Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Membre : P. P. Arnold , Keith Emerson
- Style + Membre : Emerson, Lake & Palmer

The NICE - The Thoughts Of Emerlist Davjack (1968)
Par WALTERSMOKE le 28 Février 2022          Consultée 497 fois

Il y a une vie avant le rock progressif. N’en déplaise aux séniles gardiens du temple, qui la plupart du temps minimisent la musique ante-1969 - et encore, on n’a retenu cette année que parce que c’est là que KING CRIMSON, le meilleur groupe de musique de tous les temps, a commencé sa carrière discographique. Rien ne vient de nulle part, et surtout pas un genre musical à part entière : il ne faut pas croire les progueux qui promeuvent à qui veut l’entendre la théorie de la génération spontanée - une forme de créationnisme, beurk. Preuve en est avec l’un des fameux chaînons manquants entre le rock à papa et le prog, j’ai nommé THE NICE.

À l’origine, THE NICE est le backing-band de la chanteuse P.P Arnold, connue comme égérie mod et interprète de tubes éternels dans les années 60. En soi, difficile de faire le lien entre "Angel of the Morning" et "21th Century Schizoid Man". Pourtant, il suffit de citer le nom de l’organiste de ce groupe pour que tout s’emballe : Keith Emerson. Oui oui, c’est bien du seul, de l’unique Emerson d’EMERSON LAKE & PALMER dont on parle ! Ce n’est pas seulement pour le crimson qu’on définit ELP comme un supergroupe, mais aussi parce que THE NICE - et aussi Atomic Rooster pour Carl Palmer, mais je m’égare. En fait, découvrir THE NICE, c’est se plonger dans une histoire musicale dominée par l’hybris d’un homme (devinez lequel), et dont ELP n’en sera que le prolongement.

Là aussi, je m’égare, mieux vaut se recentrer sur l’essentiel. Au départ, THE NICE est un backing-band, mais il est ambitieux, motivé, au point de convaincre le tristement célèbre Andrew Loog Oldham de sortir un album studio en plus d’ouvrir en solo avant de rejoindre P.P Arnold en concert. Et si on parle en premier lieu d’Emerson, il ne faut pas oublier les autres membres, qui sont franchement doués dans leurs instruments respectifs - mention honorable à la section rythmique, solide et dynamique. Accessoirement, on peut également citer Lemmy, qui a profité de son job de roadie pour offrir des couteaux à Emerson entre deux concerts, ceux-là même qui plus tard martyriseront son orgue.

C’est en 1968 que les hostilités commencent, avec le premier album du groupe. The Thoughts of Emerlist Davjack - nom tiré des quatre patronymes des musiciens - est, pour faire court : un gros foutoir. Un capharnaüm musical, où les genres se croisent et où on n’est jamais sûr de rien. On y enchaîne pêle-mêle des effluves psychédéliques, bien entendu ("Flower King of Flies", le morceau-titre), blues-rock écorché ("Bonnie K"), prétentions classiques ("Rondo") et numéros plus insolites ("Dawn"). C’est à la fois une force et une faiblesse : oui, THE NICE est capable de tout jouer (et je ne parle même pas de son travail pour P.P Arnold) ; non, tout jouer d’un seul coup n’aide pas à offrir un bon départ. Surtout, The Thoughts of Emerlist Davjack est encore l’oeuvre d’un groupe. On sent en particulier que le guitariste David O’List compte bien exister et ne pas se faire bouffer tout cru par un Emerson qui arbore déjà tous les défauts qu’on lui reprochera plus tard : exubérance, arrogance, vanité, et j’en passe. Comment dire que l’objectif est presque raté ? En le disant.

Que retenir de l’album ? Pas grand-chose en conséquence. Le pivot central reste avant tout l’instrumental "Rondo", devenu plus tard un grand classique d’E.L.P en live ; dans sa version originale, cette adaptation de Dave Brubeck avec des citations de BACH peut déjà être décrit comme un monstre en fusion, étant obligé de déborder sur 8 minutes pour laisser place à la maestria des musiciens. Oui, autrement dit, c’est du rock progressif tel qu’on a l’habitude d’en parler. Côté curiosités, tant qu’à faire, autant évoquer "Dawn", à l’ambiance sépulcrale que n’arrange en rien un spoken word aux paroles vraiment sombres - un comble pour un morceau s’appelant Aurore. Dans une veine plus classique, j’aime bien le début de l’album, notamment "Flower King of Flies", mais il n’est nul doute qu’un spécialiste du rock anglais des années 60 n’y verra que du réchauffé.

Départ honnête, performances à l’avenant : THE NICE débute et ça s’entend. Et pour la suite des événements, il y avait mille et une voies à explorer. Se calmer sur les expérimentations et tenter de rentrer dans le rang ? Certainement pas. Poursuivre sur ce chemin étrange proposant une croisée des chemins continue ? Oui, voilà, il fallait au moins ça pour assouvir les besoins de grandeurs de son claviériste. Quitte à se brouiller avec l’autre homme fort de la bande.

A lire aussi en ROCK par WALTERSMOKE :


Robert FRIPP
The League Of Gentlemen (1981)
Retour au rock




Brian ENO
Here Come The Warm Jets (1973)
Le génie en marche, chapitre 1


Marquez et partagez





 
   WALTERSMOKE

 
  N/A



- Keith Emerson (claviers, chant)
- David O'list (guitare, trompette, chant)
- Brian Davison (batterie, percussions)
- Lee Jackson (basse, chant, percussions)


1. Flower King Of Flies
2. The Thoughts Of Emerlist Davjack
3. Bonnie K
4. Rondo
5. War And Peace
6. Tantalising Maggie
7. Dawn
8. The Cry Of Eugene



             



1999 - 2022 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod