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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style + Membre : Marillion

FISH - Vigil In A Wilderness Of Mirrors (1990)
Par THE MAN ON THE TRACK le 13 Octobre 2007          Consultée 6964 fois

La légende affirme que dans sa jeunesse, une voyante prédit son avenir à un Ecossais du nom de Derek William Dick : elle lui affirma qu'il mènerait durant sa vie non moins de trois carrières différentes. Après avoir travaillé dans la sylviculture, l'Ecossais fit, sous le pseudonyme de Fish, le succès de Marillion avec quatre albums studios d'une grande qualité. Mais, soit qu'il voulut agir en accord avec la prophétie, soit par un hasard temporel, Fish quitta le groupe anglais en 1988, à quelques mois de la date prévue par la voyante, après un clash qui demeure bien mystérieux, et que beaucoup n'acceptèrent jamais.

Et c'est en s'entourant de nombreux musiciens, certains fameux (Hal Lindes à la guitare, ex-Dire Straits), d'autres déjà connus lors de l'aventure Marillion (Tessa Niles, dont nul n'a oublié la prestation sur Clutching At Straws), que Fish entama, en 1990, sa troisième carrière, en solo cette fois, avec son premier album intitulé Vigil in a Wilderness of Mirrors.

Les habitués remarqueront immédiatement que la superbe pochette de cet album est l'oeuvre de Mark Wilkinson, également illustrateur des premiers albums de Marillion. Cette illustration de couverture n'est cependant rien en comparaison de la gigantesque fresque insérée dans le livret, mettant en scène un monde déchiqueté par les guerres et la misère, au milieu duquel se dresse un amoncellement formidable de téléviseurs et de voitures, représentant la societé de consommation de l'époque, que des guerriers tentent d'escalader et d'autres de défendre. Le ton est donné, d'emblée: c'est un album plutôt sombre que Fish va nous livrer ici.

La première piste confirme cette impression, puisqu'elle évoque les tourments d'un homme à la recherche de la vérité, égaré dans un « désert de miroirs », terme utilisé dans le monde de l'espionnage pour désigner l'ambiguité entre désinformation et renseignements véridiques. Passages éthérés et moments plus puissants rythment ce morceau, le plus long de l'album.
Il ne s'agit pourtant pas de la chanson la plus poignante: The Voyeur évoque par exemple la satisfaction sadique avec laquelle nous regardons les images de souffrance et de morts (l'attentat de Lockerbie est évoquée, ainsi que le massacre de Hungerford), dans un registre cependant assez léger, parfois même humoristique. Mais c'est dans une tonalité bien plus sombre que nous abordons la chanson suivante, Family Business, qui concerne les abus sexuels effectués au sein d'une même famille, par les parents sur leurs enfants. L'accent est ici mis sur les hésitations des voisins, des amis à intervenir, dans ce qu'ils sont parfois, par lâcheté, peur ou doute, amenés à considérer comme « une affaire de famille ». La voix puissante et torturée de Fish met en lumière les angoisses de cet homme qui voudrait intervenir, comme un chevalier prêt à défendre les opprimés, mais qui n'ose pas.

Cependant, l'album comporte aussi des titres plus enlevés, tant musicalement que par leurs textes.
C'est le cas de Big Wedge, pièce de rock virulente qui fait partie des morceaux favoris de Fish en live. Mais citons aussi The Company, qui deviendra par la suite l'hymne de Fish, et qui présente un refrain enjoué, qui laisse, à la grande surprise de l'auditeur pantois, place à un passage de musique d'inspiration celtique emmenée par un ensemble de cordes majestueux. A gentleman's excuse me, la ballade romantique de l'album, ne plaira pas à tous, mais séduira par la douceur de la voix, à peine relevée par un piano et quelques cordes. Quant à View from the Hill, morceau qui a inspiré la couverture de l'album, le contraste entre les couplets, très calmes, accompagnés d'une guitare acoustique, et le refrain, où Fish libère sa voix déchirée, est saisissant. Enfin, Cliché referme l'album sur une superbe déclaration d'amour. La chanson semble très personnelle, puisqu'elle évoque un homme ayant, selon ses semblables, le don des mots. Là encore, la voix de Fish est soulignée par des lignes de guitare enchanteresses, qui rappelleront à certains le jeu de Steve Rothery sur les premiers albums de Marillion.

Fish inaugure ainsi sa carrière solo par un album exceptionnel, tant par les textes que par l'ambiance distillée lors de chaque morceau. Un album qui aurait pu nous laisser présager que l'Ecossais deviendrait un des grands de la musique anglaise, au côté notamment de Peter Gabriel, auquel il avait souvent été comparé. Il en fut malheureusement autrement : les désillusions furent nombreuses pour l'ancien chanteur de Marillion, dont les productions, bien que toujours aussi bien ciselées, n'atteindront plus que rarement le niveau de ce Vigil in a Wilderness of Mirrors.

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   (3 chroniques)



- Fish (chant)
- Mark Brzezicki (batterie)
- John Giblin (basse)
- Mickey Simmonds (claviers)
- Frank Usher (guitares)
- Hal Lindes (guitares)
- Janick Gers (guitares)
- Luis Jardim (percussions)
- Phil Cunningham (flûte, accordéon)
- Carol Kenyon (choeurs)
- Tessa Niles (choeurs)
- Aly Bain (violon)
- Gavin Wright (violon)


1. Vigil
2. Big Wedge
3. State Of Mind
4. The Company
5. A Gentleman's Excuse Me
6. The Voyeur
7. Family Business
8. View From The Hill
9. Cliché



             



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