Recherche avancée       Liste groupes



      
PUB ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Nine Below Zero, Classic And Troubles, The Inmates , The Purple Helmets
- Membre : Wilko Johnson
 

 Dr Feelgood - Official Website (923)

DR FEELGOOD - Chess Masters (2000)
Par LE KINGBEE le 26 Juin 2019          Consultée 426 fois

A regarder de plus près la jaquette de ce CD, on dirait bien que les blancs viennent de se prendre une rouste par les noirs. Echec et mat comme on dit dans le jargon, le roi est mort. Sans vouloir faire dans la sinistrose, c’est un peu la même chose avec cet opus de Dr. FEELGOOD, il n’y a plus un seul membre de la line-up d’origine. Le démentiel Lee Brilleaux bouffe les pissenlits par la racine depuis six ans déjà, Wilko Johnson est parti bien avant mais semble avoir gagné sa bataille contre un vilain crabe, on le verra même dans la série télé Game Of Thrones. The Big Figure (aka John Martin) a laissé tomber ses baguettes il y a 18 ans, alors que John B Spark laissait sa basse et sa place à Pat McMullen (ex Count Bishop).

C’est dingue comme le temps passe, et c’est aussi avec une certaine tristesse qu’on constate que Dr. Feelgood est devenu en quelque sorte de franchise. Les partants ont été remplacés petit à petit mais à la longue il ne reste plus grand-chose du groupe, même si celui-ci continue de se produire abondamment sur les scènes européennes et sur ses terres, la formation n’a plus grand-chose à voir avec l’un des groupes instigateurs du Pub Rock. Certains amateurs pourront rétorquer que je suis aigri et nostalgique d’une époque révolue et que Steve Walwyn est un excellent guitariste. C’est sûr, le gars a tenu le manche pour Steve Marriott avant que celui-ci ne périsse dans un incendie, on l’a vu aussi au sein des Big Town Playboys, d’EDDIE & The HOT RODS, du Roger Chapman Band et puis par deux fois au sein de ce bon vieux Docteur, mais ça ne fait pas tout.

Bon ne soyons donc pas trop ronchons et examinons de plus près ce Chess Masters. Malgré le visuel, les échecs n’ont bien sur strictement rien à voir. C’est à Chess Records, un label de Chicago fondé début fifties par deux frangins d’origine polonaise, Leonard et Phil Chess que le groupe rend hommage. Spécialisé d’abord dans le Blues et le R&B, la firme indépendante s’ouvrira vers le Gospel, la Soul et le Rock n Roll par l’entremise de plusieurs filiales (Argo, Checker et Cadet). Pour résumer, Chess c’est : Muddy WATERS, Chuck BERRY, Jimmy ROGERS, Eddie BOYD, Buddy GUY, Bo DIDDLEY, LITTLE WALTER, Bobby Charles et pas mal de seconds couteaux qui bien souvent enregistrèrent leurs meilleurs titres sur le label. J’en vois déjà qui crient à la parité. Chess a enregistré sur le tard Mitty COLLIER (elle deviendra pasteur), Laura Lee, Denise LaSalle, tandis que les filiales mettront en boîte Fontella Bass, Sugar Pie De Santo, Koko Taylor et la sulfureuse Etta JAMES. Au vu de ce rapide énoncé, on se dit que ce bon vieux Docteur a mis la main sur une mine d’or, d’autant plus que de nombreux titres sont rentrés dans le domaine public.

Rendons à César ce qui lui appartient. Malgré son titre, le groupe reprend ici sept faces Chess et autant de titres parus sur sa filiale Checker. Débutons cette expédition anglo-chicagoanne par les standards : "Nadine", un Rock n Roll de Chuck Berry a été repris avec une certaine réussite par George THOROGOOD & The DESTROYERS et l’excellent Ron Hacker. On a l’impression que Steve Walwyn ne se contente que d’être une copie servile de Wilko Johnson, mais c’est surtout au niveau du chant que le morceau pêche. On en est déjà à regretter Brilleaux. Inspiré par "Green Onions" de Booker T. & The MG’s, soit dit au passage, "You Gotta Help Me" permet au Toubib de s’en tirer honorablement en privilégiant un tempo lent sur lequel la guitare s’offre quelques belles envolées. C’est pas mal même si cela ne vaut pas l’original de Sonny Boy Williamson II, ni les reprises de Junior Wells, Luther ALLISON ou Cuby + Blizzards. Autre classique du Sieur BERRY, "Talkin’ About You" se révèle correct mais loin de la version des ANIMALS ou de celle de … Dr FEELGOOD dans l’album "Stupidity". L’impayable "The Walk", une tuerie de Jimmy McCracklin avait connu un bain de jouvence par l’entremise des INMATES, autant dire que la guitare s’avère ici aussi barbante que mollassonne, idem pour l’harmonica et le vocal.

Interprétation sans génie du "Who Do You Love" de Bo DIDDLEY, là le groupe ne fait pas le poids par rapport aux essais pourtant différents des DOORS, THOROGOOD, QUICKSILVER MESSENGER SERVICE ou Lurrie Bell. On se dit que "Killing Floor" d’Howlin’ WOLF avec son rythme mid tempo et son texte dramatique (on y parle d’abattoir) peut leur convenir, mais l’interprétation s’avère trop scolaire, comme si les musiciens essayaient bêtement de copier leurs prédécesseurs, et puis pourquoi avoir attendu si longtemps pour envoyer le saxophoniste au charbon ? Reprise en électro acoustique du chef d’œuvre de Dale Hawkins, l’intemporel « Suzie Q » que Stan Lewis patron du label Jewel n’oubliera pas de s’accréditer. C’est gentillet mais ça ne vaut pas l’original et encore moins les reprises des Barbarians, des Hawks de Ronnie HAWKINS, de STACK WADDY ou du CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL, mais là on ne boxe pas dans la même catégorie. Autre pioche dans le répertoire de Sonny Boy, "Don’t Start Me Talking", un grand classique d’harmonica blues est joué ici entre Pub Blues et Country Rock pour une version qui ne restera pas dans les annales. On conseillera les versions de James COTTON ou des DOOBIE BROTHERS. Œuvre de Willie DIXON, "Hoochie Coochie Man" restera comme l’un des plus gros succès de Muddy WATERS. Le titre a été repris à toutes les sauces et celle de Dr. FEELGOOD nouvelle formule demeure cruellement insipide, comme si le groupe n’avait jamais su lui donner une orientation précise.

Neuf classiques du Blues ou du Rock'n'Roll pour deux réussites et deux acceptable, le bilan est faiblard et pour tout dire décevant. On se dit alors que FEELGOOD peut se refaire la santé sur les inusités. Premier essai concluant avec "Date Bait", un blues inédit du guitariste Blue Smitty gravé en 52 apparaissant vingt ans plus tard sur d’obscures compilations. Là les anglais sont dans leur jardin, transformant le blues en un Pub Rock plein de vitamines. "29 Ways" ne connait pas la même trajectoire. On a parfois du mal à reconnaître le titre de DIXON. On ne pourra que conseiller les versions de John Littlejohn ou Koko TAYLOR qui en fera l’un de ses titres fétiches. Popularisé en vain par Little Milton « If Walls Could Talk » oscille ici entre deux eaux (Rockin’ Blues et Pub Rock) qui finissent par noyer le morceau et ses interprètes. Ry COODER ou l’accordéoniste Geraint Watkins en avaient proposé bien avant des essais plus méritoires. Vieux R&B de Doc Pomus, "Send For The Doctor" est transformé ici en Jump bien vintage avec un Nick Pays brillant à l’harmonica. Enfin "Gimme One More Shot" titre enregistré en 55 par JB Lenoir n’apparaissant que quinze plus tard sur la compil "Natural Man" mérite le tableau d’honneur. Ce Blues porté par les cuivres d’Alex ATKINS et Ernest Cotton est réaménagé en un Rock'n'Roll efficace simple et robuste.

Seul un tiers du contenu laisse une bonne impression, ce qui fait trop peu pour accéder à la moyenne. Ce disque c’est un peu comme le nouveau chiot que vous venez de recueillir afin de remplacer votre vieux et fidèle compagnon, hélas mort et enterré. S’il se révèle remuant,ce nouvel animal n’a rien à voir avec le précédent et ne le remplacera jamais, il contribuera juste à atténuer la douleur. Ce jugement n’est pas celui d’un chroniqueur aigri ou nostalgique du temps passé, mais une terrible constatation objective. Le chanteur Robert Kane, malgré tout son bon vouloir et la sympathie qu’il est capable de diffuser ne remplacera jamais Lee Brilleaux, idem pour ses équipiers. Si l’échiquier en marbre parait de bonne facture, les pièces du jeu semblent avoir perdu plusieurs fragrances et se paraissent parfois insipides. Note entre 2 et 2,5.

A lire aussi en BLUES par LE KINGBEE :


Jimmie VAUGHAN
Out There (1998)
Plus sobre que le frangin mais aussi efficace.




The ANIMALS
The Animals (1964)
Icone sixties du british blues!


Marquez et partagez





 
   LE KINGBEE

 
  N/A



- Robert Kane (chant)
- Steve Walwyn (guitare)
- Phil Mitchell (basse)
- Kevin Morris (batterie)
- Guest:
- Dave Bronze (basse, percussions)
- Roger Cotton (orgue)
- Ian Gibbons (orgue, piano)
- Rick Wakeman (piano)
- Nick Payn (saxophone, harmonica 2-5-9)
- Frank Mead (saxophone, harmonica 8)
- Darren Lloyd (trompette 2-5-8-9)


1. Nadine
2. Date Bait
3. You Gotta Help Me
4. Talkin' Bout You
5. The Walk
6. 29 Ways
7. Who Do You Love
8. If Walls Could Talk
9. Send For The Doctor
10. Killing Floor
11. Suzie Q
12. Don't Start Me Talking
13. Gimme One More Shot
14. Hoochie Coochie Man



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod