Recherche avancée       Liste groupes



      
JAZZ  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style + Membre : Coryell & Remler

Emily REMLER - Transitions (1984)
Par ERWIN le 21 Janvier 2020          Consultée 339 fois

Tout va pour le mieux pour la New Yorkaise Emily REMLER en cette fastueuse année 83, alors que sa carrière discographique n'a débuté que voici deux ans. Mais elle gagne en confiance, impose son quartet pour enregistrer son troisième opus sur ses terres au Mastermind sound studios. On peut l'affirmer : la légende est en route ! Regardez donc son attitude sur la pochette : accroupie et avec une expression de maturité sur le visage, sa chère ES330 à ses cotés, mais non pas dans ses bras. Amusée ? Blagueuse ? Goguenarde ? Sûre d'elle même ? C'est bien possible, même si elle répète à qui veut l'entendre qu'elle doit systématiquement prouver à son audience et aux critiques ce dont elle est capable. La scène est posée pour ce nouvel opus chez Concord, et seulement six titres composent cette livraison. C'est peu, il va nous falloir de la qualité !

Les titres peuvent être divisés en deux portions égales : les reprises et les compositions originales. Les premières restent encore un exercice obligé pour la jeune artiste. "Searchin" est supra smooth, cool tout en étant easy listening. C'est la confirmation qu'on attendait. Les acolytes dont John D'Earth à la trompette s'en donnent à cœur joie et on sent tout le plaisir de la jeune guitariste qui brille de mille feux sur cette composition du grand Duke ELLINGTON. Partie "A la recherche" de quelque chose, assurément : la reconnaissance de ses pairs ? Sans doute ? L'équilibre que sa vie privée lui refuse ? On peut aussi dire oui sans beaucoup d'hésitation. Allez c'est exemplaire, bravo Mily !

Et elle reprend Keith JARRETT ! C'est gonflé vu son jeune âge. On reste donc dans la complexité avec "Coral", et l'ambiance devient très club de jazz enfumé, avec une belle vibe où le sax, la contrebasse et la guitare échangent les solos avec une cohésion digne de vieux routiers de la cause. Pas un seul instant le quartette ne sombre dans la facilité. Et puis "Del Sasser" du contrebassiste Sam JONES, aide de camp de Cannonball ALDERLEY, déjà repris précédemment par Emily. Titre fleuve qui nous plonge dans un abysse Hard bop pas franchement conseillé à toutes les oreilles, mais qui la voit à nouveau tutoyer les sommets en matière guitaristique.

La moitié de cet album est donc constituée de chansons originales d'Emily. Voilà qui est nouveau. C'est l'occasion d'affirmer toute sa personnalité avec ce premier morceau d'introduction intitulé "Nunca Mais", soit dans la langue de Tom JOBIM "Jamais plus", avec bien sûr l'influence de ses expériences comme guitariste de Astrud GILBERTO. On y trouve une rythmique flamboyante, pas simple à mettre en place et curieusement pas très Bossa malgré l'identité brésilienne évidente de la compo. Elle part en revanche assez loin dans des solos d'une complexité rare. Comme à l'accoutumée, elle partage avec ses musiciens les moments de gloire alors que la section rythmique déroule. C'est technique mais gai, un peu hermétique tout en restant mélodique.

L'éponyme "Transitions" voit la contrebasse nous replonger dans l'ambiance moite et fiévreuse d'un club de jazz de Broadway, et tout ceci est éminemment new-yorkais. Le sax drive la compo avec maestria, Emily est discrète jusqu'à son solo, tout ceci donnant presque l'impression d'une jam, mais finalement, vu le titre, cela n'était-il pas attendu ? Enfin, on attend un vague esprit africain sur "Ode To Mali" menée par la trompette dans un ensemble fusion de fort belle allure. La pulsation rythmique produite par Bob Moses drive tout son monde au milieu du continent noir, et c'est très agréable, original, réussi.

Emily à la console du mix la plupart du temps fait un remarquable travail eu égard à son jeune âge. Ses différentes influences marquent le pas au profit de sa propre conception du jazz sur ce troisième album, et c'est pour le mieux. Le retrait du piano au bénéfice de la trompette donne aussi à son hard bop une toute autre coloration. Nous sommes dans la continuité logique de l'oeuvre de la guitariste. Peu à peu, elle gagne ses galons de guitar hero de la cause des jazzwoman, lieu où elle se trouve... toute seule ! Que d'admiration pour la rapidité avec laquelle elle s'est forgée une identité forte au milieu d'un tel vivier de machos. C'est un nouveau 4 !

A lire aussi en JAZZ par ERWIN :


Annie LENNOX
Nostalgia (2014)
La super giga classe




Tom JOBIM
Wave (1967)
Monumental


Marquez et partagez





 
   ERWIN

 
  N/A



- Emily Remler (guitare)
- Eddie Gomez (basse)
- Bob Moses (batterie)
- John D'earth (trompette)


1. Nunca Mais
2. Searchin
3. Transitions
4. Del Sasser
5. Coral
6. Ode To Mali



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod