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PENGUIN CAFE ORCHESTRA - Union Cafe (1993)
Par MARCO STIVELL le 3 Avril 2021          Consultée 102 fois

En 1993, le PENGUIN CAFE ORCHESTRA continue son bonhomme de chemin atypique avec l'album Union Cafe, entièrement dans la tradition de ses prédécesseurs, mis à part que les publications ont fini par s'espacer de beaucoup à nouveau. Notez que depuis 1987 une bonne partie des musicien(ne)s présent(e)s ici (précisément Helen Liebmann, Ian Maidman, Steve Fletcher, Geoffrey Richardson, Barbara Bolte, Annie Whitehead) a participé à la réalisation de deux albums magnifiques de chansons : Marchand de Cailloux de RENAUD (1991) et Wave de Murray HEAD (1991). Pour en revenir à Union Cafe, l'artwork d'Emily Young est évocateur pour son aspect festif, mais pas le meilleur d'un point de vue qualité.

"Scherzo and Trio" ouvre le bal avec un piano blues mélodique qui devient boogie-woogie, jolie trouvaille de Steve Fletcher où viennent se greffer violons et violoncelles, trombone d'Annie Whitehead. Une forme de couplets-refrains avec pont que, comme souvent, l'ensemble musical choisit d'étirer généreusement. Intro allègre mais un peu longue, malgré les dynamiques diverses.

En termes de liberté, c'est "Vega" qui se distingue du haut de ses dix minutes, mais que l'on ne voit guère passer. Le piano plus classique et précieux cette fois, la danse au rythme impair jouée avec hautbois et violoncelle, les moments plus fragiles aux cordes tenues. Voilà une merveille qui n'est pas sans rappeler le premier album de Simon Jeffes & co en 1976. À l'inverse, il faut savoir que l'un des plus beaux morceaux de Union Cafe est, de façon surprenante, une plage courte et simple résonance spectrale ambient ("Thorn Tree Wind"), pour preuve que l'idée de collage, encore plus marquée que d'ordinaire, fonctionne toujours.

D'autres titres tels "Kora Kora", "Nothing Really Blue", "Red Shorts" et "Silver Star of Bologna" reposent entièrement sur le piano de Jeffes, parfois en soliste. Romancés, élancés, on y distingue le superbe "Another One From Porlock", délicat et envoûtant dans son effet de répétition tribal, et aussi "Silver Star of Bologna", avec sa mélodie pure, innocente.

Union Cafe s'autorise quelques "revisitations", à commencer par "Pythagoras on the Line", qui reprend le principe de "Telephone and Rubber Band", tube du PENGUIN CAFE ORCHESTRA paru en 1981. Il y a cette fois plusieurs sons différents émis du téléphone pour une utilisation plus rythmique et mélodique à la fois. "Discover America" est une variation sur le thème traditionnel "When the Saints Go Marching in" avec des cordes amples et joyeuses. Parmi les invités prestigieux de l'album, on rencontre d'ailleurs le violoniste Nigel Kennedy, mais aussi le percussionniste brésilien Naná Vasconcelos.

Je garde un faible pour "Organum", beau quadrille auquel participe Kathryn Tickell, la joueuse de cornemuse de Northumberland qui s'est illustrée sur l'album The Soul Cages de STING (et son meilleur) deux ans plus tôt. Aussi, pour "Lifeboat (Lovers Rock)", tempo folk allègre où plane gentiment le violoncelle de la splendide Helen Liebmann, deuxième élément essentiel après Simon Jeffes depuis les débuts du PENGUIN CAFE ORCHESTRA. "Lie Back and Think of England" prend le contrepied total de "Discover America" avec une mélancolie de cordes forte et qui lui est préférable.

Tout comme Signs of Life en 1987, il y a du très bon et du très anecdotique ("Cage Dead", le titre caché après "Passing Through" fait de ruissellements monotones). Il manque aussi quelques parties de guitares plus marquées auxquelles nous avait habitués un musicien talentueux comme Simon Jeffes. Union Cafe est non seulement le seul témoin discographique de l'ensemble PENGUIN CAFE au cours des années 90 (si l'on excepte le live-studio paru en 1995), mais aussi le dernier avant le décès brutal du guitariste-fondateur en 1997, une telle créativité n'ayant pu balayé l'affreuse tumeur. Pour Liebmann et les autres, il n'est pas question de continuer sans lui ; pas tout de suite du moins.

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   MARCO STIVELL

 
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- Simon Jeffes (guitares, basse, piano, claviers, mandoline)
- Helen Liebmann (violoncelle)
- Barbara Bolte (cor anglais)
- Annie Whitehead (trombone)
- Ian Maidman (basse, percussions)
- Steve Fletcher (piano)
- Geoffrey Richardson (violon, alto, clarinette)
- Gavyn Wright, Nigel Kennedy (violon)
- Khakberdy Allamurdov (batterie)
- Paul Cullington (basse)
- Kurban Kurbanov (accordéon)
- Neil Rennie (ukulélé)
- Naná Vasconcelos (percussion)
- Sabir Rizaev (clarinette, saxophone soprano)
- Kathryn Tickell (cornemuse de northumberland)
- Patrick Kiernan, Boguslav Kostecki (violons)
- Roger Garland, Wilf Gibson (violons)
- Roy Gillard, Tim Good (violons)
- Belinda Bunt, Rita Manning (violons)
- Peter Mcgowan, James Mcleod (violons)
- Peter Oxer, Barry Wilde (violon)
- Roger Chase, George Robertson (alto)
- Stephen Tees, Katie Wilkinson Khoroshuni (alto)
- Paul Kegg, Martin Loveday (violoncelle)
- Tony Pleeth, Roger Smith (violoncelle)
- Chris Laurence (contrebasse)


1. Scherzo And Trio
2. Lifeboat (lovers Rock)
3. Nothing Really Blue
4. Cage Dead
5. Vega
6. Yodel 3
7. Organum
8. Another One From Porlock
9. Thorn Tree Wind
10. Silver Star Of Bologna
11. Discover America
12. Pythagoras On The Line
13. Kora Kora
14. Lie Back And Think Of England
15. Red Shorts
16. Passing Through



             



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