Recherche avancée       Liste groupes



      
MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


Marcel DONNE - Robdez-vous (2018)
Par BAKER le 27 Octobre 2019          Consultée 173 fois

Après Martin Galway, c'est à un autre grand nom que Marcel DONNÉ s'est attaqué pour le milieu de son colossal coffret : Rob Hubbard lui-même, un faiseur de tubes patenté, certifié, qui par rapport à ses collègues possède la particularité d'être revenu aux affaires, participant activement à la préservation de la musique 8-bit, s'invitant dans les conventions, donnant des petits récitals pour piano, et allant jusqu'à composer un nouvel album chiptune l'année dernière ! Difficile de faire plus cador. Le suspens n'était donc que très léger ; cet album allait être un total ratage ou un bon petit bout de plaisir coupable, et sans trop de surprise, c'est la seconde option qui s'impose. Pas que le disque soit totalement exempt de défauts, mais une fois fini, malgré sa longueur carémique, vous allez trouver, ou retrouver, sur votre visage un truc bizarre qui avait peut-être disparu depuis longtemps : ça s'appelle un sourire.

Le disque part pourtant sur une fausse joie. "Sanquinoxe", comme son nom l'indique, est une version typée Equinoxe 5 de la géniale Sanxion. La mélodie est respectée à la note près, et surtout le solo - tous les solos du disque sont repris sans une seule modification, ce qui est la preuve que Rob est depuis longtemps passé maître en la matière. Et la prod d'E5 est presque complètement respectée... hélas. Car l'original de JARRE est plus lent que celui d'Hubbard, résultat : comme trop souvent dans ce Project Sidologie, "Sanxion" est belle, avec une certaine majesté, mais trop lente. On ressent du plaisir, le 5.1 est massif et enveloppant, ça se siffle sans problème, mais on aurait préféré entendre PRESS PLAY ON TAPE sur le même titre.

Le reste n'est que du plaisir, dans le détail ou en masse. Le très délassant méga-medley parsème son rythme de mélodies intemporelles ("Crazy Comets") et de petites touches craquantes, comme cette transition de deux secondes à peine citant l'hélas absent "Thing on a Spring" : DONNÉ connaît très bien ses classiques ! C'est simple, on dirait un medley de disco italien, avec tout ce que ça comporte de kitsch mais aussi de plaisir irréfrénable. On pense aussi à SPACE.

Les grandes pages de Hubbard que vous aimez (NDLR : C'est sorti chez CBS ça ?) sont revisitées également avec des exercices de mimétisme de plus en plus drôlatiques et efficaces. "Phantoms of the Asteroids" est pratiquement un copier-coller de l'original, avec la rythmique de Chants Magnétiques 2 en prime. "Shockway Rider" exprime sa folie au travers du bourrinage décomplexé de Rendez-Vous 4. Lifeforce, un peu plan-plan, trouve sa force dans la séquence d'Arpegiator. Pour "Gerry The Germ", c'est plus bluffant : non seulement DONNÉ ose le mettre à la sauce Calypso I, avec tout ce que ce titre comporte de complexité et d'exigence de construction, mais il se permet de faire aussi une cover de l'originale pas parfaite, mais meilleure que celle de son compatriote Ed STARINK ! Performance à souligner. Et notre batave a été fouiller dans les recoins les plus sombres de l'anthologie massive de Hubbard en exhumant un extrait des "Synth Sample". Presqu'un inédit du coup, mais franchement excellent. Plus VANGELIS que JARRE, assez passionnant, de la pure M.E. de qualité.

Deux des plus grands hits finissent le disque en demi-teintes, car bien-mais-pas-top. D'abord,"Jet Set Willy" possède une intro totalement bluffante. Bordel, mais C'EST Equinoxe 5 !!! Je m'y suis laissé prendre une dizaine de fois, et ce sera votre cas, je le parie. Souci ? Equinoxe 5, c'est bien le même qui ouvrait le disque, ce qui rend "Sanquinoxe" non seulement caduque, mais en plus doublement regrettable du fait qu'il ait été trop remanié. Même punition pour "One Man and His Droid", mélodie parfaite pour finir un disque, prod reproduisant impeccablement Chants Magnétiques 1, mais un peu trop lentement. C'est décidément le côté obscur de ces 5 albums. Mais il faut être honnête : cette fois ça passe pas mal, et on finit comme on a commencé, sur un grand sourire de satisfaction.

Un album donc plus sympathique, léger et purement mélodique que les autres, on n'en attendait pas moins d'une revisite du plus sautillant des mélodistes Spectrumistes (ou Commodoristes, mais ça fait longtemps que j'ai choisi mon camp, camarade !). Mais là où ça aurait pu casser - mais ça passe crème - c'est lorsque, désireux de se donner des sueurs froides (cf "Game Over"), DONNÉ s'attaque à "Knucklebusters", le titre le plus long de Hubbard. 18 minutes au départ, 18 à l'arrivée. Et une sacrée réussite. Cette fois, JARRE est oublié, et Marcel choisit une autre voie, celle de la darkwave. La prod est impressionnante, le côté indus bien intégré, la folie qui manque pas mal à ces albums pointe le bout de son nez, les coupures sont relativement bien négociées, l'intensité monte sans arrêt jusqu'à finir dans l'anarchie la plus absolue. Un sacré coup de maître ! Et on se prend à rêver d'Ace II, Saboteur 2 ou Thundercats repris en mode bourrin par un groupe de darkwave sans complexes (Note à HOLLYWOOD BURNS : ...t'es libre ce soir ?).

Alors oui, il y a quelques petits morceaux qui font encore un chouïa trop "computer" et rebuteront quelques fans de M.E. un peu récalcitrants ; il y a ce gros souci de tempos, mais voilà un disque très bien conçu de A à Z, qui n'ennuie à aucun moment et se laisse écouter autant à l'auto-radio mode sifflotage ou en 5.1 religieux, pour profiter au maximum du sens raffiné du détail. C'est bon, c'est fait par quelqu'un de doué, et c'est assez universel pour être pour le moment le meilleur album de la série. Un album qui se finit très loin des velléités électroniques grand-guignolesques chères à JARRE... ou pas. Un petit saxophone esseulé, qui disparait dans l'infini du silence. Un saxophone qui rappelle évidement un certain Kirk WHALUM. Et par ricochet, Ron McNair. Viser la lune ? Visiblement, Marcel DONNÉ, ça lui fait pas peur.

A lire aussi en MUSIQUE ELECTRONIQUE par BAKER :


CARPENTER BRUT
Carpenterbrutlive (2017)
Un bilan sous forme de live furibard




Yuzo KOSHIRO
Streets Of Rage Ii (1992)
Pétage de faciès en règle.


Marquez et partagez





 
   BAKER

 
  N/A



- Marcel Donné (claviers, prog)


1. Sanquinoxe
2. Crazybangkokmegacometknightsapocalypse
3. Phantoms Of The Asteroid
4. Shockway Rider
5. Knucklebusters
6. Gerry The Germ Calypso
7. Jet Set Willy
8. Casio (synth Sample Iii)
9. Lightforce
10. One Man And His Droid



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod