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DREAM POP  |  STUDIO

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1992 Idylls
1994 Ardor
1996 Ever
1998 Flux
2000 Temporal
 

- Style : Cocteau Twins

LOVE SPIRALS DOWNWARDS - Ardor (1994)
Par AIGLE BLANC le 5 Juillet 2021          Consultée 170 fois

Si l'on attend du deuxième album d'un bon groupe de pop qu'il poursuive dans la continuité du précédent, alors Ardor remplit parfaitement sa fonction : Ryan Lum et Suzanne Perry ne modifient en aucune façon la formule initiée par Idylls (1992) : la chanteuse nous enchante encore une fois de sa voix pure et délicate sans nul besoin de la forcer ni de se lancer dans un exercice de style aussi risqué que celui de sa compatriote Elizabeth Fraser de COCTEAU TWINS, que jamais ne rassasient ses trilles virevoltants ni ses envolées lyriques aussi suaves que feutrées. Tout en évoluant cependant dans un même registre onirique, elle s'inscrirait davantage dans le sillon de Danièle Licari entonnant le "Concerto pour une voix" de SAINT-PREUX aussi bien que de la Maggie Reilly de "Moonlight Shadows", sans oublier non plus la veine de Nana MOUSKOURI dont elle partage la grâce d'un timbre vocal au charme naturel mis en valeur sobrement. De son côté, Ryan Lum officie toujours aux claviers, aux batteries programmées et aux guitares acoustico-électriques, déployant des trésors atmosphériques dignes d'un univers de conte de fée, toujours sous forte influence de Robin Guthrie, le guitariste éthéré de COCTEAU TWINS.
Si, hissant d'un cran nos attentes, on espère que le deuxième effort studio développe la formule initale en la perfectionnant, alors Ryan Lum, principal pourvoyeur du groupe, satisfait convenablement nos exigences en poussant au degré supérieur les onze titres de ce nouveau recueil, que ce soit par leur exécution globalement plus solide, et moins artisanale, ou par la magie d'un sens de la composition encore plus affirmé.

Quand Idylls souffrait d'une uniformité qui en rendait l'écoute un peu monotone, sans l'apport réel de titres s'élevant au-dessus des autres, Ardor relance régulièrement l'intérêt, et le plaisir qui en découle, par le biais de pistes particulièrement réussies.
Il en va ainsi de l'ouverture "Will You Fade" aux deux parties bien distinctes : la première en sourdine nous transporte dans un univers à la beauté recueillie que déversent des claviers ambient, soutenue par les merveilleux arpèges de la guitare de Ryan Lum, au doigté digne de Robin Guthrie. Par dessus ce tissu velouté et chatoyant, Suzanne Perry pose sa voix d'une douceur infinie d'où sourd une mélancolie poignante. Et quand se termine la seconde itération de ce qui s'apparente à un lent couplet, alors que l'émotion semble au bord du précipice, c'est là que Ryan Lum nous balance à foison un mur du son particulièrement immersif, chargé d'électricité et de saturation, à la manière des envolées lyriques du shoegaze, mais sans le mordant qui les caractérise le plus souvent, déflagration sonore décuplant au-delà de toute attente l'émotion jusqu'alors engagée avec tant de parcimonie, refrain magique et définitif refusant tout retour au couplet.
Soyons honnête, aucun autre titre n'égale celui-ci, mais son empreinte perdure tout au long de l'album qui, par ailleurs, ne courbe jamais l'échine suite à cette entrée en matière exemplaire, que ce soit la grâce sereine de "Write in Water", la mélancolie médiévale de "Avincenna", les mystères de l'instrumentale "Mirrors a still Sky" qu'égrènent une guitare et des claviers envoûtants, la poésie vibrante de "Subsequently" où Suzanne dédouble, une fois n'est pas coutume, sa voix sur deux octaves. L'empreinte de COCTEAU TWINS n'a pas disparu, mais moins prégnante, excepté lors de la longue introduction de l'instrumental "Kikeon", qui ressemble à un pastiche inabouti, quand la seconde partie, plus originale, déverse un flot d'émotion auquel la chanteuse n'est pas étrangère. On l'entend, l'émotion demeure le maître-mot de la formule magique déployée par le couple d'artistes, comme dans le magnifiquement élaboré "Depression Glass" où claviers, guitare et voix se fondent en un océan de majesté.
Ardor se referme sur ""Tear Love From My Mind", une perle aussi belle que "Will You Fade", où brille une guitare acoustique enchanteresse. Quelle conclusion idéale !

LOVE SPIRALS DOWNWARDS est le chantre d'un univers enchanteur aux délices éparpillés dans l'espace sonore, qu'il serait dommage de snober sous le prétexte de l'influence de COCTEAU TWINS. Ryan Lum partage certes avec Robin Guthrie une sensibilité et un amour du beau son. Mais pourquoi l'en blâmer, tant que la sincérité transpire de son projet musical ? Et Ardor le confirme maintes fois au fil de ses onze beaux titres.

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   AIGLE BLANC

 
  N/A



- Ryan Lum (claviers, guitares acoustique et électrique, basse)
- Suzanne Perry (chant)


1. Will You Fade
2. Sidhe
3. Write In Water
4. Avincenna
5. Mirrors A Still Sky
6. Subsequently
7. I Could Find It Only By Chance
8. Kykeon
9. Depression Glass
10. Tear Love From My Mind



             



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