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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Yes
- Membre : Keith Emerson , King Crimson, Asia, Atomic Rooster, Black Sabbath, P. P. Arnold
 

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EMERSON, LAKE & PALMER - Trilogy (1972)
Par LULUBELLEIII le 14 Octobre 2009          Consultée 4546 fois

ELP... un mythe, une légende, ou tout simplement l'un des premiers « supergroupes » de rock progressif…Vous connaissez sans doute le procédé, on prend un Dieu du clavier qui a sévi au sein de The Nice, un ex-King Crimson (rien que ça !) et un super batteur qui vient d'Atomic Rooster, et PAF ! Ça fait... un supergroupe !
Ce Trilogy fait suite chronologiquement à l'adaptation live de Mussorgsky, Pictures At An Exhibition, qui est... assez horrible. Mais rassurez-vous, ici, le trio assure un retour au bon vieux son d'antan en nous servant un album dans la lignée de leurs deux premiers albums studios, à savoir l'éponyme Emerson, Lake And Palmer et le très expérimental Tarkus.
Dans la droite lignée de Tarkus, alors ? Je dirais plutôt évolution à partir des bases posées sur Tarkus !

(Les puristes du prog vont sans doute avoir envie de me faire manger cette chronique après avoir lu les lignes qui suivent, mais j'assume...)

N'importe quel auditeur, néophyte ou averti, ne peut nier la virtuosité des musiciens dans des pièces comme Tarkus. Mais une critique qui nous pend aux lèvres tellement elle est évidente, et qui revient souvent dans la bouche des détracteurs du mythe ELP, est la suivante : virtuosité gratuite, œuvre difficile d'accès, absence de mélodies porteuses et tutti quanti.
Mais ici, ces « défauts » et l’excès d'orgueil sont oubliés au profit d'une musique un peu plus directe et abordable. Excellente porte d'entrée, donc, pour qui a envie de découvrir le groupe !
Je ne suis pas en train d'essayer de vous dire qu'ELP a subitement décidé de se mettre à la pop avec Trilogy (vous commenciez à avoir peur, hein ?), car bien sûr, l'album reste un savant mélange de rock progressif, de jazz et de classique comme le trio en raffole. Mais le groupe a su trouver plus de spontanéité, plus d'âme, et des morceaux de construction plus cohérente sont les bienvenus (même si d'aucuns diront plutôt « constructions plus classiques »...).
J'en veux pour preuve la très belle ballade signée Lake « From The Beginning », qui est certainement le single d'ELP ayant rencontré le plus de succès, ainsi que l'adaptation du « Rodeo » d'Aaron Copland, Hoedown, qui sera quasi systématiquement jouée en ouverture de concert par la suite. La version live, plus percutante, vous attend en bonus track, petits veinards !
A noter la très nette influence celtique et irlandaise qui se dégage du morceau, plutôt originale et très plaisante. C'est d'ailleurs une constante du début à la fin : on goûte au fil des chansons à un audacieux mélange des genres et un éclectisme musical impressionnant. The Sheriff, par exemple, ré-explore la veine westernisante déjà abordée avec Jeremy Bender (Tarkus), mais de manière beaucoup plus convaincante, et se veut un prélude à Hoedown. Le groupe n'oublie pas, cependant, de distiller un peu de rock plus brut et énergique, à l'image de Living Sin, judicieusement intégrée à la suite de la dernière partie fougueuse de Trilogy.

Parlons justement de Trilogy : LA pièce maîtresse de cet album, un des chefs d'œuvre d'ELP qui fait partie des moments les plus épiques et les plus intenses du rock progressif. Ce Trilogy, si bien nommé, se voit introduit de la plus belle manière qui soit, le piano d'Emerson virevoltant avec une aisance ahurissante, inspiré de toute évidence par des pièces classiques.
Ce divin piano se pare d'une mélodie enchanteresse (et oui, les superlatifs ne peuvent que pleuvoir quand on parle de Trilogy), la voix de Lake luisant comme un joyau dans l'écrin pianistique d'Emerson.
Et là, alors qu'on ne s'y attend pas (ou presque pas), le morceau monte en puissance et finit par éclater complètement, avec l'arrivée soudaine de la rythmique et des synthés, qui forment une cascade de sons qui nous enveloppent complètement.
La suite ? Non, non, je ne vais pas tout vous dévoiler... Suspense...

Sauf que... je ne peux pas vous laisser sans avoir abordé le deuxième chef d'œuvre, à savoir la suite « The Endless Enigma ».
La plus emblématique est pour moi la première partie, avec, encore une fois, une originalité teintée d'expérimental dès l'ouverture, qui se mue petit à petit en pièce très bien organisée. On sent bien une ligne directrice même si on n'entend jamais deux fois la même chose. La mélodie chantée par Lake sublime ce chef d'œuvre, et la Fugue d'Emerson a été insérée à point nommé entre les deux parties pour prouver, s'il était encore nécessaire, que ce mec est définitivement un Jimi Hendrix des claviers.

Côté moins bien, parce rien n'est parfait ici-bas, on passera sur Abbadon's Bolero, qui met du temps à démarrer et qui s'éternise autour du même thème.
Mais c'est bien la seule ombre au tableau, et même Greg Lake est d'accord avec moi pour conclure qu'il s'agit là du meilleur ELP (citation précise pour ceux qui douteraient de ma bonne foi : « If I were to pick one album that was the best album I was ever involved with, I think I would pick Trilogy... » ). Ah non ! J'avais même sous estimé ses paroles : il parle carrément du meilleur album de toute sa carrière...

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   LULUBELLEIII

 
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- Keith Emerson (claviers)
- Greg Lake (guitares, chant)
- Carl Palmer (percussions, batterie)


1. The Endless Enigma (part One)
2. Fugue
3. The Endless Enigma (part Two)
4. From The Beginning
5. The Sheriff
6. Hoedown
7. Trilogy
8. Living Sin
9. Abaddon's Bolero
10. Hoedown (live)



             



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