Recherche avancée       Liste groupes



      
POP-ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


GRYPHON - Treason (1977)
Par MARCO STIVELL le 8 Mars 2019          Consultée 115 fois

Il y a des pochettes spéciales, elles vous marquent quand bien même vous avez seulement entraperçu le disque correspondant, sans l'avoir acheté ni écouté. Et c'est encore plus le cas lorsque vous apprenez que ce disque-là est copieusement détesté...

Tel est le cas de Treason, cinquième effort de GRYPHON publié en 1977. Année difficile, non seulement grâce au punk, mais aussi pour des groupes prog qui ont décidé certains changements d'orientation musicale avec un peu d'avance sur d'autres. C'est le cas, par exemple, de CAMEL avec Rain Dances. Un disque relativement moyen par rapport à d'autres du groupe, mais qui reste un bon cran au dessus de celui-ci, sans faire autant de peine.

Parce que le fait de savoir que Treason a été enregistré au Manor dans l'Oxfordshire (tout comme Tubular Bells de Mike OLDFIELD quatre ans avant) et aux studios Abbey Road (tout comme... faut-il vraiment le préciser ?) est ultra rageant, donne envie de s'arracher les cheveux. Il y a des pointures au son, entre les ingénieurs John Leckie et Mick Glossop, tandis que Mike Thorne (futur producteur de WIRE et autres artistes new-wave) se charge de la production.

GRYPHON se voit offrir de belles opportunités, plus ou moins adaptées certes, mais n'importe comment, il sabre ce qui lui reste alors de carrière en beauté. Oh bien sûr, on a les dix minutes pour le moins fantastiques de "Spring Song", avec un début grandiloquent, une fin qui l'est autant, et entre les deux, une chanson progressive portée par les rythmes funk déjà entendus sur Raindance, l'album précédent. Ce titre est excellent, les claviers virevoltants couplés au Mellotron par Richard Harvey sont superbes, les solos de guitare/CS 80 et roulements de batterie du plus bel effet...

Mais c'est bien un titre à part, et le plus aventureux de l'ensemble. Ce même ensemble dont Harvey est principal compositeur et qui s'avère être le disque du groupe contenant le plus de chansons, paroles écrites par un certain Sebastion visant à rendre l'univers de la chimère plus accrocheur. Le bon point, c'est qu'on profite de la voix de David Oberlé, et quoique certains efforts demeurent... discutables ("Falero Lady" et ses intonations railleuses).

Le problème, c'est qu'il n'y a qu'un seul instrumental, "Snakes and Ladders", auquel on peut décerner le titre de pire morceau de GRYPHON. Ça commence gentiment avec une ambiance orientale, percussions et sax soprano joué par Harvey mais ensuite ça part en disco sans vergogne et sans classe aucune, même pas drôle contrairement aux efforts de CAMEL au même moment et auxquels on peut encore trouver bonne figure. Et puis Gulland force beaucoup trop sur son basson, au fil du temps. Un truc bien dérangeant...

Dans une autre mesure, ce qualificatif se prête bien à l'idée d'un GRYPHON devenu sextette, avec la présence de trois musiciens qui font de leur mieux et trop peu de temps pour cela. Graeme Taylor, guitariste fondateur du groupe parti après Raindance, se voit remplacé par Bob Foster, nettement moins fin (le solo de "Silver Springs" est une de ses meilleures interventions).

Il signe la musique de "Major Disaster", qui heureusement ne porte pas bien son nom même si ce n'est pas miraculeux. Une pop-song à l'esprit soft en vogue aux Etats Unis, des choeurs qui font penser à SUPERTRAMP, une rupture mediévale totalement hors-sujet, juste histoire de, mais bon, on valide. Le bassiste Jonathan Davie est bien mis en avant, funk et disco oblige, il a même droit à son solo sur "Snakes and Ladders". Alex Baird à la batterie permet à Oberlé de se concentrer sur les percussions, et GRYPHON prend des airs latino de façon récurrente, avec guiro, castagnettes...

C'est très fourre-tout, et on s'éloigne du folk médiéval pratiquement pour de bon. Pas l'ombre d'un tournebout, de rares flûtes à bec, mais un basson parfois enchanteur, quelques thèmes royaux bien trouvés. "Fall of the Leaf" est d'ailleurs un élément brillant, la mélodie chantée est splendide. Le deuxième meilleur morceau après "Spring Song", mais on peut également citer, dans une veine soft progressive, "Round and Round". Harvey y joue du Fender Rhodes et l'humour trouve mieux sa place qu'ailleurs.

Les fans de rock progressif conspuent ce disque généralement, mais comme ils le font pour tous les autres grands groupes à partir des années 77/78. D'un point de vue personnel, ce n'est pas le changement d'orientation qui est critiquable, c'est la qualité musicale en berne. Treason (trahison, les fans l'ont ressenti !) est un album de fin de carrière malheureuse, avant rupture inéluctable.

David Oberlé arrête la musique et fonde le journal Kerrang! consacré au hard-rock ainsi qu'au heavy-metal naissant. Brian Gulland traverse la Manche et rejoint les Français de L'HABIT DE PLUMES, projet de Rene Werneer (ancien musicien d'Alan STIVELL) avant de rencontrer l'ami de ce dernier, Gabriel Yacoub qui lui fait intégrer MALICORNE et jouer sur ses disques en solo. Richard Harvey effectue des sessions notables, pour STIVELL, Kate BUSH, Gerry RAFFERTY etc, mais se fait mieux connaître en tant que compositeur de bandes originales de films/séries.

Le plus drôle, c'est que nonobstant ces chemins éloignés, suivis sur pas moins de 40 ans, l'histoire de GRYPHON n'est pas terminée...

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF par MARCO STIVELL :


Steve HACKETT
To Watch The Storms (2003)
Welcome back steve




The ENID
The Spell (1984)
Les quatre saisons en prog symphonique


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



- David Oberlé (chant, percussions)
- Brian Gulland (basson, cor anglais, flûtes à bec, choeurs)
- Bob Foster (guitares, choeurs)
- Richard Harvey (claviers, piano, sax, flûtes à bec)
- Jonathan Davie (basses)
- Alex Baird (batterie)


1. Spring Song
2. Round & Round
3. Flash In The Pantry
4. Falero Lady
5. Snakes And Ladders
6. The Fall Of The Leaf
7. Major Disaster



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod