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Emmanuel MOIRE - L'equilibre (2009)
Par BAKER le 27 Janvier 2019          Consultée 168 fois

Mine de rien, on a beau avoir commencé par un succès et être (à l'époque) soutenu par une grande maison de disques, sortir un album comporte toujours une part de risque. Et pas seulement pécunier. Emmanuel MOIRE veut continuer sa carrière de chanteur mais aussi de compositeur et claviériste, et s'il est pas mal inégal, L'équilibre permet de cerner son état d'esprit : notre homme veut aborder les rivages de l'électro. Certes, il y a toujours des synthés et computers dans la majeure partie des disques de variété française depuis de nombreuses années, et des DAHO ou BASHUNG s'y sont plus ou moins adonnés, mais cet équilibre - qui, c'est son ironie, n'en a pas assez - est un tournant un poil plus radical que d'habitude.

Songez que, cordes mises à part, l'album a été créé à 8 mains ! C'est rare pour le style, un si petit comité. Et si Manu se charge d'une partie des claviers mais aussi des programmations, le premier compliment que l'on puisse faire est que son côté joujou en laboratoire s'entend par moments. Il s'amuse avec les sons, les couches. L'autre constat est que lorsqu'il s'en donne la peine, MOIRE sait toujours envoyer de bons refrains, reconnaissables certes mais souvent irrésistibles. "Suite et fin" qui ouvre l'album, avec sa reprise de batterie typée vieux renard, le refrain bien MOIRE et bien drivant de "L'adversaire", et puis les deux derniers titres sur lesquels, comme dirait Schwjazejgnzehgger, nous reviendrons.

Mais attention, qui dit nouvelle identité sonore et élargissement du spectre stylistique, ce qui diminue un peu le côté "même chanson déclinée dix fois"' du premier album, ne dit pas aussi bisounours rose paillettes. En voulant se frotter aux synthés, et se donner un style - et comment lui en vouloir - Emmanuel a été un peu trop loin. Par exemple, il a sur cet album souvent recours à l'autotune : pour de l'électro ça pourrait passer en tant que style, mais ça ne colle pas, ça n'est pas crédible et ça énerve plus qu'autre chose. Quand on a une voix comme la sienne, on ne s'autotune pas. On se vocodérise à la rigueur. Et donc "L'adversaire", pour ne citer que lui, aurait pu être excellent, il n'est que sympa à force de triturer sa glotte virtuelle.

Autre exemple concret de bonne intention gâchée : à maintes reprises, il tente l'approche "spoken text / voix grave / ich bin Fantômas". Et çe ne lui va vraiment pas. Pas une question de virilité dans la voix, ou de présence, mais juste d'utilisation dans les chansons : c'est gratuit et ça devient un gimmick. Ces amusements digitaux le font trop souvent passer à côté de l'essentiel : une bonne chanson. Des "Promis", "Mieux vaut toi", "Habillez-moi" ou "Dis-moi encore" n'ont pas, loin s'en faut, la force que l'on en attend. Quelques coquetteries passent correctement : le single putassier mais discoïfiant "Adulte & sexy", le côté goguenard de "L'attraction", les synthés de "Sans dire un mot" qui me font penser à Host de PARADISE LOST (oui, je sais, le jingle de La Vache Qui Rit me fait penser à Host. Un bébé marsouin sauvé des flammes me ferait penser à Host). Mais dans l'ensemble, Emmanuel force trop sur la prod', pas assez sur l'originalité et la force, ce qui rend l'album... déséquilibré, un sacré comble. C'est bien fait mais un peu vain.

Heureusement qu'on a cette double fin pour tout sauver. Après un "La fin" bien tuant, voilà qu'il nous sert un "Sois tranquille" terrible de délicatesse, pudique et troublant, manquant juste de finesse dans le climax, pour le coup un peu too much. Et puis, inattendu, "Retour à la vie" présente un refrain très agréable qu'on n'attendait pas, avec un solo de violon appuyant le côté tragicomique, et un texte sur la vie "on the road again" un peu plus subtil que chez John PETRUCCI par exemple. Deux très bons titres qui prouvent que ce changement de son n'est qu'une façade, un maquillage, et que le coeur de la bête bat encore. Ce n'est que le second album, et si cette sortie est un peu une déception, il n'y a rien d'épouvantable : il est encore temps de recalibrer tout ça pour faire exploser son potentiel.

Note finale : 2,5 / 5

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- Emmanuel Moire (chant, choeurs, claviers, prog)
- Jan Pham Huu Tri (guitare)
- Christian Lieu (guitare, claviers, prog)
- Eric Langlois (batterie)


1. Suite Et Fin
2. Adulte & Sexy
3. Sans Dire Un Mot
4. Mieux Vaut Toi Que Jamais
5. L'adversaire
6. Dis-moi Encore
7. Promis
8. L'attraction
9. Habillez-moi
10. Sois Tranquille
11. Retour à La Vie
- hidden Track
12. L'équilibre



             



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