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The CHAMELEONS - Why Call It Anything (2001)
Par RICHARD le 12 Juin 2019          Consultée 161 fois

Lorsque les CHAMELEONS se séparèrent en 1987, le quatuor originaire de Middleton, une morne banlieue de Manchester, laissait derrière lui trois très beaux albums post-punk aux froides teintes pop et une cohorte de fans fidèles. Le groupe devint rapidement culte même si son audience, elle,demeurait bien restreinte. Durant cette quasi quinzaine d'années de silence, sortirent pléthore de compilations, lives, plus ou moins officiels, parutions prouvant à elles seules l'attention jamais éteinte portée à ce combo unique. Emmené par le talentueux compositeur bassiste Mark Burgess, les Mancuniens en 2000 décidèrent de se reformer pour une tournée nostalgie (le sentiment, pas la radio) qui fut chaudement accueillie. Les CHAMS n'étaient heureusement pas oubliés et ils en furent les premiers grandement surpris. Mieux, ce retour stimula de nouveau leur créativité artistique et ainsi vinrent à nos oreilles durant l'été 2001 « Why Call It Anything ».

L'attente et l'excitation avaient été alors plus que palpables. C'est peu de le dire. En effet, quiconque a eu le bonheur de faire un bout de chemin avec ces sympathiques animaux exotiques ne désirait intensément qu'une seule chose. Que la présente galette soit au minimum à la hauteur des productions passées, voire plus. Les CHAMELEONS étant passés sans conteste maîtres ès émotions. La discrétion du groupe étant inversement proportionnelle au plaisir transmis. Il y a des séparations qui ne font ni chaud, ni froid. Il y en a d'autres qui secouent un peu plus. On aura eu tout le temps de se demander pourquoi les Anglais ont simplement effleuré du bout des doigts le succès grand public sans jamais en définitive le connaître. Ils avaient pourtant marqué humblement les années 80 d'un prenant lyrisme amer et d'une musique empreinte d'une profonde tristesse. En 2001, tous les espoirs étaient de nouveau permis. Le temps allait-il enfin rendre justice à l'un des groupes les plus sous-estimés de l'histoire de la musique ?

Allez, ne tournons pas plus longtemps autour du pot. Vous connaissez forcément le concept de douche froide. Cette galette prend donc malheureusement sa source dans les hauteurs glacées de l'Himalaya, si vous voyez ce que je veux dire. En même temps, « Shades » aurait dû nous mettre la puce à l'oreille. En effet, débuter un album après quinze ans de silence par un titre qui ressemble à du très mauvais U2, ceci n'augure vraiment rien de bon. Je sais que parfois il faut faire table-rase du passé, mais de là à la broyer, cette pauvre table. Où sont passées ces mélodies imparables ? Qu'est devenu ce jeu si atypique de double guitares aux arpèges cristallins ? La plupart des morceaux sont bien trop longs. Dépassant allégrement les cinq minutes, ils ne procurent généralement qu'ennui et frustration. C'est un comble, les Anglais n'ayant pas leur pareil pour tisser de longues ambiances délicates. Objectivement, un morceau sans âme comme « Anyone Alive? » ou rock FM comme le faussement énervé « Indiana » ne sont pas dignes d'un groupe de la trempe de la bande à Burgess. Je ne parle même pas de « Miracles and Wonders », un simili reggae de près de neuf minutes. Voici le parfait titre à faire écouter à votre pire ennemi pour qu'il vous déteste encore plus. Le virage amorcé pour ce nouveau millénaire est bien cruel. Le modjo s'est envolé ! Je ne vois pas d'autre raison. La déception est à l'image de l'attente : énorme.

Une seule question taraude tout fan censé : les CHAMELEONS ne se sont-ils pas tout compte fait réunis pour les mauvaises raisons ? On ne les connaîtra jamais d'ailleurs, mais quand même. La récolte de titres significatifs ou du moins qui surnagent quelque peu sera bien maigre, voire inexistante. On pourra retenir néanmoins l'instrumental mélancolique « Are You Still There » qui n'est pas sans rappeler « Silence, Sea and Sky » le titre d'ouverture de What Does Anything Mean? Basically (1985), le deuxième album des Mancuniens. Soyons indulgents toutefois ou essayons de l'être. La morne ballade « Lufthansa » qui ne décolle pas totalement fait tout de même son petit effet. La magie d’antant réapparaît trop rapidement au détour du pêchu « Truth Isn't Truth Anymore », les guitares de Fielding et Smithies se répondant comme au bon vieux temps. Et pour le reste ? Bah, il reste toujours les mots et la voix de Burgess. Le leader est toujours aussi habité, combatif et réussit à capter notre attention. Mais c'est définitivement trop peu pour se raccrocher à cet album de la quasi perdition. Comme le clown de la pochette, on fait aussi la grimace.

Il y a des séparations qui font mal. Il en va de même de certaines reformations. Artistiquement, les CHAMELEONS ont donné le meilleur d'eux-mêmes dans les années 80. Ce quatrième album ne rend aucunement justice à leur talent. Ce n'est sans doute pas un hasard si le groupe se sépare dès 2003 et si Burgess depuis ce temps ne joue pas un seul titre sur scène de cet album maudit.

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   RICHARD

 
  N/A



- Mark Burgess (chant, basse)
- Reg Smithies (guitare)
- Dave Fielding (guitare)
- John Lever (batterie)


1. Shades
2. Anyone Alive ?
3. Indiana
4. Lufthansa
5. Truth Isn't Truth Anymore
6. All Around
7. Dangerous Land
8. Music In The Womb
9. Miracles And Wonders
10. Are You Still There ?



             



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