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POST-ROCK  |  E.P

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2016 Juliette
2017 Donna
Victor
2018 Joséphine
2019 Paul

FÉROCES - Paul (2019)
Par WATCHMAN le 2 Septembre 2019          Consultée 452 fois

Au moment où j’entame l’écriture de cette chronique, j’ai du mal à réaliser que je suis en train de parler pour la dernière fois (sur ce site tout du moins) de FÉROCES tant la musique de ce groupe m’a marquée au cours de ces quatre dernières années. En effet, depuis 2016 et la parution de Juliette, le groupe n’a cessé, au rythme d’une sortie discographique annuelle, d’évoluer, de tourner (jusqu’au Québec tout de même les amis !), magnifiant de cette façon son post rock cinématographique ultra personnel. Une incroyable odyssée dont l’ultime révérence scénique a été tirée en mai 2019 à Besançon, au FRAC de Franche-Comté, à deux pas de Rivotte, leur quartier d’attachement. Ceux qui les suivaient comme moi avec attention sur les réseaux sociaux sauront de quoi je parle.

Mais voilà, cela devait arriver, car on dit bien que les meilleures choses ont une fin. Et malheureusement même, dans le cas qui nous intéresse ici. Car pour des raisons que, par discrétion et respect à l’égard du groupe je ne divulguerai pas ici, FÉROCES a bel et bien pris la décision d’arrêter l’aventure. Mais parce que ce sont des gens qui respectent leurs fans, les membres ont décidé de sortir par la grande porte en nous livrant un disque posthume remarquable, composé de deux titres inédits, deux remix mais aussi deux covers.

Sur ce dernier opus, la tradition est une nouvelle fois respectée avec le visage d’une personnalité du Septième Art pour illustrer la pochette. Ainsi après Anna Karina, Patrick Dewære et Alice Isaaz, c’est l’excellent François Cluzet dans le film L’Enfer de Claude Chabrol, paru en 1994, qui se voit honoré de la sorte.

FÉROCES s’est depuis ses débuts distingué par un post rock sombre, mélancolique et aérien. Violent même. Non pas musicalement mais de par son ancrage dans les thèmes de société, sources d’angoisse et de douleur pour le commun d’une immense majorité de mortels. Toujours agrémentés de dialogues de films pertinents, parfaitement en phase avec l’atmosphère des morceaux, leur musique prend l’auditeur aux tripes pour ne plus le lâcher. Elle remue alors en lui des pensées refoulées qui l’amènent à réfléchir sur la condition humaine et la vacuité de notre existence. C’est ainsi que "Je te pardonne tout" et "Personne ici ne doit se sentir responsable de quoi que ce soit" appliquent tous les codes cités plus haut à la lettre et emportent tout sur leur passage. Dans la continuité de Joséphine, ils développent encore plus les arrangements électroniques qui constituaient la principale innovation sur l’EP précédent. Ils représentent à eux deux toute la quintessence de ce que le groupe était parvenu à créer en terme musical. Ils auront de cette façon toujours une aura spécifique.

Viennent ensuite deux remix, effectués par l’artiste Stellr. Celui-ci a choisi "Même ça tu n’as pas le courage", le titre d’ouverture de Juliette, et par la même occasion la composition par laquelle tout le monde a découvert le groupe il y a quatre ans. Le symbole est fort. C’est une version beaucoup plus électro et ralentie du titre qui est proposée ici, mais l’ambiance triste s’en retrouve décuplée, et ce pour un rendu des plus déchirant. Une vraie réussite.

C’est à peu près la même recette qui est appliquée sur "Qu’est-ce qu’on va devenir nous deux ?", présente sur Victor, leur second opus. La touche électro procure un aspect trip hop très intéressant, dans la lignée des compositions les plus sombres et poignantes de MASSIVE ATTACK ou encore MORCHEEBA. Au niveau des covers, FÉROCES a eu l’excellente idée de graver sur galette leur fabuleuse version du "Sometimes" de MY BLOODY VALENTINE. Cela donne "Sometimes (Jamais on nous dit ces choses-là)", avec les voix françaises de Scarlett Johansson et Bill Murray dans Lost In Translation, de Sofia Coppola. Mais mon coup de cœur sur ce disque va à leur reprise du "Wicked Game" de Chris ISAAK. Déjà qu’il s’agit de l’un des plus beaux titres du répertoire blues/folk, mais à la sauce FÉROCES c’est tout bonnement incroyable. Il faut vraiment l’écouter pour le ressentir.

Si de nos jours beaucoup de grands groupes n’arrivent pas à arrêter, au risque d’accumuler les sorties décevantes et auto-parodiques, nos Bisontins auront au moins eu ce mérite d’être partis sur un dernier coup d’éclat. Et même s’ils nous laissent orphelins de leur post rock si beau et personnel, que nous ne les verrons plus sur scène, au moins pourrons-nous nous consoler en nous disant que leurs disques leur survivront, venant par ce simple fait garnir un héritage post rock pour toute une génération de musiciens en devenir, et à venir.

Le dernier chapitre d’une discographie parfaite.
Chapeau bas messieurs, et surtout MERCI.

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   WATCHMAN

 
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- François Schauber (batterie)
- Sébastien Descamps (basse et claviers)
- Jérôme Josselin (guitares)


1. Je Te Pardonne Tout
2. Personne Ici Ne Doit Se Sentir Responsable De Quoi
3. Même ça Tu N'as Pas Le Courage (stellr Version)
4. Qu'est-ce Qu'on Va Devenir Nous Deux ? (stellr Ver
5. Wicked Game (je Ne Sais Quoi Te Dire)
6. Sometimes (jamais On Ne Nous Dit Ces Choses-là)



             



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