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- Membre : Wire

Colin NEWMAN - Commercial Suicide (1986)
Par STREETCLEANER le 24 Février 2020          Consultée 518 fois

Commercial Suicide est le quatrième album solo de Colin Newman, chanteur et guitariste de WIRE, groupe punk / post-punk anglais culte en France : autrement dit, comme le fait remarquer non sans humour Newman, un groupe sans public et sans succès commercial dans nos contrées ; cela ne l’empêche pas de le faire enregistrer et produire par nos voisins belges (label Crammed Discs basé à Bruxelles), pays en partie francophone mais qui a toujours été plus ouvert que la France aux différents courants musicaux, qu’ils viennent d’Angleterre ou d’Allemagne.

Cet album, Newman l’aime bien. Il estime qu’il devrait être réévalué et je suis parfaitement d’accord sur ce point ; Commercial Suicide (une référence au groupe SUICIDE) est en effet un bel album de pop / new wave avec une facette ambient assez prégnante. En cela, il est sensiblement différent de ce que Newman a pu sortir auparavant. Le concept, selon Newman, était de faire un disque contemporain avec des instruments classiques, notamment des bois.

Avec WIRE, mais également en prenant en considération sa carrière solo, il est évident que Newman a influencé lui aussi le mouvement Brit-pop qui a pris naissance en Angleterre au début des années 90. En effet, Commercial Suicide, avec ses instruments classiques (violons, violoncelle, contrebasse, piano, trompette, trombone, flûte, clarinette…), est une forme de continuation de la pop anglaise, notamment celle des BEATLES, un groupe qui a eu beaucoup d’effets sur lui, Newman n’hésitant pas à reconnaître que les groupes de pop britanniques ont, en général, exercé une influence indéniable sur sa carrière. A défaut de lui coller une étiquette expérimentale, on retrouve sur ce Commercial Suicide un côté indéniablement arty qui faisait partie de l’ADN originel de WIRE.

Il faut également savoir que cet album fait l’impasse totale sur la batterie, accentuant le caractère ambient de l’album, qui ne se retrouve donc pas seulement dans la sophistication vocale de Newman ou dans la seule trame musicale très douce tissée par l’électronique et par un ensemble classique qu’on pourrait qualifier d’ensemble de chambre. On peut ajouter au passage que c’est essentiellement par le recours à ces instruments que cet album ne porte pas trop les stigmates des sonorités des eighties qui ont souvent mal vieilli et contaminé tant d’albums.

Quand on évoque cette ligne de fuite qu’est l’ambient dans cet album, on pense notamment à « Commercial Suicide », le titre qui donne son nom à l’album, et qui nous évoque la pop-ambient que développera plus tard le groupe ULVER, notamment dans sa période Shadows of the Sun, un de ses albums les plus emblématiques.

« Their Terrain » et ses sonorités dream pop nous rappelle que nous sommes alors dans les années les plus florissantes d’un groupe comme COCTEAU TWINS ; « Feigned Hearing », aux ambiances orientales, est forcément dépaysant alors que « Metarkest », qui commence comme du SUPERTRAMP au piano, s’enfonce très rapidement dans une ambiance sinistre, parcourue de percussions ; la voix tourmentée de Newman, avec ses paroles dans lesquelles il est question de ne pas se faire happer par un système qui vous transforme en « social zombie », s’avère assez flippante.

« 2-Sixes » combine riffs de synthés et de guitare et voit Newman moduler les tonalités de son chant alors que les arrangements foisonnent ; en fin de morceau les harmonies vocales s’enrichissent de la voix de Malka Spigel, l’épouse de Newman. Il s‘agit là d’un des meilleurs titres d'un album ne souffrant d'aucune faiblesse à vrai dire. Elle intervient de nouveau sur « I Can Hear Your... », autre excellente piste clôturant l’album et possédant une petite atmosphère gothique exquise renvoyant à The SISTERS OF MERCY.

Commercial Suicide est un bel album de pop, vraiment classieux. Les mélodies ne s’envolent pas et en cela Newman aborde la pop différemment car ici tout est subtilité, délicatesse et rien n’est aguicheur ; cet album ne vise donc les charts en aucune manière. Un album qui préfigure malgré tout ce que l’on retrouvera quelques années plus tard dans la Brit-pop. Il s’adresse avant tout aux curieux, chineurs musicaux et autres explorateurs sonores en tout genre.

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   STREETCLEANER

 
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- Colin Newman (chant, guitare, basse, claviers, percussions)
- Malka Spigel (chant, voix, basse, guitare, piano)
- Sean Bonnar (claviers, percussions)
- Gilles Martin (traitements, enginnering)
- Jeannot Gillis (violon)
- Jacqueline Rosenfeld (violon)
- Wiet Van De Leest (viole)
- Claudine Staanackers (violoncelle)
- André Klenes (contrebasse)
- Luc Van Lieshout (trompette)
- Rino Christ (french horn)
- Michel Deylius (trombone)
- Stefaan Verdegem (hautbois)
- Pierre Coulon (flûte, piccolo)
- Dirk Descheemaeker (clarinette)
- Patrick Codenys (consultant en digital)


1. Their Terrain
2. 2-sixes
3. Metarkest
4. But I
5. Commercial Suicide
6. I'm Still Here
7. Feigned Hearing
8. Can I Explain The Delay?
9. I Can Hear Your...



             



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