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DREAM POP / TRIP HOP  |  STUDIO

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1992 Idylls
1994 Ardor
1996 Ever
1998 Flux
2000 Temporal
 

- Style : Cocteau Twins

LOVE SPIRALS DOWNWARDS - Ever (1996)
Par AIGLE BLANC le 24 Juillet 2021          Consultée 137 fois

Troisième album de LOVE SPIRALS DOWNWARDS en quatre ans, Ever poursuit l'évolution musicale entamée lors du précédent opus Ardor (1994). L'influence de COCTEAU TWINS, sans disparaître pour autant de l'ADN du duo californien Ryan Lum/Suzanne Perry, s'estompe un peu plus encore à mesure que d'autres influences viennent s'y superposer. Alors qu'Ardor avait notamment emboîté le pas au shoegaze émergeant, renforçant ainsi la puissance musicale du propos sans en atténuer l'humeur rêveuse et alanguie, Ever se métisse de trip-hop, conjugué à la présence de plus en plus notable de beats hypnotiques, ce qui, parallèlement à ses origines folk nullement abandonnées, confirme l'originalité d'une musique à nulle autre semblable.
Alterner la sobriété stylistique de la folk (une voix, une guitare acoustique en arpèges) et la sophistication du trip-hop pourrait faire grincer des dents les puristes de ces deux genres apparemment contradictoires. Imaginez-vous la musique de Joni MITCHELL ou de Joan BAEZ agrémentée des loops et beats chers à MASSIVE ATTACK ? C'est là le pari un peu fou de Ryan Lum, chef de la direction musicale de LOVE SPIRALS DOWNWARDS.
Le plus étonnant à l'écoute d'Ever reste la fluidité 'naturelle' des 11 pistes qui s'enchaînent avec une cohérence jamais prise en défaut, malgré un métissage 'contre-nature'.
La greffe est aidée par l'habileté de Ryan Lum, toujours seul maître à bord à la production, aux arrangements et à la console d'enregistrement. Le son du groupe, extrêmement soigné, reste en effet la signature la plus prégnante de LOVE SPIRALS DOWNWARDS. Les effets d'échos conjugués aux nombreux loops et aux textures propres au trip-hop confirment le caractère immersif de l'album, qualité qui se voit renforcée ici, parallèlement à la volonté étonnante de Ryan Lum de désosser l'architecture sonore de sa musique. Quand Idylls et Ardor affichaient un espace sonore tapissé d'effets oniriques déposant une brume constante sur leurs compositions, Ever libère de l'espace entre les instruments, aère ses chansons sans rien perdre de sa magie ni de sa poétique dream-pop. L'opus ne cesse de pratiquer le grand écart de la façon la plus évidente qui soit entre les pistes folk dénudées "Sideways Forest", "Last Classic", "Delta", "Lieberflusse", les purs moments électroniques "Madras", "Cay at Down", "Ananda", les pistes plus proches de la dream-pop "El Pedregal", "Above the Lone", sans oublier l'étrange "Promises" fusionnant les divers styles pratiqués dans l'album.

Si Ever récompense la maîtrise croissante de son art par Ryan Lum, Suzanne Perry de son côté n'évoluant pas d'un pouce au micro (ce qui n'est pas en soi un défaut compte tenu du charme naturel de son chant), l'ensemble produisant une architecture sonore d'une grande cohérence, il devient beaucoup plus léger dès qu'on isole les compositions de leurs consoeurs. Extraites de leur contexte, beaucoup de pistes dévoilent leur fragilité. En effet, qu'elles soient volontairement brèves "Ipomoea" (1min) ou non, certaines sonnent davantage comme des ébauches séduisantes certes, mais insuffisantes pour former une composition digne de ce nom. C'est ainsi que "Promises" souffre de l'absence de développement mélodique, en dépit de l'atmosphère mystérieuse déployée alors que, intégrée dans un album d'ambient comme ceux de Harold BUDD, elle ne poserait aucun problème. L'instrumentale sophistiquée "Ananda", aux loops et beats hypnotiques, aurait gagné également à se montrer plus ambitieuse. Quant à la douce et folky "Sideways Forest", elle reste trop engluée dans sa monotonie pour imprimer la mémoire.
A l'ère royale de l'album, un tel reproche peut sembler injuste tant il néglige le soin maniaque de Ryan Lum à élaborer son album piste après piste jusqu'à former un tout d'une rare cohérence, mais à notre époque davantage préoccupée d'amasser les pistes selon nos préférences (les inévitables playlists personnelles), c'est un aspect non négligeable apte à perturber la perception de l'auditeur.
En l'état, Ever souffre d'une certaine carence en titres forts et mémorables, à l'exception de "Madras", aussi aboutie et envoûtante que les meilleures compositions du "Mezzanine" de MASSIVE ATTACK, et surtout du magnifique "Above the Lone", conclusion idéale de l'album, qui fusionne dream-pop, shoegaze et trip-hop avec un rare bonheur et n'a rien à envier aux fins d'albums magiques dont COCTEAU TWINS a le secret comme "Donimo", "Pur" ou "Seekers Who Are Lovers".

Si vous aimez COCTEAU TWINS, la dream-pop et MASSIVE ATTACK, ne négligez pas Ever. Vous y puiserez un menu substantiel propre à satisfaire le gourmet qui se cache en chacun de vous.

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   AIGLE BLANC

 
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- Suzanne Perry (chant)
- Ryan Lum (guitares acoustique et électrique, loops et beats,)


1. El Pedregal
2. Sideways Forest
3. Madras
4. Last Classic
5. Ipomoea
6. Delta
7. Cay At Down
8. Promises
9. Lieberflusse
10. Ananda
11. Above The Lone



             



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