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Louis CAPART - Louis Capart (1982)
Par MARCO STIVELL le 2 Février 2019          Consultée 268 fois

Louis CAPART est de la même génération qu'Alan STIVELL, Gilles SERVAT et d'autres, celle de l'après-guerre. Né en 1947 et ayant grandi à Saint-Denis (93), il arrive pourtant sur la scène musicale bien après les remous fantastiques du début des années 70. Par la chanson, il trouve une parole défenderesse de ses origines bretonnes (par sa mère) autant que picardes (par son père) à travers une écriture folk ciselée.

À l'âge de 35 ans, au début des années 80, il est comptable pour les hôpitaux parisiens lorsque son premier album est publié. Quelques mois avant cela, celui-ci avait été précédé d'un single qui fait parler de lui, devenu emblématique avec le temps, pour la carrière de Louis CAPART et bien plus que cela...

L'album, qui ne porte pas de nom, est enregistré un peu comme un disque de Georges BRASSENS (alors tout juste décédé), en plus aéré : chant, deux guitares et une basse. Ce qui crée une sensation d'intimité, de rapprochement, est en réalité la base d'un disque de chanson absolument magnifique, avec une couleur de début des années 80 dans le son, clair et légèrement réverbéré, tout en gardant ce qu'il faut de « rustique » et de la décennie précédente.

Louis CAPART possède une voix superbe, chaleureuse, douce, avec un mélange de nostalgie et de légèreté qui se fondent dans une certaine retenue, et sans besoin d'ajouter en expression, surtout pas forcée. C'est la voix d'un ami, de quelqu'un qu'il est toujours bon d'entendre et avec qui discuter. Et ces premières chansons, dans de tels arrangements dépouillés, sont interprétées à merveille !

Quand il ne s'agit pas d'amour entre homme et femme ou d'autres images simples, elle prennent un ton engagé, direct mais sans paraître dur, sans doute car ça n'aurait pas concordé pour une telle voix. La façon dont celle-ci nous dépeint « Saint-Denis à l'ombre des cheminées » sur fond d'arpèges délicats a quelque chose de triste et d'enchanteur. « Le soleil timide, éclaire quand il peut les maisons », « mon village gris », « rien qui fasse rêver comme un conte de fées », « le sentier n'est pas long de l'usine aux maisons »...

Notez la longue introduction, qui montre que toute simple qu'elle est, la musique tient une part importante chez Louis CAPART. L'enchantement, c'est la plume du chanteur, sa voix, c'est aussi le besoin d'évasion suscité tout au long de sa jeune vie, qui le pousse à retrouver coûte que coûte un univers rural, loin des villes, le retour à des valeurs délaissées par l'urbanisation à grande échelle (« Le voyageur », « Amélie, noir et blanc »).

Quand l'artiste souhaite que sa voix porte mieux, il se dédouble et annonce prophétiquement, comme un Léo FERRÉ plus accessible et non démesuré, une levée du peuple contre le gouvernement et le retour à la terre (« Ils viendront vous botter les fesses », « Détresse occitane »). Ailleurs, c'est par une plus grande force encore qu'il use de mots galants et amoureux (« J'ai tant navigué sur la terre », « Il faudra que je me souvienne »).

Outre ces mots, les images simples sont les plus belles. Telle cette promenade d'enfants dans les champs sur « Petit Pierre et Muriel ». Telle aussi cette hospitalité du paysan Jean-Marie à un voyageur parisien qui, à force de chat qui ronronne et de feu qui crépite, en oublie son train. Le tout sur rythme de valses, de picking, basse plus ou moins discrète et guitares pleines de finesse, comme les mélodies, les narrations. Alors que les dernières chansons de chaque face emploient des effets plus jazz dans les accords, pour la deuxième (« Cette chanson qui ne vient jamais »), CAPART conclue que « la chanson, la vraie chanson est celle qui, dans le silence, a troublé l'indifférence ».

Dans les yeux d'un auditeur, puisque indifférence rime avec méconnaissance, cette chanson, c'est « Marie-Jeanne-Gabrielle ». C'est elle, l'entrée de Louis CAPART dans la chanson, le single imaginé comme un essai, celle qui rencontre le succès. La seule à parler et plus que de raison (les notes, l'ambiance musicale autant que les paroles) de la Bretagne, dédiée à la maman sénane du chanteur (originaire de l'île de Sein, tout à l'ouest du pays), et l'habitante qui, à ce dernier, décrit tout, des anciennes traditions, le passage du bras de mer jusqu'au chagrin des femmes voyant partir leurs marins aimés.

Mélodie entêtante mais gracieuse et dont on ne se lasse pas le moins du monde, légère et si profonde en même temps, et, bien sûr, paroles superbes, enivrantes. Un coup d'essai devenu coup de maître. Jamais aussi belle que dans sa version d'origine (elle sera pourtant reprise par TRI YANN, Cécile CORBEL...), « Marie-Jeanne-Gabrielle » est la chanson d'une carrière, même s'il y en a d'autres magnifiques dès ce premier disque, témoin du talent de monsieur CAPART.

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   MARCO STIVELL

 
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- Laurent Bouillaud (guitare acoustique)
- Christian Viaud (basse)
- Louis Capart (chant, guitare acoustique)


1. Saint-denis à L'ombre Des Cheminées
2. J'ai Tant Navigué Sur La Terre
3. Ils Viendront Vous Botter Les Fesses
4. Il Faudra Que Je Me Souvienne
5. Amélie, Noir Et Blanc
6. Détresse Occitane
7. Marie-jeanne-gabrielle
8. Le Voyageur
9. Monsieur Le Directeur
10. La Fable D'une Histoire Dérisoire
11. Petit Pierre Et Muriel
12. Cette Chanson Qui Ne Vient Jamais



             



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