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Jeanne CHERHAL - L'an 40 (2019)
Par MARCO STIVELL le 30 Septembre 2019          Consultée 572 fois

Jeanne CHERHAL est l'une des chanteuses françaises les plus talentueuses et qui sait tenir ses promesses, même au bout de cinq ans. Son dernier album en date, Histoires de J., était paru en 2014, pour elle l'année d'une arrivée bien plus importante, celle d'un enfant très attendu ! Elle s'est naturellement laissé le temps de l'élever et de le voir grandir, mais à côté de cela, pour une musicienne chevronnée, il reste le souci de ne point se faire oublier. Ce qui n'a point été le cas ces deux derniers années, avec des projets/concerts/spectacles hommage à Jacques HIGELIN puis à BARBARA.

Chose curieuse, alors que chaque album précédent de la Bretonne (Nantaise) marquait un nouveau pas, sur le plan musical notamment, Jeanne CHERHAL choisit cette fois de revenir là où elle s'était arrêtée cinq ans auparavant. L'an 40 est dans la même veine que Histoires de J., avec un choix sonore évident : basse-batterie-guitare et orchestre, parfois de cordes mais surtout de cuivres, omniprésents ! Plus qu'il y a cinq ans du coup, et tout comme la globalité se recentre mieux autour du piano dont les arrangements demeurent époustouflants sur plus d'un titre (les balancements shuffle, blues ou jazz, de "Fleur de peau" et "Racines d'or", les cascades du début de "Soixante-neuf"...).

Musicalement, l'album est splendide, presque de bout en bout. Les textes quant à eux restent en terrain connu. La voix de Jeanne CHERHAL, grâcieuse et emplie de féminité, évolue à travers différents caractères tous chantés en douceur et beauté. "Fleur de peau" illustre joliment une forme de détermination sur un tapis de souffrance. "Le feu aux joues" parle de cette femme qui veut garder sa part d'adolescence, tandis que "L'An 40" exprime une autre forme de nostalgie. Plus intimes sont les textes de "César", retour sur la (pro)création du bébé tant espéré ainsi que "Soixante-neuf", dont le titre parle de lui-même ! C'est la poésie érotique, à la fois simple et réussie, d'une chanteuse parmi celles qui en sont le mieux capables en France.

Petit coup de coeur également pour "Fausse Parisienne", avec un dernier couplet très habile et autant marquant : "Fausse Parisienne, voilà que tu promènes un visage ébloui sur les bords de la Seine, comme si chaque semaine tu découvrais Paris / Quoiqu'il advienne, naïve des fontaines, reste toujours ainsi : exilée de ta plaine, pas tout-à-fait urbaine, pas tout à fait ici !" Le piano feutré et la voix caressante de l'artiste amènent peu à peu une effervescence musicale illustrant bien l'activité de la capitale, le métro etc, à grand renfort de batterie et tambours, cuivres et flûtes rutilants. L'envie de garder une empreinte rurale se retrouve mieux dans les paroles du morceau suivant, "Racines d'or" et ses évocations de château, de grenouilles...

On sent combien Jeanne CHERHAL a des choses à dire et, musicalement, c'est un délice ! Les cuivres résonnent fort sur le pont du "Feu aux joues" dont j'adore aussi le début batterie-piano en roulements. Les gongs sur "Soixante-neuf" tandis qu'on nous conte un festin charnel des dieux, les frottements mélodiques bluesy de la partition de "L'an 40", les relances de refrain sur "Fleur de peau" ne mentent pas sur le talent musical réuni de la chanteuse et des musiciens. Sans parler de la fin instrumentale de "César", un dénouement en pompe avec batterie et percussions massives, guitare électrique plaintive au point qu'on regrette qu'elle soit si rare ailleurs !

Dans cette dizaine de chansons brillantes, seuls un ou deux moments atténuent un peu le plaisir, à commencer par l'intervention des choeurs en conclusion de "Racines d'or" et de "L'adieu", hommage à HIGELIN au texte bien ficelé mais dont j'aime moins la musique. Rien de bien grave, c'est chipoter alors qu'un tel niveau se raréfie dans la chanson française. Grands mercis pour cette belle offrande !

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1. L'an 40
2. Fleur De Peau
3. Le Feu Aux Joues
4. Fausse Parisienne
5. Racines D'or
6. Soixante-neuf
7. Ton Souvenir Me Prend Ce Soir
8. César
9. L'art D'aimer
10. Un Adieu



             



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