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FOLK / DREAM POP  |  STUDIO

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2009 Little Hells
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2017 Strangers
2018 For My Crimes
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2015 Solitude
 

- Style : Emily Jane White

Marissa NADLER - The Path Of The Clouds (2021)
Par AIGLE BLANC le 14 Février 2022          Consultée 449 fois

Déjà riche d'une discographie de 10 albums, initiée en 2004 (le remarquable Ballads of Living and Dying), sans compter ses collaborations et opus cosignés en tandem avec Stephen Brodsky, quand elle n'intervient pas également dans les albums d'autrui (les choeurs du sublime Blood/Line -2013- de sa compatriote californienne Emily Jane WHITE), la fée désenchantée Marissa NADLER nous livre sa nouvelle offrande (la onzième de sa carrière en solo), The Path of the Clouds, parue en octobre 2021. Ses adeptes peuvent s'y ruer, ils ne seront probablement pas déçus. La dame, toujours aussi frêle et livide, poursuit inlassablement sa quête de l'innocence perdue, déployant une folk hantée par le passé, celui d'un amour enfui que les rêves ne parviennent plus à ressusciter. Elles ne sont pas nombreuses celles qui, comme elle, naviguent dans les eaux troubles de la mélancolie, comme une seconde peau inextinguible. Françoise HARDY reste peut-être leur grande soeur, bien qu'évoluant dans un registre plus pop. Hope Sandoval (de MAZZY STAR) la précède de peu avec son organe vocal des plus envoûtants et son chant neurasthénique habité par la désillusion la plus profonde. On peut également lui trouver certains échos chez l'intense et solitaire Emily Jane WHITE qui creuse le sillon voisin d'une folk intemporelle aux accents gothiques prononcés.

Si vous connaissez la miss Nadler, ou suivez les chroniques que nous lui consacrons à Forces Parallèles, vous n'êtes pas sans savoir que chaque opus rend notre tâche de plus en plus ardue. Comment ne pas se répéter quand Marissa aligne les albums sans l'ombre d'une évolution notable tant dans le style que dans la production, à l'exception d'une légère variation des arrangements ocillant à l'envie entre le dénuement de la folk traditionnelle (voix/guitare acoustique) et une pop psychotique plus foisonnante faisant intervenir guitare électrique et claviers de tout ordre ? La formule rigoureusement identique appliquée à chaque offrande peut conduire certains déctracteurs à lui reprocher d'accumuler les albums interchangeables. Quand le fan d'un artiste ou d'un groupe adulé comme IRON MAIDEN est capable de citer l'album d'où est extrait n'importe quel titre, cela s'avère pour le moins illusoire quand il s'agit de Marissa NADLER dont le talent ne consiste pas tant à composer des tubes, mais à renouveler la magie particulière de son art pourtant minimaliste au fil de chansons sonnant avec l'intensité et la grâce de la première fois.
A ce jeu, la chanteuse m'a vampirisé autant qu'éberlué pendant 13 ans au cours desquels chaque album dégageait la magie et la puissance du premier, sans l'ombre d'une quelconque faille de son inspiration, prouesse plus impressionnante qu'il n'y paraît dans son cas. Mais n'est-ce pas également cette prouesse qu'admire le fan d'IRON MAIDEN et d'AC/DC qui, pendant près de 10 ans, ont su optimiser la signature inextinguible de leurs arts respectifs sans croiser le vertige de la page blanche, dans une succession d'albums tous plus ou moins d'une grande qualité 'moyenne'.
Mais, toujours à ce jeu, la réalité humaine finit par rattraper les rêves les plus fous, qu'elle agisse sur le degré d'inspiration déclinant de l'artiste (quoi de plus humain ?) ou sur la lassitude inévitable du fan même le plus ardent.

The Path of the Clouds est-il vraiment l'album le plus faible de Marissa NADLER ? Son songwriting serait-il à bout de souffle ? Son implication artistique serait-elle en recul ? Ressentirait-elle l'amorce d'un début de lassitude ? Toujours est-il que ce nouvel opus m'a beaucoup moins convaincu que ses prédécesseurs.
Aucun défaut rédhibitoire pourtant ne le discrimine. Seuls quelques détails, apparemment anodins, en altèrent la réception habituelle, à commencer par la voix de miss NADLER, non qu'elle ait changé ni perdu de son charme. En fait, c'est un choix de production qui vient perturber son impact. Et comme la chanteuse elle-même a pris l'habitude de produire ses albums, elle est la seule responsable de ce changement. Alors que sa voix jusqu'alors occupait le devant de l'espace sonore, un peu à la manière de Kate BUSH, quoique dans un style différent, cette fois, elle est traîtée à égalité avec les instruments, parfois même un peu noyée dans la masse sonore. En témoignent le titre éponyme ainsi que "Couldn't Have Done the Killing" où les riffs de la guitare électrique de Milky Burgess s'en donnent à coeur joie, reléguant le chant à un rôle presque subalterne. Dans la logique de cette évolution technique, la guitare électrique n'hésite pas, comme dans les deux titres précédemment mentionnés, à délivrer des soli sympathiques quoique plutôt quelconques ou passe-partout.
Les effets d'écho appliqués à la guitare et à la batterie, ajoutés au synthé de Jesse Chandler, confèrent de façon surprenante à la musique de Miss NADLER les atours de celle du COCTEAU TWINS de Four Calendar Cafe (1993), soit la période la plus banale du groupe écossais, quand Robin Guthrie visait une pop feutrée, smooth, des plus aseptisées, qui faisait perdre à sa formation toute sa singularité initiale. C'est un peu ce qui se produit dans l'album de Marissa NADLER qui aligne des ballades assez agréables d'écoute, mais dénuées de personnalité. La comparaison avec COCTEAU TWINS n'est sans doute pas un hasard quand on sait que tous les disques de la singer-songwriter, depuis July en 2014, soit les 3 derniers en date, sont édités en Europe par le label anglais Bella Union qu'a fondé l'ancien bassiste des COCTEAU, Simon Raymonde. Alors qu'il n'intervenait pas en personne dans July, Strangers ni For My Crimes, ici il officie à la basse dans 5 des 11 titres que contient l'album. Est-ce l'admiration de la chanteuse pour l'ancien groupe de Simon Raymonde qui dote "If I Could Breathe Underwater" et "Well Sometimes You Just Can't Stay" des mêmes ambiances aériennes que celles du double E.P des COCTEAU TWINS, Tiny Dynamine/Echoes in a Shallow Bay (1985), nous ramenant 35 ans en arrière ? Réminiscence oblige, le chant de Miss NADLER s'approche alors de celui de Liz Fraser mais aussi, quelquefois, évoque celui de la chanteuse de GOLDFRAPP, Alison Goldfrapp.
Bien que les musiciens assurent et que le talent de compositrice de la concernée ne soit pas mis en cause, on peut se demander où est passée la singularité de l'artiste californienne. Faire évoluer son art n'est pas contre-productif en soi, mais encore faut-il conserver son originalité, ce que Marissa perd un peu ici, non de façon dramatique, mais subtilement.
La grande force de Marissa NADLER jusqu'alors restait son sens aigu de la mélodie, atout qu'elle n'a nullement perdu mais dont elle propose ici une version quelque peu émoussée. Plus rien ne surprend vraiment dans The Path of the Clouds ; l'ensemble s'écoute agréablement, aisément même, sans fausse note ni mauvais goût, mais rien ne se retient non plus après écoute. Cet album appartient à la catégorie parfois décriée de ceux offrant un confort d'écoute homogène, mais insuffisamment de variations pour relancer l'intérêt de l'auditeur.

Malgré sa sévérité, cette chronique doit se rendre à l'évidence qu'il serait injuste de descendre sous la note de 3/5. Pour qui débuterait la discographie de Marissa par cet opus, l'album possède assez d'atouts pour le rendre remarquable et justifier les réécoutes qui parviennent à en renouveler chaque fois la magie.

Meilleur titre : l'émouvant "Elegy", à la fois planant, aérien et sensible.

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   AIGLE BLANC

 
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- Marissa Nadler (chant, guitare acoustique)
- Jesse Chandler (piano, flûte, synthétiseur, mellotron)
- Milky Burgess (guitatre électrique, basse, synthétiseur,orgue)
- Emma Ruth Rundle (guitare électrique)
- Mikey Coltun (basse)
- Simon Raymonde (basse)
- Grant Martin (batteries)
- Don Mcgreevy (percussions, timbales)
- Seth Manchester (percussions)
- Mary Lattimore (harpe)
- Amber Webber (voix)


1. Bessie, Did You Make It ?
2. The Path Of The Clouds
3. Couldn't Have Done The Killing
4. If I Could Breathe Underwater
5. Elegy
6. Well Sometimes You Just Can't Stay
7. From Vapor To Stardust
8. Storm
9. Turned Into Air
10. And I Dream Of Running
11. Lemon Queen



             



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