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ROCK GOTHIQUE  |  STUDIO

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FIELDS OF THE NEPHILIM - Dawnrazor (1986)
Par DANTES le 20 Novembre 2008          Consultée 2399 fois

Amis les corbeaux, amateurs de musiques sombres, rassurez-vous et réjouissez-vous : vous n’êtes plus seuls ! Oui, je le crie haut et fort pour vous qui auriez perdu la foi, perdus dans un monde bercé de délicieuses chimères plastifiées où la lumière du néon stérile règne en maître, tout n’est pas perdu ! Certes, notre époque n’est sûrement pas la meilleure pour l’amateur de trucs dark que vous êtes, la musique pop a cessé depuis bien longtemps de véhiculer une quelconque atmosphère ou même la moindre bribe d’émotion… le règne de la superficialité l’emporte, porté à tour de bras par des groupes parfois sympathiques mais manquant tout de même d’une certaine profondeur… quand les Babyshambles du pathétique Pete Doherty remportent la palme de la coolitude, on se dit qu’il est bien loin le temps où on pouvait tout simplement trouver dans un groupe, une certaine classe…
Ouais, les temps sont durs (et le dernier Cure est nul en plus…). Mais bon, comme je vous l’ai dit plus haut, tout n’est finalement pas Si noir que cela (enfin si, la musique, mais bon, on se comprend hein ?) : il nous reste toujours la possibilité, pour échapper à une atmosphère viciée qui ne nous sied guère (notez l’allitération subtile) de se retrancher dans le passé, de ressortir nos vieux LP et de s’accorder une petite escapade nostalgique, certes pas constructive pour un sou mais tellement agréable…

Transportez vous donc dans les eighties, les eighties anglaises de 1987 pour être plus précis… tandis que les Cure, les Smiths ou pire, U2, règnent en maître sur l’univers de la pop, un combo underground, tout droit venu de Stevenage, trou du cul du monde situé plus ou moins au Nord de Londres sort son premier album sur le label New Wave Beggars Banquet. Les Fields of the Nephilim, nommés d’après la progéniture mythique née de l’union d’anges et d’humains venaient de poser la première Pierre de ce qui allait être le dernier grand combo de rock gothique de l’histoire (à moins que vous ne considériez que the Horrors soient un grand groupe, mais dans ce cas là c’est trop tard pour vous…). Les Nephilim, comme ils se plaisaient à s’appeler, auront une carrière aussi fulgurante que brillante, ne sortant que trois albums en tout et pour tout avant de splitter et de voir leur légende supplanter peu à peu la réalité d’un groupe qui, méprisé par la presse, resta toujours cantonné à un underground qui, au fond, lui seyait très bien.
Rendons donc justice à ce groupe culte, mais trop souvent méconnu qu’est The Fields of the Nephilim tout en nous faisant plaisir : jetons une oreille sur la première pierre de leur triptyque: Dawnrazor…

Le rasoir du crépuscule, ouvragé collectivement par tous les membres du quintette présente, sous un artwork épuré faisant la part belle au look cow-boy du groupe, une première réalisation fort bien torchée. Derrière treize compos totalisant une bonne heure de musique, point de moments déplaisants et pas mal de bonnes surprises sont au programme ! Musicalement, Dawnrazor est un opus de rock gothique interprété avec brio, et surtout, d’une manière tout à fait démocratique. Ici, aucun membre du groupe ne fait de l’ombre à ses camarades, chaque instrument est parfaitement à sa place et participe pleinement au son du groupe grâce à un mixage et à une production infaillible. Les guitares servent leur lot d’arpèges cristallins et de riffs accrocheurs, les basses aux sonorités industrielles claquent, le chant de Carl Mac Coy, gorgé d’écho, est théâtral à souhait mais toujours adapté. La batterie, quant à elle, gorge l’album d’une rythmique organique pleine de feeling, cet élément est d’ailleurs celui qui distingue le plus le son du groupe de celui, synthétique, des Sisters of mercy. Car, il ne faut pas se voiler la face, les Nephilim se sont beaucoup inspirés du groupe New Yorkais pour forger leur son, mais ne sauraient être réduits à une bande d’imitateurs sans talent : une véritable âme se dégage de ces treize titres, même s’il est vrai que les fans de l’un ou de l’autre combo apprécieront plus que certainement l’autre…
L’album est bon, c’est une certitude, mais, il est un autre élément qui se dégage de cet opus, et qui persiste encore et encore malgré les dizaines de milliers d’écoutes effectuées par votre serviteur… l’album est bon, mais il est aussi archi-cohérent, voire même plus que cela… hypnotique est un mot qui pourrait convenir à Dawnrazor… dans le sens où presque toutes les chansons sont dotées des mêmes éléments musicaux, disposés différemment sur chaque titre… entendez bien, l’album n’est pas répétitif au sens musical du terme, les riffs, arpèges, solos et rythmes ne sont pas répétés jusqu’à plus soif ou réutilisés dans différentes compos mais l’effet produit par des sonorités proches mais néanmoins différentes sur tout l’album crée un sentiment étrange chez l’auditeur qui ne peut apprivoiser docilement la bête. Dawnrazor se paye le luxe d’être paradoxalement pop et anti pop à la fois… troublant…
Ah, et éclaircissons également un autre point, ce n’est pas parce que l’album est hyper cohérent qu’aucune composition ne sort du lot : tout d’abord, aucune d’entre elles n’est réellement mal foutue, au pire, le caractère répétitif de l’album rebutera certains mais aucun titre en particulier ne pourra être incriminé… au contraire, on trouve nombre de compositions très accrocheuses, les deux pièces de sept minutes chacune, « Vet for the Insane » et le morceau titre « Dawnrazor » sortent ainsi du lot par leur lenteur et leur mélodie… mélodiques sont également les titres plus pop « Laura 2 » et « The Sequel » tandis que les riffs de basse et de guitare accrocheurs se placent sur toutes les compositions… le meilleur moment de l’album pourrait bien être « Volcane (Mr. Jealousy has returned) » particulièrement mélodique et rythmé qui vous accroche dès la première écoute.

Vous l’aurez compris, Dawnrazor est un album totalement réussi, parfait témoignage d’un jeune groupe aux dents longues et à l’esprit bien tourné. Dawnrazor ravira les fans de véritable musique gothique mais également ceux que la pop sombre ne rebute pas. Seul le côté répétitif de l’album pourra gêner mais se révélera être un des atouts fondamentaux du disque.

Une musique superbe, un grand groupe, que demander de plus ?

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   DANTES

 
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- Carl Mac Coy. (chant)
- Peter Yates. (guitare)
- Paul Wright. (guitare)
- Tony Petit. (basse)
- Nod Wright. (batterie)


1. Intro (the Harmonica Man)
2. Slow Kill
3. Laura 2
4. Preacher Man
5. Volcane (mr. Jealousy Has Returned)
6. Vet For The Insane
7. Secrets
8. Dust
9. Reanimator
10. Power
11. The Tower
12. Dawnrazor
13. The Sequel



             



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