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TRIP HOP / DRUM\'N\'BASS  |  STUDIO

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- Membre : Wire

Colin NEWMAN - Bastard (1997)
Par STREETCLEANER le 3 Mars 2020          Consultée 531 fois

Un de nos groupes punk nationaux, Les WAMPAS, avait sorti un album en 2003 qui s’intitulait Never Trust A Guy Who After Been A Punk Is Now Playing Electro (ne jamais croire un type qui, après avoir été un punk, joue désormais de l’électro). Bien sûr, cette boutade ne s’adressait pas à Colin NEWMAN, chanteur et guitariste du groupe punk / post-punk WIRE, mais elle l’aurait sans aucun doute fait sourire… car avec Bastard l’ancien punk anglais met carrément les deux pieds dans l’électronique ; cet album n’est en effet qu’un album de musique électronique qui n’est pas chanté.

Le monde de la musique électronique n’est pas nouveau pour NEWMAN. En 1986 déjà, il sortait son E.P. nommé Interview dans lequel il monologuait pendant près de 25 minutes sur fond de musique électronique ; et l’album Commercial Suicide avait été l’occasion de travailler avec Patrick CODENYS, un des membres du groupe d’EBM belge, FRONT 242.

Nous sommes alors en 1997. Et il faut d’emblée souligner le caractère plutôt précurseur de cet album, notamment en considération des styles qu’il aborde, comme la drum and bass ou le trip-hop. A cette période, Amon TOBIN sortait son premier album, Bricolage (1997), le trompettiste norvégien Nils Petter MOLVAER fusionnait drum’n’bass et jazz dans son fameux album Khmer (1997) et l’année suivante MASSIVE ATTACK sortira son meilleur album, le fabuleux Mezzanine.

Le titre d’ouverture, « Sticky », se cale sur une rythmique trip-hop décontractée. On retrouve cette orientation smooth et ambient sur le suivant « May » où intervient un motif joué à la guitare aux textures éthérées. Ce qui est notable dans cet album est l’intérêt qu’il présente dans sa progression ; car, dans l’ensemble, plus les titres défilent plus ceux-ci sont intéressants. Et la musique de Newman, quels que soient les styles abordés, n'est jamais agressive. « Slowfast », avec son sous-titre amusant « falling down the stairs with a drumkit » (dégringoler les escaliers avec un kit de batterie), est le titre au tempo le plus élevé et lorgne du côté des structures complexes de la drum’n’bass / drill'n'bass.

Le reposant « Without » est un titre ambient de près de sept minutes, sans beat, qui contraste avec le précédent, et où la guitare semble sortir de chez COCTEAU TWINS ; la composition est embellie par des effets de cordes particulièrement relaxants eux aussi. Newman aborde également les beats technos sur « G-Deep » parcourus de vagues de légers effets de type doppler mais il faut avouer que ce morceau est un peu monotone et aurait mérité qu’il s’y passe plus de choses (quel contraste avec le suivant « Spiked »).

Les derniers titres sont les plus enchanteurs. Le rêveur « Spaced In » reprend la recette d’un mélange d’électronique et de guitares très texturées et on n’est pas très loin du LEFTFIELD et post-rock d’un FOUR TET par exemple. Ce titre est une jolie réussite. Comme « Spiked », sur une rythmique drum’n’bass, qui se pare d’atours plus tendus et inquiétants et aurait pu s’insérer à merveille dans l’OST du jeux vidéo SPLINTER CELL (Amon TOBIN).

Les deux derniers morceaux sont probablement les plus marquants. Avec sa guitare ultra-saturée, qui tire vers le son du rock indus de NIN, « The Orange House & The Blue House » possède un petit côté John CARPENTER période Ghosts of Mars (2001). Le morceau final, « Turn », mélange de post-rock et motif rythmique trip-hop, est envoûtant et voit intervenir Malka SPIGEL qui y pose sa voix.

Il est clair qu’on n’attendait pas Colin NEWMAN se poser de manière aussi prononcée dans le monde de la musique électronique. Le dernier album solo (à ce jour) du chanteur de WIRE est un album véritablement agréable qui mérite le détour. Il fait partie de ces albums « early years » de la drum’n’bass, ce qui est encore une autre surprise.

Note : 3.75/5.

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- Colin Newman (musique)
- Malka Spigel (musique, voix)


1. Sticky
2. May
3. Slowfast (falling Down The Stairs With A Drumkit)
4. Without
5. G-deep
6. Spaced In
7. Spiked
8. The Orange House & The Blue House
9. Turn



             



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