Jean-philipp Audin (violoncelle)


1. Celui Que J'étais
2. Le Sourire
3. Je Vis Deux Fois
4. Là Où Je Pars
5. Ca Me Fait Du Bien
6. Rien Ni Personne
7. La Femme Qu'il Me Faut
8. La Fin
9. Si C'était ça La Vie
10. Plus Que Jamais
11. Merci
- bonus Tracks édition Digipak
12. Le Sourire (acoustique)
13. Si C'était ça La Vie (acoustique)



             



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