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The RAMONES - Ramones (1976)
Par THESHAMAN le 6 Novembre 2009          Consultée 5182 fois

En 1974, alors que Led Zeppelin, Black Sabbath et autres Judas Priest jouent de plus en plus fort, alors que Genesis, Yes et autres ELP endorment le monde à coups de morceaux longs comme ma bite et de solos de claviers d'une heure 30, une petite révolution est en train de se fomenter dans les bas fonds de New York. Cette révolution sera l’œuvre de 4 hommes : Douglas Colvin (Dee Dee Ramone), fils d'une mère alcoolique et d'un père militaire violent, est accro à l'héroïne et deale pour se payer sa came. John Cummings (Johnny Ramone), petit voyou durant son adolescence, travaille dans une entreprise de nettoyage à sec et habite dans la rue à côté de Dee Dee. Jeffrey Hyman (Joey Ramone), alcoolique souffrant de la maladie de Marfan et de TOC, sort d'hôpital psychiatrique. Bref, des marginaux, des camés, des voyous, des rebuts, pour qui le rock est une forme d'exutoire, de refuge. Le quatrième larron, Tommy Erdelyi (Tommy Ramone) est le seul mec à peu près normal de la bande (et seul membre originel du groupe encore en vie à l'heure où j'écris ces lignes). Ces hommes ont en commun leur rejet des grosses machines progressives (Queen, Genesis, ELP...), de leur prétention, de leur vaine complexité et de leurs démonstrations techniques, et se passionnent pour le rock des Stooges, du MC5 et des New York Dolls, la pop des Beatles et des Beach Boys, et le rock'n roll des pionniers. Ils finissent par monter un groupe, Dee Dee se chargeant au départ de la basse et du chant, Johnny de la guitare, Joey de la batterie, et Tommy manageant le gang. Puis il s’avère que Joey est une bille à la batterie, mais assure bien mieux au chant que Dee Dee. Finalement, Joey prend le micro à la place de Dee Dee, et, le groupe ne parvenant pas à trouver un batteur, c’est Tommy qui finit par prendre place derrière les fûts. C'est Dee Dee qui a eu l'idée du nom "Ramones", en hommage à un pseudonyme utilisé par Paul McCartney, Paul Ramon. Tandis que Dee Dee compose l'essentiel de la musique, assisté par Joey, Johnny s'impose comme le boss du groupe et impose ses rêgles : même nom de famille (Ramone), mêmes vêtements à base de jeans et de perfecto, même coupe de cheveux "à la Beatles", chansons courtes, pas de solos, pas de temps morts entre les morceaux en concert…

Le gang enregistre son premier album en 1976. Au menu, retour aux racines du rock avec une musique ultra-simple, voire minimaliste : basse de Dee Dee sur le canal gauche, riffs tronçonneuses en accords barrés de Johnny sur le canal droit, tandis que Tommy balance la purée et que la voix acidulée de Joey survole le tout. 14 titres sans aucune fioriture, une production ultra brute, pas de solos, pratiquement aucun arrangement (tout juste entend-on quelques notes de clavier très cheap en fond de Let's Dance, cover d'une vieille chanson pop des 60es), aucune chanson dépassant les 2 minutes 40. Et c'est magnifique. Car au-delà de ce minimalisme, les Ramones sont avant tout d'incroyables faiseurs de chansons. Si les Ramones ont gardé l'énergie et le son brut et garage du rock des Stooges et des New-York Dolls, c'est plutôt des Beatles, des Beach Boys et des groupes pop des années 60 que les Ramones ont hérité du goût de la mélodie bien troussée et du petit gimmick obsédant. Les 14 compositions de cet album sont des pop songs parfaites, menées à un train d’enfer, toutes aussi fortes et accrocheuses les unes que les autres : la fabuleuse "Blitzkrieg Bop" et son légendaire "Hey Ho Let's Go", « Havanna affair » et son entrain communicatif, « Beat on the Brat » et sa ligne de basse addictive, je pourrais toutes les citer... Les Ramones jouant même la carte de l’émotion sur le plus modéré "I Wanna Be Your Boyfriend". L’espace d’une chanson, le tempo se ralentit, Johnny nous gratifie de quelques arpèges délicats, et Joey nous envoûte de sa voix de crooner punk, soutenu par quelques « ohoho ». Côté paroles, loin de l'intellectualisme des Dylan, Lou Reed et autres MC5, loin du nihilisme des Stooges, loin des revendications des futurs punks anglais (Sex Pistols, Clash...), loin de la tristesse du futur mouvement post-punk, les Ramones chantent l'adolescence, l'insouciance, la drague (I Wanna Be Your Boyfriend), les films d'horreur de série B (Chain saw, en hommage au film "Massacre à la Tronçonneuse")... L'album dure moins de 30 minutes, 30 petites minutes de légèreté, d'insouciance, de gaieté, de fun, de crétinisme, 30 minutes à sauter partout en entonnant tous les refrains… 30 minutes de bonheur.

En 1976, les Ramones viennent de frapper un grand coup. Dans son sillages, des jeunes vont redécouvrir le rock'n roll et se diront : "ces mecs, ils tiennent à peine leurs instruments, ils jouent comme des pieds, et pourtant ça tue. Alors, pourquoi pas nous ?" La suite, on la connaît : l'explosion punk anglaise de 1977, Nevermind the Bollocks, London Calling, la mort de Sid Vicious... La face du rock a été changée par cette bande de crétins magnifiques, ces mecs mal sortis de l'adolescence et sachant à peine jouer de leurs instruments. Malheureusement, les Ramones resteront toujours dans l'ombre, cantonnés à un succès d'estime, tandis que leurs fils spirituels (Clash, Sex Pistols) cartonneront dans les charts. Pourtant, les Ramones, sans jamais faiblir ni se décourager, suivront leur chemin durant deux décennies d'une carrière exemplaire, et resteront toujours droits dans leur bottes, malgré l'adversité, les tensions et le manque de succès. Même si l'inspiration ne sera pas toujours au rendez-vous, à aucun moment les Ramones ne faibliront ni ne dévieront de leur route, délivrant leurs albums de punk-rock sans concessions ni compromis. La légende est en marche.

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   (3 chroniques)



- Joey Ramone (chant)
- Johnny Ramone (guitare)
- Dee Dee Ramone (basse)
- Tommy Ramone (batterie)


1. Blitzkrieg Bop
2. Beat On The Brat
3. Judy Is A Punk
4. I Wanna Be Your Boyfriend
5. Chain Saw
6. Now I Wanna Sniff Some Glue
7. I Don't Wanna Go Down To The Basement
8. Loudmouth
9. Havana Affair
10. Listen To My Heart
11. 53rd & 3rd
12. Let's Dance
13. I Don't Wanna Walk Around With You
14. Today Your Love, Tomorrow The World



             



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