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Louis CAPART - Héritage Sénan (2002)
Par MARCO STIVELL le 8 Septembre 2019          Consultée 61 fois

Vers la fin des années 90, Louis CAPART propose à son public fidèle un album de reprises, Rives Gauches. Dorénavant, ses retours discographiques sont beaucoup plus espacés.

Il faut attendre 2002 et l'album Héritage Sénan pour que sa plume s'affirme à nouveau, et elle a des choses à dire ! Pour le nouveau millénaire, un constat aussi joyeux que triste, une fête médiévale d'un point de vue musical qui sert la description, selon l'artiste, d'une société qui déborde de comportements de masse, où la révolte est masquée par un esprit de liesse. Où la chanson, forme d'art, travaillée, pensée avec poésie, s'appauvrit mieux que jamais.

"Les forteresses", ouvertement contestataire et axée sur la formule guitare-voix la plus épurée (mis à part les choeurs), se place ainsi aux côtés de "L'an mil", au contraire menée par une orchestration ample et particulièrement splendide, où les flûtes dansent au rythme des arpèges et vice-versa.

À côté, aussi, d'un hommage tardif à Léo FERRÉ (près de dix ans après sa mort), maître à penser pour beaucoup de gens, artistes ou non, et Louis CAPART n'est pas le moindre. Ces mots tendres et fort beaux envers l'éternel anarchiste se conjuguent à l'envie de faire perdurer son legs, ses idées, d'abord à travers la chanson.

Si l'on ajoute le dépressif et funeste "Dérive" et "Requiem pour une naissance", on peut s'étonner facilement du ton âpre de ce disque, alors que le bleu et la photo de la pochette nous annoncent une beauté simple et optimiste pourtant bien présente dans l'inspiration, eux aussi. Héritage Sénan se trouve être le disque le plus équilibré de CAPART de ce point de vue !

"L'amour en carême", "Nos vieux amours", valses-romances aux couleurs désuètes dans leur mélodies comme dans l'emploi de l'accordéon, nous ravissent au même titre que d'anciens efforts similaires de l'artiste. À travers leurs élans passionnés, revigorants de jeunesse amoureuse, ce sont des plaidoyers pour le grand frisson, la sincérité, le rapprochement, et à l'encontre de l'âge avançant, la froideur, l'amertume... Pas tellement neutres, eux non plus, à une époque comme celle où le disque est publié, et Internet vient tout juste d'arriver !

Ces chansons comme l'ensemble du disque sont parcourus d'une très belle instrumentation toujours à base d'éléments folk. Le tandem CAPART/Dominique Robineau aux guitares (et au superbe feeling pour le deuxième) se trouve augmenté par la présence d'Alain Bréheret, seul "ancien" encore présent et dont on apprécie le choix de discrétion plus marquée aux claviers, tout en restant actif.

Puis on rencontre la contrebasse de Jacquy Thomas, on retrouve l'empreinte sonore dans l'enregistrement de son acolyte Patrick Audouin (tous deux sont des amis de Gilles SERVAT, TRISKELL...) et de leur studio Amadeus à Brest. Les flûtes de Pol Huellou, proche du barde MYRDHIN, complètent l'ensemble de façon récurrente, pour notre plus grand bonheur, de même que le violoncelle de Frédéric Borsarello (membre du trio éponyme) et la harpe d'Anne Auffret.

Cette dernière partage le micro avec CAPART sur une reprise en breton de "La prière du non-marin", merveille parmi les merveilles, classique du Sénan. Un bel essai, qui fait ressortir l'ambiance religieuse (sans orgue cette fois) et pourtant celtique, grâce aux flûtes de Pol Huellou.

On se dit alors qu'on aurait aimé entendre plus souvent Louis CAPART chanter en breton, les sonorités vont si bien avec son timbre de voix magnifique, même si plus rauque par moments. Tout comme, ici, on aurait aimé davantage d'impressions de mer, d'images contemplatives et sereines telles qu'on les ressent sur "Au large de Gueveur".

Avec le même type d'orchestration complète, le plus beau reste ce morceau-titre et fleuve, "Héritage sénan", nouvelle déclaration d'amour à une île, non plus seulement à ses femmes. Une île battue par les vents et le temps mais qui résiste et dont l'esprit semble intact. Les choeurs du refrain donnent plus de corps au chant de CAPART, à son attachement viscéral pour Sein. Un incontournable !

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   MARCO STIVELL

 
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- Louis Capart (chant, guitare)
- Dominique Robineau (guitares)
- Alain Bréheret (piano, claviers)
- Loïc Simon (basse)
- Pol Huellou (flûtes)
- Jacquy Thomas (contrebasse)
- Anne Auffret (harpe, chant)
- Frédéric Borsarello (violoncelle)
- Alain Trévarin (accordéon)


1. Héritage Sénan
2. Nos Vieux Amours
3. Au Large De Gueveur
4. L'amour En Carême
5. L'an Mil
6. Dérive
7. Merci Léo
8. Requiem Pour Une Naissance
9. Les Forteresses
10. Pedenn An Hini Ne Ket Martolod



             



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