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Herman RAREBELL - Scorpion's Songs Symphonic (2022)
Par GEGERS le 21 Janvier 2022          Consultée 880 fois

Herman RAREBELL, durant les 18 années qu’il a passé au sein des SCORPIONS entre 1977 et 1995, a écrit et/ou composé seul ou à plusieurs pas moins de 32 chansons. Des morceaux emblématiques ou plus confidentiels qui ont néanmoins participé de manière conséquente à la qualité du répertoire proposé par le groupe allemand durant ces années. Des morceaux que le batteur a revisité et réarrangé dans la première moitié des années 2010, proposant des relectures acoustiques sur le splendide Acoustic Fever en 2013 ou électriques sur le recommandable Herman’s Scorpions songs l’année suivante. En ce début d’année, le musicien franchit néanmoins un palier dans l’hommage à lui-même puisqu’il nous présente Scorpion’s Songs Symphonic, qui le voit revisiter plusieurs titres de SCORPIONS à la sauce… symphonique. Le pari est osé, puisque l’exercice a déjà été réalisé par les SCORPIONS eux-mêmes, en 2000, à travers l’album et la série de concerts frappés du sceau Moment of Glory, pour un résultat tantôt proche du génie, tantôt plus bancal.

Le projet porté par Herman, et soutenu par un management polonais, a déjà fait ses preuves sur scène, notamment en Europe de l’Est, tandis qu’il devrait prochainement être présenté sur les scènes allemandes, tchèques et polonaises au printemps. La formation se compose, autour de ce bon Herman, d’un groupe rock, constitué d’une paire de guitaristes compétents (les solos, très fidèles aux interprétations de Matthias Jabs, sont exécutés avec brio), d’un bassiste, d’un batteur et d’un chanteur à la voix haute qui, sans avoir le charisme ni la pureté de voix de Klaus Meine, reste un choix opportun pour revisiter ces morceaux. Et puis, il y a ce fameux Hurricane Orchestra, orchestre symphonique professionnel formé spécifiquement, semble-t-il, pour ce projet. Néanmoins, que les choses soient bien claires : comme pour le projet des SCORPIONS, cet album n’est pas un album symphonique. Il s’agit d’un groupe de rock accompagné d’un orchestre symphonique, ce qui est très différent. Si bien comprendre la nuance, allez donc jeter une oreille sur les réalisations d’Uli Jon ROTH. Ceci étant dit, cela disqualifie-t-il l’album pour autant ? Nullement, l’objectif avoué étant de valoriser, avec classe, un patrimoine musical qui le mérite bien.

La bonne idée de Herman est de ne pas proposer une setlist identique au Moment of Glory des SCORPIONS. Naturellement, les titres emblématiques que le batteur a participé à écrire sont de la partie, à l’image de « Rock You Like a Hurricane » ou « Big City Nights ». Mais, de manière surprenante, la tracklist présente 10 morceaux dont la conception est totalement étrangère au batteur, à l’image de « Still Loving You », « Wind of Change », « No One Like You », ou carrément incompréhensible, le fameux et mal-aimé morceau « Moment of Glory » qui donnait son nom à l’album symphonique des SCORPIONS ? Alors qu’Herman aurait plus dégainer tant de pépites auxquelles il a contribué (« Another Piece of Meat », « He’s a Woman She’s a Man », « Animal Magnetism », « Blackout », « Dynamite », « Bad Boys Running Wild »…), nous pouvons nous demander si le management du batteur n’a pas fait le forcing pour que ce dernier reprenne à son compte ces titres plus connus du grand public, et surtout plus doux et accessibles. Néanmoins, l’intransigeance et la personnalité rock de Herman se voit ici mises à mal, près de la moitié de la tracklist de l’album (15 morceaux dans la version physique, 17 dans la version digitale) étant constituée de ballades.

Alors que les SCORPIONS avaient pris leur parti de laisser un large espace d’expression à l’Orchestre Symphonique de Berlin, ce Scorpion’s Songs Symphonic ne s’encombre par de préambules ou d’interludes mettant en valeur l’orchestre : Herman entre directement dans le vif du sujet. Ainsi, sur « Big City Nights », « No One Like You », « Rock You Like a Hurricane », les arrangements symphoniques se font discrets, constituent au plus un accompagnement agréable. Instruments à cordes frottées, cuivres et chœurs féminins apportent ainsi une profondeur supplémentaire à ces morceaux interprétés avec respect et réussite. L’hommage se fait savoureux, même si certaines interprétations, à l’image de celle de « Still Loving You », se font un peu scolaire et s’achèvent brutalement, là où on aurait aimé entendre plus longuement l’orchestre.

Herman, métronomique, nous offre ainsi un parcours en montagnes russes, dont les meilleurs moments restent ces morceaux écrits ou composés (au moins en partie) de la main du batteur. Si certains choix d’arrangements tombent un peu comme le cheveu sur la soupe, à l’image des trompettes introductives de « You give me all I need », des arrangements de « Is There anybody there » (pas facile de faire sonner du reggae en symphonique), certains morceaux gagnent en beauté et en profondeur par le truchement de l’orchestre : « Falling In Love », par ailleurs agrémenté d’un solo dantesque, « Passion Rules the Game » et surtout « Don’t Stop At The Top », deux pépites du mésestimé Savage Amusement (1988), sont quelques-uns des morceaux qui passent au la main l’exercice de la relecture. Dans une moindre mesure, « White Dove » et « Always Somewhere » sont également savoureux, tout comme « Holiday », plus audacieux au niveau des arrangements, splendides sur ce morceau, parviennent à nous séduire.

Herman n’a pas à se justifier. En partie tributaire d’un des catalogues les plus intéressants de la scène hard rock, le musicien peut légitimement le revisiter avec des arrangements acoustiques, symphoniques, ou même ska-punk si cela lui chante. Libre à nous, auditeurs, d’adhérer ou non à la démarche. Et force est de constater que, sans chercher à ce projet des intentions qu’il n’a pas, le résultat est à la hauteur des attentes que nous n’avions pas. L’interprétation est talentueuse, convaincante et convaincue, que ce soit au niveau de la section rock ou des arrangements orchestraux. Bien sûr, l’objectif étant de séduire les foules en tournée, les amateurs de rock pur et dur pourront regretter une trop grande part laissée aux ballades (et notamment à « Moment of Glory » qui n’a décidément rien à faire ici) alors que Herman aurait pu nous botter les fesses avec des titres plus mordants. Mais que ce soit au niveau du son ou de l’interprétation, ce Scorpion’s Songs Symphonic ne déçoit pas. Libre à chacun, ceci dit, d’adhérer ou non à la démarche.

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   GEGERS

 
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- Herman Rarebell (batterie)
- Andrew Gräser (chant)
- Fabian Nafziger (guitare)
- Julian Heller (percussions)
- Christos Efstathiou (guitare)
- Sam Zarrinkoub (basse)
- Hurricane Orchestra


1. Rock You Like A Hurricane
2. Big City Nights
3. No One Like You
4. Still Loving You
5. Tease Me Please Me
6. Falling In Love
7. You Give Me All I Need
8. Passion Rules The Game
9. Is There Anybody There
10. Always Somewhere
11. Loving You Sunday Morning
12. Send Me An Angel
13. White Dove
14. Don't Stop At The Top
15. Wind Of Change
16. Holiday
17. Moment Of Glory



             



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