Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style + Membre : Marillion

FISH - Fellini Days (2001)
Par MARCO STIVELL le 19 Novembre 2011          Consultée 1343 fois

En 2001, FISH n'est pour beaucoup (fans et non-fans) plus que l'ombre de lui-même. Sur la pente descendante artistiquement depuis Songs From the Mirror - soit près de dix ans -, l'abus d'alcool et de fumette n'a rien arrangé, et FISH n'est plus capable de grimper aussi haut vocalement qu'au temps de Marillion. Sa femme se sépare de lui la même année, sans parler de tous ses autres soucis, bref, ça ne va pas fort du côté personnel, alors si en plus question musique c'est plus ça...

Et pourtant, Raingods With Zippos, contrairement à ce que certains peuvent dire, était un excellent opus ponctué de très belles chansons. Fellini Days quant à lui, pousse il est vrai un peu plus à la controverse... Un peu voire beaucoup. Non pas que l'album soit mauvais, mais FISH semble faire de nouveau (pour la première fois depuis Suits) preuve de perte de vitesse, ce nouvel opus se révèle assez quelconque. Et ce malgré les écoutes répétées, carrément requises pour apprécier un album dont la moyenne des chansons s'élève entre six et sept minutes. Des chansons qui sont de plus en majorité lentes, et sans réels décollages. Le groupe fait ce qu'il peut, mais apparaît lui-même assez transparent si on le compare (ce qu'il ne faudrait pas faire) aux anciens canons fishiens, je parle des Boult, Brzezicki, Usher, Simmonds... Mais c'est encore une fois surtout parce que le disque est mou, soit dit sans méchanceté.

Alors certes, il y a "So Fellini". "So Fellini" et "Long Cold Day" plus exactement. Sur ces titres, John Wesley tente de balancer de gros riffs, et FISH fait de son mieux pour envoyer la sauce... Mais non. Si le premier se présente comme le seul véritable single potentiel de Fellini Days (oui, c'est un concept autour du cinéaste italien, mais je pense que vous l'aurez compris tout seuls), il n'en reste pas moins un morceau rock sans grande saveur, et "Long Cold Day" ne fait pas beaucoup mieux (j'aime en particulier le moment où Dave Stewart marque tout juste le temps en donnant des coups sur le centre de sa cymbale). Ne soyons pas trop mauvaise langue, "Dancing in Fog" essaie aussi de rajouter un peu de vigueur, mais sans réel succès encore une fois. Le rythme est dynamique, mais FISH chante sans vie.

"3D" démarre l'album du haut de ses neuf minutes, à leur tour loin d'être passionnantes. Les claviers se font plus présents, mais sans le génie de Mickey Simmonds ou l'efficacité de Tony Turrell. FISH nous parle de Fellini, j'ai plutôt l'impression de voir un film d'Abbas Kiarostami, ceci dit sans animosité envers le cinéaste iranien, mais le rythme de ses films est ce qu'il est. "Tiki 4"... Même constat mais dans une veine plus pop. Alors bon, vous commencez à me connaître, je n'ai rien contre la musique lente, j'en écoute très bien sans rythme où je ne sais quoi. Mais hélas, le sentiment est toujours le même lorsque j'écoute Fellini Days, encore des années après : il manque VRAIMENT quelque chose. Les chansons sont bonnes en fait, juste moyennes pour certaines mais globalement ça vaudrait 3... avec un meilleur arrangement. Les répétitions sur plusieurs minutes de thèmes lents avec une orchestration certes rock mais minimaliste au possible n'est guère évidente pour l'auditeur, y compris pour moi. Le groupe est tout juste convenable, et des choeurs féminins viennent parfois rafraîchir le tout, mais voilà... Il aurait donc fallu compter sur des arrangements plus originaux, soignés ? Dynamiques ? Je ne sais pas, en tout cas j'ai beau avoir beaucoup de compassion pour FISH, je ne trouve rien à retenir dans les deux tiers de Fellini Days, et ça représente quand même six chansons sur neuf.

J'essaierai de conclure sur une note positive. La fin est un peu plus réussie avec d'abord "Obligatory Ballad" - ouais, le titre est ce qu'il est - où FISH n'est accompagné que d'une guitare éléctrique - et ensuite "The Pilgrim's Address". Sur ces deux morceaux, FISH tente une approche plus folk pas si éloignée de certains titres de son précédent album, et bien qu'il donne parfois l'impression de s'endormir ou de s'évanouir en chantant, la recette prend, j'aurais presque envie de dire miraculeusement. Les accords de guitare acoustique sur "The Pilgrim's Adress" rappelleront éventuellement le "Give a Little Bit" de Supertramp.

Dommage donc vraiment, car si Fellini Days avait été un très bon disque, FISH aurait fait un sans faute de Sunsets on Empire a aujourd'hui. Au lieu de cela, on se retrouve avec le moins bon de cette période, heureusement pas de tous. FISH arrivera néanmoins à se relever en beauté avec l'opus suivant...

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF par MARCO STIVELL :


Steve HACKETT
Live Archive 70, 80, 90's (2001)
Coffret de trois lives




CAMEL
Rajaz (1999)
Lyrisme camélien plutôt que folie


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Fish (chant)
- John Wesley (guitares)
- John Young (claviers)
- Steve Vantsis (basse)
- Dave Stewart (batterie)
- Susie Webb, Zoe Nicholas (choeurs)
- Dave Haswell (percussions)


1. 3d
2. So Fellini
3. Tiki 4
4. Our Smile
5. Long Cold Day
6. Dancing In Fog
7. Obligatory Ballad
8. The Pilgrim's Address
9. Clock Moves Sideways



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod