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FOLK HIPPIE  |  SINGLE

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Michel DELPECH - Wight Is Wight (1969)
Par MARCO STIVELL le 5 Janvier 2020          Consultée 654 fois

En 1967 et 68, comme beaucoup de monde, Michel DELPECH devenu star se découvre une âme de hippie. Il va voir moult concerts de nouveaux artistes pop-rock et folk, se met à fumer et pas que des cigarettes (sa dépendance depuis l'âge de 17 ans), à verser dans les excès de l'époque. Si révolte il y a toujours, elle s'assagit dans la forme, se place sous le signe de l'amour, du partage.

Ainsi voit le jour, en 1969, le single "Wight is Wight", dédié aux concerts sur l'île du même nom, seul comté "détaché" de la grande Angleterre, au sud du pays dont il reste un lieu de vacances, et dont la renommée de son festival fameux est à la hauteur de l'ambiance. En 1968, pour la première édition, des groupes/artistes anglais et américains s'y succèdent, JEFFERSON AIRPLANE, FAIRPORT CONVENTION, The PRETTY THINGS, T-REX, Arthur BROWN, The MOVE et SMILE. L'année suivante, en 1969, ce sont Bob DYLAN, The WHO, THE BAND, Joe COCKER, The MOODY BLUES, The NICE, PENTANGLE, KING CRIMSON et Tom PAXTON. L'année 1970, surfant sur le succès de Woodstock outre-Atlantique, multiplie par quatre le nombre de journées et de participants. Puis plus rien avant le début des années 2000, pour des représentations désormais annuelles, mêlant pop, rock et musique électronique.

"Wouaaaaaïte iiiiiiiis wouaaaaaïte"... Non, on la refait : "Wight is Wight... Dylan is Dylan...". Le refrain et titre de la chanson, DELPECH le pense à la fois comme un jeu de mots et détournement de la chanson de LOS BRAVOS, "Black is Black", dont Johnny HALLYDAY a tiré "Noir c'est noir" en 1966. White is white, le blanc plutôt que le noir, le blanc couleur de paix, détournement positif. Et donc, la belle ambiance de l'île de Wight, le partage au moment des concerts. Celui de Bob DYLAN reste un clou dans l'histoire du festival car, blessé par un accident de moto en 66, il n'était plus monté sur scène et refusa de venir, jusqu'à ce que les organisateurs lui envoient un film documentaire sur l'île. C'est donc à la fois un beau retour pour lui et une aubaine pour le festival lors de sa deuxième édition en août 69. En revanche, DONOVAN, immense artiste folk-rock écossais rattaché aux années 60 et au spiritisme en musique (qui aurait même influencé les BEATLES) n'a participé que lors de la troisième, en 1970, après la chanson de DELPECH donc.

Ce dernier retrouve son compositeur Roland Vincent, totalement absent du deuxième album qu'il vient de publier. Album qui n'a de commun avec "Wight is Wight" que l'envie de mettre l'accent sur la personnalité gentille de DELPECH. En plus de sa voix, caressante et légèrement crooneuse, celui-ci a une tête et des traits qui font un peu penser à George HARRISON ou Paul McCARTNEY, puisqu'on parlait des BEATLES (parmi les premiers spectateurs historiques du festival en tant que VIP), bien avantagé en somme ! Le talent mélodique est là aussi, l'empreinte des Fab Four et de Macca surtout, indéniablement.

Cette ballade tout ce qu'il y a de plus hippie (le mot revient plusieurs fois lors du refrain d'ailleurs) peut surprendre au départ avec l'envie de superposer les pistes de voix à l'unisson. On se souvient toutefois que dès son premier album en 66, DELPECH gère lui-même ses propres choeurs et fort bien. Il y a une résonance aérienne pour donner plus de portée, à la mode psychédélique. Ça ne donne que plus de corps au refrain entêtant et fleur bleue, à un couplet comme "Toi qui as voulu t'emprisonner, as-tu le droit de condamner celui qui cherche à s'évader ?" Une manière poétique de répondre aux parents et autres grincheux face à ce mouvement des jeunes.

Les guitares, presque totalement absentes du deuxième album de DELPECH, sont très audibles dès les premières notes de ce single, le piano rythme doucement et l'instrumentation demeure simple, loin des canons de variété. En face B, on trouve la version instrumentale de la chanson, jolie également, où une guitare pallie l'absence du chant (quelques vocalises vers la fin) tour à tour avec des cloches tubulaires. "Wight is Wight", ce sont une voix splendide, de beaux accords, une mélodie délicate et forte en montées et descentes, des paroles simples mais avec un message emblématique et qui reste en tête, joint dans le bec ou non (pas besoin, en fait). On ne s'en lasse guère.

De la belle chanson française qui rend hommage dignement aux Anglo-Saxons. Cause à effet, le succès ne retentit pas qu'en Hexagone seulement mais dans toute l'Europe, avec plus d'un million d'exemplaires vendus. Quand la France musicale était reconnue à sa juste valeur sur le plan international, bien avant DAFT PUNK et David GUETTA (qui, pour faire le lien, a participé à l'édition 2017 du festival de l'île de Wight).

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1. Wight Is Wight
2. Wight Is Wight (version Instrumentale)



             



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