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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Membre : P. P. Arnold , Keith Emerson
- Style + Membre : Emerson, Lake & Palmer

The NICE - Nice (1969)
Par WALTERSMOKE le 22 Juillet 2022          Consultée 375 fois

En 1969, The NICE est un groupe mourant. C’est surprenant d’affirmer une telle chose, d’autant plus que les astres s’alignent plus ou moins en faveur du trio rock adepte de musique classique ; en témoignent les concerts où il fait fureur, grâce notamment à l’inénarrable Keith Emerson, qui sait s’y prendre pour faire le show - au grand dam de son orgue. Pire, il est d’autant plus surprenant de prononcer la morgue de The NICE en 1969, année où le rock progressif décolle pleinement après une proto-histoire plus riche et importante qu’il y parait. Serait-ce à cause d’une chute d’inspiration ? une série de fâcheux événements ? Non, la faute réside en Keith Emerson : le claviériste virtuose se rend compte des limites, justifiées ou non, de ses comparses Lee Jackson et Brian Davison - enfin, disons que c’est le chanteur-bassiste qui prend le plus cher. La chute prochaine d’Immediate, à qui The NICE a toujours été rattaché depuis ses débuts, n’est pas à négliger non plus.

Faut-il donc voir une symbolique dans le nom quasi-éponyme du 3ème album du groupe ? N’allons pas aussi vite en besogne. The NICE est avant tout un groupe qui évolue, qui ne montre pas de signe d’essoufflement particulier, mais plutôt des aspirations musicales étriquées par un format et des limites de plus en plus évidentes - a priori. Avec Nice, on pourrait presque croire que le groupe gagne en maturité et se canalise. Fini - pour le moment - les longues prétentions symphoniques à la Ars Longa Vita Brevis (1968). Le groupe semble même revenir, le temps de la face A, aux fondamentaux pop-rock de ses débuts ; cela est d’autant plus évident quand on découvre que l’ouverture "Azrael Revisited" n’est autre qu’une nouvelle version d’une ancienne face B de single.
La réussite est-elle pour autant acquise ? On penche clairement pour le oui : "Azrael Revisited" est une solide composition au piano honky-tonk en leader, que gâche cependant un chant approximatif. Quant à "For Example", l’autre composition originale, elle excelle dans l’exercice du morceau de pop progressive faussement complexe et entraînant, aidé en cela par des cuivres dynamiques. Entre les deux, "Hang on to a Dream" passe de la petite sucrerie pop à une mini-fresque épique toute parée de chœurs enfantins et de digressions pianistiques (pas sûr que ça plaise à tout le monde). "Diary of a Empty Day" passe pour le maillon faible avec sa mélodie de boy-scout et le chant décidément passable de Jackson - on y revient.

Tout cela est franchement très correct. Nice possède une face A remarquable, témoignage d’un NICE capable d’évoluer et de proposer quelque chose de solide et convaincant sans se la péter.

Mais c’est oublier la face B.

La partie live de The NICE.

En retournant le vinyle, c’est la fin des concessions. Deux pavés de 7 et 12 minutes chacun, un Keith Emerson en roue libre, l’orgue Hammond qui souffre : voilà, là on retrouve notre bon vieux rock progressif qui (se la) pète ! Et le tout enregistré au Filmore East, s’il vous plaît ! Passons sur l’énième interprétation du "Rondo", future tarte à la crème de E.L.P, et tournons avec effroi nos yeux sur "She Belongs to Me". Oui, The NICE reprend Bob DYLAN. Exercice obligé pour montrer sa culture rock, mais exercice pénible, surtout quand on connaît hélas les terrifiants originaux du Zim. Dieu merci, The NICE se réapproprie entièrement le morceau pour en faire sa chose, c’est-à-dire un prétexte à des délires musicaux et autres improvisations dont seul Emerson a le secret. On ressort lessivé d’un tel monstre, même si, live oblige, on n’aura jamais toute la sensation d’origine dans les esgourdes.

Voilà donc la synthèse de The NICE durant sa période anthume : pop agréable et bien construite d’un côté, prog foutraque et grandiloquent de l’autre. Une 'fin' à relever, d’autant plus que la suite aux événements se déroulera sans le groupe à proprement parler, le futur s’écrivant déjà avec un certain Greg Lake.

Note réelle : 3,5/5

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   WALTERSMOKE

 
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- Keith Emerson (claviers, chant)
- Lee Jackson (basse, chant)
- Brian Davison (batterie, percussions)


1. Azrael Revisited
2. Hang On To A Dream
3. Diary Of An Empty Day
4. For Example
5. Rondo '69
6. She Belongs To Me



             



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