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GRYPHON - Red Queen To Gryphon Three (1974)
Par MARCO STIVELL le 29 Décembre 2018          Consultée 273 fois

La pochette bien prog, pour un disque emblématique du genre. Gulland, Harvey et les autres ont fait fort, un an et demi avant les Américains de KANSAS et leur vieux sage à eux, étendard de l'album Leftoverture (1976) ! Red Queen to Gryphon Three n'est pas leur meilleur album pour rien, même si il reste loin d'être le plus connu parmi les efforts les plus symboliques du genre, une ignorance d'autant plus contestable qu'il représente le premier véritable effort d'un GRYPHON, jusque là majoritairement acoustique, qui s'est mis au rock ! Sachant que c'est aussi un concept, basé sur le jeu d'échecs.

On peut même dire rock instrumental, progressif donc, puisque David Oberlé chante encore moins que sur Midnight Mushrumps : pas du tout en fait ! Tandis que lui et Philip Nestor se posent en section rythmique plus que convaincante, Graeme Taylor varie largement ses sons de guitare et donne même priorité à l'électrique. Les deux derniers membres, ceux que l'on fait exprès de citer en dernier et même de ne pas les nommer, se mettent moins en avant dans l'esprit de composition qui est véritablement collectif ici, mieux que jamais.

D'une durée "courte" de 38 minutes, Red Queen to Gryphon Three est constitué de quatre morceaux longs, tous composés de manière collective ; seul "Second Spasm" ne provient que de deux membres seulement, Gulland et Taylor. On sent d'ailleurs bien l'influence du guitariste sur ce titre à la couleur très folk dans son introduction et son final, faisant la part belle à la guitare acoustique. Sa "valse" permet de remarquer la complicité particulière de Taylor avec Gulland (au basson) sur ce disque, via des thèmes mélodiques où ils se suivent souvent de très près.

Nestor et sa basse, très "chantants" à leur façon, s'insèrent dans les envolées typiquement prog qui viennent dynamiser cette pièce où, à l'inverse, on trouve des arpèges bucoliques et enchanteurs de guitare 12 cordes qui rappellent fortement ce qu'Anthony PHILLIPS, l'ex-guitariste de GENESIS, crée en cette même année 74 en compagnie d'Harry Williamson pour un autre chef d'oeuvre, appelé Tarka. À part cela, c'est à JETHRO TULL que l'on pense encore et pas seulement pour le côté folk et médiéval. Red Queen to Gryphon Three a tout d'un égal à Thick as a Brick, sauf le chant.

"Lament", "Checkmate" et "Opening Move", les trois autres pièces, ont l'esprit de trois symphonies classiques revisitées avec des éléments prog et baroques, une durée avoisinant ou dépassant timidement les dix minutes pour chacune. Ce qui reste un disque court est fourmillant d'idées, et de bonnes ; il devient difficile de chercher la petite bête et trouver un moment qui cloche. Oberlé, en sus de sa batterie, joue du glockenspiel avec éclat pour des mélodies folk exaltées, comme Barriemore Barlow de JETHRO TULL en 1972, et des timbales donnant une couleur orchestrale encore inédite, que le groupe THE ENID reprend à sa sauce dès 1976, l'année suivante.

Les tournebouts et flûtes à bec de Richard Harvey sont à la fête, de même que ses synthétiseurs modulaires, ses orgues portatifs et ses parties de piano (les descentes de "Opening Move" !). Les divers enchaînements de danses populaires, marches militaires, valses médiévales donnent une couleur narrative encore plus que d'habitude du fait de la longueur des pièces. Le groupe fait preuve de maîtrise instrumentale et de grande complicité, l'album est lumineux comme Thick as a Brick, et on jubile autant à son écoute si on arrive à faire abstraction du chant et du blues très présents chez la bande à Ian Anderson.

Ici, ce sont des fugues, des canons, des bassons et des flûtes à bec qui s'égayent dans la bonne tradition Renaissance ou baroque, et adaptés au courant rock progressif de la meilleure manière. Les effets de Graeme Taylor à la guitare électrique sont superbes, les parties planantes sont propices à des arrangements d'une grande finesse. Si vous n'aimez pas GRYPHON avec ce disque, laissez tomber. D'autres sont invités à le redécouvrir ! Le groupe est au sommet en cette année 1974 (il fait la première partie de YES en Europe et aux USA), avant une seconde partie de carrière difficile.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Brian Gulland (basson, tournebout)
- Graeme Taylor (guitares)
- Richard Harvey (claviers, flûtes à bec, tournebout)
- Philip Nestor (basse)
- David Oberlé (batterie, percussions, timbales)


1. Opening Move
2. Second Spasm
3. Lament
4. Checkmate



             



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