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- Membre : Genesis, Brand X, Daryl Stuermer , Ronnie Caryl , Flaming Youth

Phil COLLINS - Both Sides (1993)
Par MARCO STIVELL le 19 Mars 2010          Consultée 7162 fois

Paru en 1993, Both Sides est le sixième album de Phil COLLINS, cinquième en studio si l'on ne compte pas le disque précédent, un live sorti en 1990. La production du frontman de GENESIS se révèle plutôt espacée, mais l'on dit parfois que c'est un gage de qualité, voire de valeur sûre, et il n'y a qu'à regarder une autre carrière solo de la même famille, celle de Peter GABRIEL, pour s'en assurer.

Mais il s'avère que Both Sides, en tout cas par rapport aux albums précédents de Phil, est... différent. Ce qui faisait la force des galettes collinsiennes des années 80, c'était un assemblage de morceaux à cuivres punchy, de jolies ballades et surtout de tubes, le tout servi par une production bien léchée et très professionnelle. Both Sides c'est... le contraire. En fait, seules les ballades sont communes avec les autres disques. Ici, pas de cuivres, même pas d'autre musicien, rien que des claviers et des batteries vraies ou factices, ainsi qu'un emballage de chansons à l'état "brut". Both Sides est une réalisation de Phil seul, de la moindre note, du moindre mot jusqu'à l'enregistrement.

Il y a un autre détail important. Ecrit à une époque difficile dans la vie conjugale de son auteur, d'une lenteur (trois titres up-tempo seulement) et d'une noirceur inégalées (surtout dans la première partie, la seconde jouant plus sur une volonté d'évasion), Both Sides va à l'encontre totale de ce que l'on pouvait attendre de quelqu'un comme Phil COLLINS, après une carrière à son climax (grâce à son But Seriously en 89 et We Can't Dance pour GENESIS en 91). Bien qu'un nom comme le sien soit significatif de ventes massives, Both Sides reste un véritable "suicide commercial", l'album le plus courageux que je connaisse parmi toute la galaxie GENESIS et accessoirement, c'est mon disque préféré toutes catégories confondues...

Il est pourtant difficile à la base, à moins d'être un fan "mordu" (en gros qui est prêt à tout accepter), de se faire à ce choix de minimalisme, autant au niveau des intervenants que des arrangements. Il y a notamment au niveau des claviers une utilisation très marquée de faux instruments (tuba et banjo pour "We're Sons of Our Fathers", guitare classique pour "We Fly So Close"...), ainsi que d'un son bien spécifique qui en fera fuir plus d'un, une sorte de (ce que je qualifierai de) synthé "bleu", ou "merle", très plaintif (voir sur "Can't Turn Back the Years" et "There's a Place For Us" entre autres). L'apport de cette programmation, plus l'intervention de boîtes à rythmes (où même quand la vraie batterie est présente), peut facilement donner l'impression que l'on écoute une suite de démos.

Première partie sombre donc, mais tout de même portée par les trois seuls vrais hits de l'album (quoique relativement maigres par rapport à ceux de la décennie précédente) qui sont "Both Sides of the Story" (avec une alternance batterie acoustique / boîte à rythmes et des fausses cornemuses du plus bel effet) ainsi que les ballades "Everyday" et "Can't Turn Back the Years", représentatives d'une bonne partie des chansons de l'album, ceci étant dû au fait qu'elles baignent dans leurs nappes de synthétiseurs. On trouve aussi un cas plutôt extrême, en l'occurrence "I've Forgotten Everything", dont le tempo archi-lent et le côté lancinant risquent de déstabiliser (notamment des américains fans de "Sussudio" et "Who Said I Would"), mais c'est curieusement l'une des chansons, peut-être même LA chanson dont Phil reste le plus satisfait à propos de toute sa carrière.

Le milieu de l'album marque le tournant décrit précédemment. "Survivors" est, avec sa rythmique Motown, caractéristique de cette volonté de "revivre", de trouver une échappatoire afin de sortir du noir. "We Fly So Close" reste l'un des plus beaux cris de Phil, une pièce de sept minutes trente reposant sur quatre accords, avec une montée en puissance qui prend aux tripes... Vraiment le "In the Air Tonight" des années 90 en plus désespéré. Elle symbolise aussi la nuit, alors que "We Wait And We Wonder" représente le grand jour avec cornemuses pour seules trompettes, et l'on songe directement à l'Irlande ... On finit avec "Please Come Out Tonight", la chanson la plus positive et romantique de l'ensemble, un appel câlin dont l'ampleur dépasse toutes les chansons d'amour qui existent...

A moins d'être totalement subjectif, il est difficile de considérer Both Sides comme le meilleur album de Phil, mais, et ce n'est pas du tout pour parler de moi seul, on remarque que son public est aussi bien souvent le plus passionné et le plus reconnaissant envers ce merveilleux artiste.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Phil Collins (chant, claviers, batterie, boîte à rythmes, percus)


1. Both Sides Of The Story
2. Can't Turn Back The Years
3. Everyday
4. I've Forgotten Everything
- We're Sons Of Our Fathers
5. Can't Find My Way
6. Survivors
7. We Fly So Close
8. There's A Place For Us
9. We Wait And We Wonder
10. Please Come Out Tonight



             



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