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 Label Warp (459)

AUTECHRE - Incunabula (1993)
Par SEIJITSU le 19 Janvier 2010          Consultée 2430 fois

Les voies de l’IDM sont parfois impénétrables. Et si vous souhaitez découvrir le genre en douceur et dans de bonnes conditions, ce n’est pas par APHEX TWIN qu’il faut commencer, contrairement à ce que beaucoup de siphonnés dingues d’électro aiment nous faire croire. J’ai même certaines connaissances personnelles qui n’ont toujours pas réussi à dompter le Richard D. James Album. Un disque, il est vrai pas très net (dans le sens « un peu » dingue), mais qui finalement, reste l’un des plus accessibles dans tout ce que l’électro expérimentale nous a produit.
AUTECHRE est évidemment aussi un groupe à prendre avec des pincettes, tant leurs albums post années 2000 sont particulièrement hermétiques. Leurs débuts discographiques sont pourtant une des meilleures portes d’entrée à l’ « Intelligence Dance Music » qui soit.

Premièrement, Incunabula fut une sortie très importante pour le label Warp. Encore tout jeune, prometteur mais aussi très fragile, le futur label légendaire lance une série de compilations et d’albums intitulée : Artificial Intelligence Series. Une tentative de se faire connaître et surtout d’afficher une ambition démesurée pour son époque : celle de créer un véritable mouvement d’une musique électronique intelligente et qui « s’écoute ». Cela aboutira à la déferlante IDM du milieu et de la fin des années 1990, pour le meilleur (les œuvres d’APHEX TWIN, les premiers disques d’AUTECHRE), mais aussi pour le pire (les nombreux clones des deux artistes précédents, totalement inutiles et anecdotiques).
Ce premier album d’AUTECHRE fait partie de cette série de disques ; il viendra asseoir sa position de groupe pionnier et légitimer en même temps l’existence du label, qui malgré un Frequencies mémorable, n’a pas connu d’énormes succès avec ses prétentions artistiques au-dessus de la moyenne (l’eurodance étant surtout la musique la plus populaire ces années-là).
Secundo, ce disque a opéré une petite révolution lors de sa sortie en synthétisant l’ambient, la techno et même quelques influences indus.

Les personnes qui ont connu le groupe avec leurs derniers albums seront surprises du point de départ de la carrière de cette entité bicéphale, car AUTECHRE est surtout connu pour ses expérimentations rythmiques particulièrement étranges. Ici, il n’y a rien de tout cela, ou du moins le duo n’a pas encore mis l’accent sur les rythmes, bel et bien présents, mais noyés sous différentes couches de nappes de claviers atmosphériques.
Incunabula laisse facilement aller à la rêverie tant ce disque se révèle onirique et porté sur les textures sonores. L’album est tout de même bien long (78 minutes quand même), et s’avaler ce bol d’ambient ne sera pas facile dès les premières écoutes pour quelques personnes malgré l’accessibilité du disque. Ce premier opus des aventures d’AUTECHRE s’apprécie surtout sur la durée, et bien que totalement abstrait, les évocations de paysages nous arrivent régulièrement à l’esprit. Par conséquent cela nous pousse à revenir souvent sur cette musique particulièrement sereine.

La musique électronique que développe le duo ici est aussi pure que les paysages qu’elle évoque. Les voix humaines sont rares, mais souvent inquiétantes (« Basscadet » dont la voix trafiquée et déshumanisée me file la chair de poule). Il en est de même pour les samples, que l’on trouve uniquement sur la pièce « Lowride ». Miles DAVIS et KOOL & THE GANG font une apparition remarquée sur ce morceau mélancolique et qui fait parti, à mon sens, des meilleurs morceaux des deux Anglais. Il ne faut pas non plus passer à côté de « Eggshell », dont les rythmiques obsédantes et la mélodie venue d’ailleurs vous obséderont pour le reste de votre vie. « Windwind », morceau dépassant la dizaine de minutes, est la pièce maîtresse de ce disque, où le mot « beauté » prend tout son sens. « 444 » elle, se révèle être une conclusion magnifique et émouvante, et termine cet album pas loin d’être exceptionnel.
Pas totalement exceptionnel, car, à bien y réfléchir, Incunabula n’a absolument rien d’expérimental. Ce n’est pas lié à son côté accessible mais à ses influences transparentes et pas toujours très discrètes. On pense régulièrement à Brian ENO, TANGERINE DREAM ou encore à COIL pour le côté indus d’AUTECHRE. Mais cela n’enlève rien à sa qualité bien sûr, tant la maîtrise des machines de ce duo impressionne et permet à nos pensées de s’égarer.
Car si son rôle de précurseur est exagéré par beaucoup et que cette première sortie possède aujourd’hui quelques rides (à cause de certains sons, bien vieillots), Incunabula reste un des meilleurs albums d’AUTECHRE. Il nous fait découvrir un groupe au fort potentiel et au regard déjà tourné vers l’avenir.

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