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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Membre : P. P. Arnold , Keith Emerson
- Style + Membre : Emerson, Lake & Palmer

The NICE - Ars Longa Vita Brevis (1968)
Par WALTERSMOKE le 2 Juillet 2022          Consultée 312 fois

"Faire du rock sans guitares, est-ce possible ?"

C'est le genre de question absolument triviale tant un immense oui s’imposerait comme réponse en 2022. Oui mais voilà : en 1968, quand THE NICE sort son deuxième album studio, il y a de quoi être surpris. C’est vrai, après tout : les géants de la six-cordes s’imposent et en imposent dans la musique rock et même la pop, et s’en priver, ce serait comme faire un fraisier sans fraises. C’est pourtant dénier le pouvoir de la lutte des egos. En effet, si THE NICE a perdu David O’List en cours de route, c’est avant tout pour des raisons de jeu de pouvoir. L’homme fort, depuis les débuts du groupe, c’est Keith Emerson, n’en déplaise à son camarade de route qui ne l’a pas supporté. Par la suite, Emerson, Lee Jackson et Brian Davison ont bien tenté de combler le vide, avec des intérimaires sans-doute plus doués les uns que les autres (y compris Steve Howe, oui oui), mais le vide sera comblé par plus d’envergure, de prétention, d’hybris.

Ars Longa Vita Brevis. Voilà un nom d’album bien prétentieux, bien pompeux comme il faut - et doté du bonus "référence à la Grèce Antique", youhou. Dès cet opus, THE NICE passe à la vitesse supérieure. Le rock ? Oh, il en est toujours question, mais sur des formats plus longs, plus libres et affranchis des habituelles contraintes commerciales. Autrement dit, THE NICE devient un groupe de rock progressif. The Thoughts of Emerlist Davjack, l'opus inaugural, avait planté les graines, les voilà qui germent dès le second. Champagne !

Au programme, une longue suite qui occupe déjà toute une face de vinyle. Ars Longa Vita Brevis, le morceau-titre, aux sous-parties faisant référence au deuil, est une véritable symphonie prog de 20 minutes, exercice dans lequel Emerson se sera toujours plu, mêlant power-trio de choc et orchestre classique. Comme quoi, DEEP PURPLE n’a rien inventé. Est-ce bon pour autant ? On ne le dira jamais assez, mais être un pionnier ne va pas de pair avec être excellent. Dans le cas de "Ars Longa Vita Brevis", il convient de signaler quelque chose de relativement important : le mélange ne prend pas bien. La faute à des compositions certes bien pensées et agréables à suivre, mais qui ne font en aucun cas place à la fusion. Oh, il y a bien le 3ème mouvement où tout se goupille dans le bon sens, mais quand on construit son morceau sur une citation de BACH, c’est tout de suite plus facile. On en retiendra surtout le 2ème mouvement, non seulement parce qu’il signe le retour, même provisoire, d’une guitare dans la musique de THE NICE, mais aussi parce que c’est le passage le plus accrocheur et marquant de la suite.

La présence écrasante d’une suite progressive ne doit pas pour autant occulter le reste, a fortiori si ce reste est de qualité. Dans le cas de Ars Longa Vita Brevis, il y a à boire et à manger, mais de manière moins inégale et décevante que pour l’autre côté du disque. Bon, il y a du raté : passer le micro à Emerson sur "Happy Freuds", sympathique sauterie pop typique de l’époque, était une erreur. Le chant est un instrument qui mérite tout autant que les autres d’être travaillé, perfectionné, et même un claviériste de génie peut ne pas savoir s’en servir. Bon, ceci étant dit, Lee Jackson n’est pas non plus un modèle du genre. Autant il faisait le café sur le précédent album, autant il paraît difficilement convaincant, sauf sur "Daddy where did I came from", morceau véritablement psychédélique puis psychiatrique, au texte déjanté et déconseillé aux puritains.

Une suite dotée d’une suite qui ne convainc qu’à moitié, voilà Ars Longa Vita Brevis. THE NICE, réduit à trois, se révèle plein de potentiel et de bonne volonté, sans compter les ambitions redoutables d’Emerson, mais il n’ y a pas encore de quoi se relever la nuit.

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- Keith Emerson (claviers, chant)
- Lee Jackson (basse, chant)
- Brian Davison (batterie)
- +
- Robert Stewart (arrangements orchestraux)
- Malcolm Langstaff (guitare sur 6)


1. Daddy Where Did I Came From
2. Little Arabella
3. Happy Freuds
4. Intermezzo From The Karelia Suite
5. Don Edito El Gruva
6. Ars Longa Vita Brevis
- prelude
- 1st Movement: Awakening
- 2nd Movement: Realization
- 3rd Movement: Acceptance 'brandeburger'
- 4th Movement: Denial
- coda: Extension To The Big Note



             



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