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CHRISTOPHE - Les Mots Bleus (1974)
Par WALTERSMOKE le 24 Juillet 2016          Consultée 890 fois

Deuxième collaboration avec Jean-Michel JARRE, Les mots bleus est un album qui a une lourde tâche à remplir. En effet, est sorti en 1973 Les paradis perdus, un album haut en couleurs qui a su s'imposer en grand moment du rock français, et peut-être même du rock – bien qu'un peu court. Sans être impossible, la tâche de le dépasser allait être dure, très dure même. Alors que faire ? La réponse arrive un an plus tard, et elle est simple comme bonjour : faire mieux point barre.

Les mots bleus, c'est donc Les paradis perdus en mieux. Que ce soit sur la musique, le chant ou les paroles, tout est encore meilleur. Niveau musiciens, outre le partenariat avec JARRE renouvelé, Didier Batard prend la basse, mais le line-up est autrement conservé, on ne change pas une équipe qui gagne ou presque. Côté composition, CHRISTOPHE et JMJ démontrent une nouvelle fois à quel point ils ont compris le rock.

La meilleure preuve ? Elle s'appelle "Le dernier des Bevilacqua", et elle ouvre l'album du haut de ses 9 minutes. Comme morceau d'anthologie, on fait difficilement mieux. De l'introduction annonçant le refrain de la chanson éponyme aux passages chantés et rythmés, voilà une cavalcade variée, jamais ennuyeuse, et qui rocke à mort. Côté paroles, CHRISTOPHE se paie un ego trip résumant sa vie, en plus de rappeler que son vrai nom est Daniel Bevilacqua. On aime ou on déteste, mais si l'on est étranger ou indifférent aux paroles, cela n'entache en rien la qualité globale du morceau.

Forcément, une ouverture aussi dantesque ne peut que jeter son ombre sur tout le reste de l'album, encore plus que Les paradis perdus. Et pourtant, deux chansons ont réussi à passer à la postérité. Il y a bien entendu la chanson-titre, bradée par les détracteurs de la chanson française. À vrai dire, il faut avouer qu'elle est un poil tarte, mais dans la catégorie des chansons d'amour, voilà une valeur sûre. Et puis, une écoute approfondie montre alors une amertume née d'amours déçues des plus terribles – quelque part, c'est du proto-Pulp dans le texte. Ensuite, "Señorita" est bien plus léger, et s'équilibre assez bien entre coup d'oeil sur les années 50 et chanson dansante sans prise de tête. Et on ne le dira pas assez, mais la plume de Jean-Michel JARRE est remarquable – même s'il a bien fait de s'engager dans la musique électronique.

Si les trois chansons précédemment citées suffisent à faire des Mots bleus un incontournable (surtout "Le dernier des Bevilacqua" en fait), le reste ne fait pas de figuration. "La mélodie" montre un CHRISTOPHE incarnant une mélodie avec un falsetto assez spécial, mais suffisamment dramatique pour capter l'attention sans être ridicule. Le chanteur se fait un peu ronflant sur "C'est la question", mais une fois de plus, ce numéro blues-rock s'impose sans coup férir. À la rigueur, "Le petit gars" n'est pas franchement folichon, on peut largement admettre qu'il s'agit du point faible de l'album. Un peu dommage, mais comme il n'est pas immonde ou mal écrit, il passe sans soucis.

Voilà donc le fameux opus major de CHRISTOPHE. Un disque contenant une chanson insurpassable, nanti d'une collection de pièces qui témoignent d'un grand talent musical. Une consécration artistique, qui sera bien vue par le public au point que le chanteur aura l'honneur d'accomplir le rêve de beaucoup : jouer à l'Olympia.

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   WALTERSMOKE

 
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- Christophe (chant, orgue, harmonica)
- Patrick Tison (guitare)
- Didier Batard (basse)
- Dominique Perrier (claviers)
- Roger Rizzitelli (batterie)
- Karl Heinz Shäfer (arrangements des cordes sur 1 et 2)


1. Le Dernier Des Bevilacqua
2. Señorita
3. C'est La Question
4. Les Mots Bleus
5. La Mélodie
6. Le Petit Gars
7. Drôle De Vie
8. Souvenirs



             



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