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AWEK - Let's Party Down (2019)
Par LE KINGBEE le 3 Novembre 2019          Consultée 279 fois

AWEK serait-il l’un de nos chouchous Blues ? Si vous regardez cette pochette attentivement, une chose devrait vous sauter aux yeux : le groupe a plus d’un atout dans sa manche avec ces quatre as. Alors le seul défaut de ces quatre musiciens c’est leurs blazes ! Si Bernard Sellam s’appelait Bernard Smith et si Olivier Trebel se prénommait Oliver Terry, ces deux gars seraient sur le toit du monde. Et oui avec deux noms à consonance saxonne ces deux musiciens français seraient programmés partout et pour un peu on les verrait peut être même chez Drucker. Ce petit préambule pourrait laisser sous entendre que les deux autres membres du groupe sont moins bons. N’allez pas vous imaginer cela, les noms de Bernard et d’Olivier sont tout simplement ceux qui sont sortis du chapeau. Pour résumer, ce combo toulousain n’a actuellement que peu d’équivalent sur la planète Blues. Le seul Hic demeure qu’ils n’ont pas une grosse boite de prod. qui pousse au cul et qu’ils sont français. Car chez nous autres gaulois, certains sont persuadés que si tu n’es pas ricain, tu ne peux pas faire de Blues. Enfin faut pas qu’ils se plaignent les gars d’Awek, parce qu’il y a 30 ans, certains chez nous
pensaient que si t’étais pas noir (maintenant on dit afro-américain) tu ne pouvais pas jouer le Bluz.

Sérieusement, que cela soit sur scène ou sur disque (studio ou public) le groupe toulousain n’a guère de concurrent et ce depuis quelques années maintenant. A cela plusieurs explications, trois des membres jouent ensemble depuis 25 ans, ce qui crée une complicité, une cohésion sans faille et une fondation inoxydable. Le Quatrième (Stéphane Bertolino) joue quand même avec les trois autres depuis des lustres et peut se targuer de figurer parmi les meilleurs harmonicistes Européens, mais aussi des States, n’ayons pas peur de le dire.

Si vous pensez que ces lignes sont exagérées et tirent sur la panégyrie ou l’éloge convenu, je vous invite à regarder les noms des invités figurant sur la pochette : Bob Welsh, Rusty Zinn, le contrebassiste RW Grigsby et enfin Kid Andersen, peut être le guitariste le plus flamboyant depuis trois ou quatre ans. En fait les meilleurs américains rendent ici un brillant hommage en venant gratouiller la six cordes avec leurs amis, car là encore c’est une histoire d’amitié et de feeling qui relient tous ces musiciens.

Enregistré en quatre jours au Greaseland Studio de Kid Andersen à San Jose (Californie), Let’s Party Down vient grossir une discographie déjà assez riche mais d’une cohérence implacable. Cerise sur le gâteau, le combo et leurs invités nous font voyager à travers tout le territoire américain, allant de la Louisiane, aux ghettos de Chicago tout en passant par la Cote Ouest.

Contrairement à de nombreux groupes où les invités viennent jouer les pique-assiette et finissent invariablement par foutre plein de miettes sur le parquet, les hôtes viennent ici apporter leur science du groove et parviennent à créer une réelle osmose. D’entrée de jeu l’orgue de Chris Burns contribue à apporter une touche de velouté sur "Every Time". Si on note la présence de Kid Andersen à l’orgue sur "Want You To Be My Girl", la sobriété de l’instrument permet de nous plonger en plein territoire Bayou Blues, avec un formidable passage d’harmonica bien dans l’esprit de Whispering Smith ou Lazy Lester.

Quand les quatre larrons se retrouvent enfin seuls, sans la présence d’un invité susceptible de vous pourrir la vie, le résultat s’avère aussi éclatant comme en témoigne "Snake Boy", un lancinant Blues hookerien. Petit détour vers la West Coast avec "Can’t Stop Thinking" avec Bob Welsh (actuellement avec Elvin Bishop ou l’harmoniciste Aki Kumar) dont le piano apporte un grain d’onctuosité renforcé par le sax de Drew Davies. "Let’s Party Down", qui donne son nom à l’album, est le parfait exemple d’un Jump moderne. "She’s Messing Around", dans lequel les quatre toulousains officient seuls comme des grands, porte la patte Awek. La présence de Rusty Zinn à la guitare et au chant permet de marquer une petite rupture. Sur "Oh Chérie" la contrebasse de RW Grigsby et les riffs de guitare à la Chuck BERRY permettent de nous balancer entre Rock'n'Roll et Swamp Rock.

Nous ne détaillerons pas les autres titres, pas la peine ils sont bons comme dans le cochon.

Afin d’être complet, soulignons la qualité graphique de cet élégant digipack. La pochette pleine d’humour vous invite à lancer les dés et nul doute que l’écoute de cette pépite vous apportera joie, bonheur et qui sait peut être un peu de chance.

Cette chronique aurait pu s’arrêter là, il n’est jamais trop bon que les éloges soient trop lourds, cela peut avoir un effet pervers. Mais afin de fêter son 25ème anniversaire, AWEK nous offre un second CD de 13 pistes enregistrées en Live entre 1999 et 2017. Bénéficiant d’une excellente prise de son, ces 13 pistes, de vraies tranches de vie, font la part belle entre reprises et originaux. Le groupe a misé ici sur des titres éclectiques et probablement sur les souvenirs et l’ambiance de petites salles. Au gré des pistes, les fans pourront s’écrier : "J’y étais !" ♠. On ne détaillera pas ces 13 titres, on décernera cependant une mention à "Drive An Automatic" et "Telephone Blues". Le dernier titre "Honky Tonk Blues", issu de leur première session d’enregistrement en 1995, témoigne que le trio était déjà très au point. Leur version relègue à des années lumière celles de Del SHANNON ou de Cal SMITH. Un disque fortement recommandable et un groupe qui allie sincérité, simplicité et authenticité.

♠ Un peu comme l’As de pique de la pochette, la piste 4 me permet de dire "J’y étais !"

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   LE KINGBEE

 
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- Bernard Sellam (chant, guitare)
- Joel Ferron (basse)
- Olivier Trebel (batterie)
- Stéphane Bertolino (harmonica, chœurs)
- Rusty Zinn (guitare 8-11, chant 8, choeurs 4)
- Kid Andersen (guitare 13, orgue 2-5)
- Rw Grigsby (contrebasse 12)
- Bob Welsh (piano, claviers 4-7-9-11-12-14, slide 3)
- Chris Burns (piano, orgue 1-6-10)
- Drew Davies (saxophone 4)


1. Every Time
2. Want You To Be My Girl
3. Snake Boy
4. Can't Stop Thinking
5. Let's Party Down
6. She's Messing Around
7. Don't Want To Lose You
8. Early Every Morning
9. Come On In This House
10. Margarita
11. Feel So Cold
12. Oh Chérie
13. Here I Am Again
14. I've Been Waiting

1. Appreciate
2. Sugar Coated Love
3. In My Kitchen
4. He's Fat
5. A Place Where I Can Hide
6. Telephone Blues
7. Walter's Mood
8. Drive An Automatic
9. Gotta Find My Baby
10. Allons Bouger
11. Sweet Little Angel
12. If The Sea Was Whiskey
13. Sunshine In My Bedroom
14. Honky Tonk Blues



             



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