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- Membre : P. P. Arnold , Keith Emerson
- Style + Membre : Emerson, Lake & Palmer

The NICE - Five Bridges (1970)
Par WALTERSMOKE le 23 Juillet 2022          Consultée 374 fois

Ça y est, The NICE est mort. Vive The N... Emerson Lake & Palmer.

Comme dit dans la chronique de Nice (1969), le trio ne suffit plus à Keith Emerson, d’où le moment venu, à ses yeux, d’en finir. Une fin officialisée en avril 1970, à l’aune de la naissance discographique d’E.L.P, formé par la rencontre entre le claviériste et chanteur-bassiste Greg Lake, alors membre de KING CRIMSON. Ceci étant, évoquer uniquement ce fait, ce serait tirer un trait sur la discographie posthume de The NICE, et jeter ainsi aux oubliettes Five Bridges. Et ça, c’est inacceptable.

Enregistré en octobre 1969, précisément au moment où ce même KING CRIMSON sort son séminal premier album, Five Bridges est le témoignage post-mortem d’un groupe qui va encore plus loin dans ses prétentions symphoniques. Alors que l’on imaginait le groupe tenter de ménager la chèvre et le chou, le voilà qui reprend là où il s’en était tenu avec Ars Longa Vita Brevis (1968). Vous n’aimiez pas le bon gros rock sympho qui tache ? Hors de la vue d’Emerson !

Tout rend Five Bridges spéciale de prime abord : signature chez Charisma, pochette créée par Hipgnosis, caractère posthume, mais aussi live. Five Bridges est avant tout une commande de la part de la ville de Newcastle upon Tyne, le titre faisant référence aux cinq ponts dont elle est alors dotée. Un thème terre-à-terre, mais qui peut donner de sacrés bons résultats.

Five Bridges, c’est donc le Concerto for Group and Orchestra du rock progressif, plus encore que le contestable Time and a Word (1970) de YES. Cela veut-il dire grand-chose à une période où il n’était plus rare de voir des tentatives de marier rock et classique ? Je ne saurais le dire. En revanche, il montre qu’avec suffisamment de talent et de prétention, on peut faire quelque chose de très convaincant.

Le plat de résistance nous est offert d’emblée avec la "Five Bridges Suite", occupant toute la face A. En 18 minutes, The NICE arbore son mélange avec fierté, emphase et déséquilibre. Oui, c’est ce dernier mot qui devrait ressortir. En effet, le trio rock et le Sinfonia of London ont tendance à jouer seuls dans leurs coins respectifs, avec une réelle fusion ça et là, sans plus. Une déception donc, mais temporisée par deux choses : primo, Emerson et Jackson n’ont clairement pas orienté la suite de manière à créer une réelle fusion, on tremperait plus dans l’alternatif ; secundo, la "Five Bridges Suite" reste quand même suffisamment bien composée pour que les transitions soient fluides, au point d’en faire un mouvement prog-classique agréable à écouter au final. En résumé, si la promesse d’un véritable 'rock classique' n’est pas satisfaite, il nous reste un très bon moment musical à passer.

Comme avec Ars Longa Vita Brevis, Five Bridges a du mal à vivre entièrement, en l’occurrence sa face B, surtout qu’il s’agit de la prolongation du concert. Elle est même moins flamboyante, la surprise de voir un orchestre jouer du SIBELIUS (deuxième fois pour The NICE) et du TCHAÏKOVSKI étant nulle. On note quand même une meilleure fusion des genres sur la "Pathétique" de ce dernier, rendant le morceau encore plus folklorique. Carton jaune en revanche pour la fin de l’album : la reprise du "Country Pie" de Bob DYLAN (brrrr) est anecdotique, de même que "One of Those People", seule incartade studio de l’album qu’on s’empressera d’oublier.

C’est presque dommage de savoir que Five Bridges est le dernier grand-oeuvre de The NICE. Avec ce live, le groupe montrait une transition de plus en plus travaillée vers le rock symphonique, avec un vrai sens de la composition de la part de Keith Emerson. Certes, on voit encore les même erreurs qu’avec Ars Longa Vita Brevis, mais plus atténuées.

The NICE est mort, vive The NICE.

Note réelle : 3,5/5

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- Keith Emerson (claviers)
- Lee Jackson (basse, chant)
- Brian Davison (batterie, percussions)
- +
- The Sinfonia Of London Orchestra
- Joseph Eger (chef d'orchestre)
- Joe Harriott (saxophone)
- Peter King (saxophone)
- Chris Pyne (saxophone)
- Alan Skidmor (saxophone)
- John Warren (cuivres)
- Kenny Wheeler (trompette, bugle)


1. Five Bridges Suite
- fantasia 1st Bridge
- 2nd Bridge
- chorale 3rd Bridge
- high Level Fugue 4th Bridge
- finale 5th Bridge
2. Intermezzo 'karelia' Suite
3. Pathétique
4. Country Pie / Brandenburg Concerto 6
5. One Of Those People



             



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