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- Style : Emily Jane White

Marissa NADLER - July (2014)
Par MARCO STIVELL le 10 Avril 2014          Consultée 1652 fois

Avec July, MARISSA NADLER poursuit le rythme d'une publication tous les deux ans, adopté depuis ses débuts en 2003. Quasiment inconnue en France, il convient cependant de souligner un passage à Paris prévu le 24 avril prochain, seule date française et parmi les rares qu'ait pu s'octroyer la "dark princess".

Ce surnom, loin d'être officiel, paraîtra un brin téléphoné ; il n'en est pas moins évocateur de l'univers de la jeune femme, lui aussi installé depuis son premier album Ballads of Living and Dying au point d'offrir plus de broderies que de réelles variations sur ses disques suivants. On parle ainsi de son personnage d'héroïne Disney pour qui le conte de fées a pris fin un peu trop vite, abandonnée par le beau prince dans une vieille maison du nord-est des Etats-Unis hantée par des fantômes, caressant les cordes d'une guitare avec des doigts de fileuse ou conduisant son carrosse moderne en écoutant de la musique, sans but précis et dans des tons de road-movie crépusculaire.

Cependant, la musique de Marissa NADLER, si elle n'est pas du genre à écouter tous les jours ni propice au sentiment d'allégresse, va au-delà d'une telle constatation pessimiste, convie d'abord au rêve, à tout ce qui semble relié au fantastique de l'imagerie américaine d'il y a un siècle ou deux. Pour cela, July, son septième album si l'on sépare les deux "jumeaux" précédemment publiés, ne saurait nous décevoir. Tout comme de ce fait et de prime abord, il pourrait très facilement nous amener à penser avec un peu plus de détachement que la belle artiste se repose sur ses lauriers. Chansons folk sombres inspirées de Tim Buckley et ses pairs, guitares acoustiques arpégées et voix mi-angélique mi-tourmentée baignant dans une forte réverbération, instruments supplémentaires étoffant l'ensemble avec une sensation de récit musical malgré des éléments de composition restreints... De quoi, au bout d'un certain temps, forcer la lassitude : il n'en est rien.

C'est donc ici la même recette employée depuis sept albums, mais l'avertissement conjugué au plaisir de retrouver Marissa NADLER se transforme avec July en une irrésistible sensation de "mieux". Peut-être parce que le premier titre, "Drive", se pose d'ores et déjà comme l'une des plus belles chansons de la belle ténébreuse, grâce à son ronflement d'orgue dans les aigües, sa pedal-steel toute en finesse et sa mélodie non-moins saisissante. Que dire alors de "Firecrackers", transporté par les mélismes de la fileuse ? July rassemble ce que miss NADLER fait de mieux, qu'elle soit seule en compagnie de sa guitare ("Holiday in", "We Are Coming Back") ou soutenue par des percussions ("1923", le très FleetFoxesien "Was it a Dream"), faisant alors suite au travail accompli depuis le magnifique Little Hells publié en 2009.

La chanteuse use davantage de parties harmonisées pour son interprétation, elle laisse aussi une plus grande place à l'aspect cinématographique de sa musique, aux moments instrumentaux ou qui tout simplement prennent leur temps, à l'image du long fade-out de "Drive" et de l'introduction de "1923", le chant ne s'y présentant qu'au bout d'une minute. L'arrangement de cordes y paraît léger, s'adapte à une forme de musique en apesanteur, hors du temps. "Nothing in my Heart", ritournelle minimaliste au piano, dépeint le caractère ancien sans fioritures et non moins de réussite. Tout le savoir-faire du producteur Randall Dunn, collaborateur de Sunn O))) entre autres artistes drone/ambient, se ressent sur le vibrant "Dead City Emily" : la confusion des sonorités a rarement été aussi limpide. Plus linéaire, "Desire" n'en est pas moins envoûtant. Les choeurs éthérés à l'arrière-plan sont parfaitement équilibrés, de même que les éléments plus « artisanaux » telles que certaines vagues de synthés graisseuses.

Un travail magistral en somme, habituel du côté musical autant qu'il permet de redécouvrir l'univers de Marissa NADLER sous son meilleur jour. Seul petit point à déplorer pour July, premier disque de l'artiste publié chez Bella Union, un packaging trop simpliste pour ce qui aurait pu être un artwork luxueux.

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   MARCO STIVELL

 
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- Marissa Nadler (chant, guitares acoustiques)
- Phil Wandscher (guitare électrique)
- Jonas Haskins (basse, basse synthé)
- Pat Schowe (batterie)
- Jason Kardong (pedal steel guitare)
- Steve Moore (piano, synthétiseurs)
- Eyvind Kang (cordes)


1. Drive (fade Into)
2. 1923
3. Firecrackers
4. We Are Coming Back
5. Dead City Emily
6. Was It A Dream
7. I've Got Your Name
8. Desire
9. Anyone Else
10. Holiday In
11. Nothing In My Heart



             



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