Recherche avancée       Liste groupes



      
AMBIENT/IDM  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Aphex Twin, Squarepusher, Polygon Window, Access To Arasaka
 

 Label Warp (443)

AUTECHRE - Amber (1994)
Par SEIJITSU le 29 Mai 2010          Consultée 2043 fois

AUTECHRE poursuit son chemin dans un univers naviguant élégamment entre techno, ambient et IDM pour notre plus grand bonheur. Incunabula a marqué les esprits dans une musique techno dont les premiers balbutiements avaient engendré les espoirs les plus fous quant à son avenir. Sean Booth et Rob Brown ont la lourde tâche de succéder à un premier jet impressionnant de maîtrise devenu une référence de nos jours.

Amber paraît un peu moins d’un an après leur premier essai et semble dans la continuité de leur précédent album. Une musique électronique lorgnant sur les plates bandes de la techno mais qui cultive une esthétique ambient dont les influences sont clairement revendiquées et assumées : TANGERINE DREAM, Brian ENO… Tous les vieux de la vieille dont on a la fâcheuse habitude d’oublier l’apport qu’ils provoqueront dans la musique électronique et ses futures expérimentations.

Mais ce semblant de continuité, c’est seulement quand on écoute ce deuxième album pour la première fois. Car Amber prépare (déjà ?) un changement dans le son et dans l'attitude. Notamment, les nappes de claviers s’allègent, les rythmiques percent le brouillard de ces mêmes nappes et tentent d’imposer leurs lois comme sur « Montreal ». L’entité anglaise commence à se dévêtir, son manteau vaporeux devient trop lourd pour ses frêles épaules. Les deux anglais ne sont désormais plus un gaz s’insinuant dans nos esprits, mais bien une entité physique qui commence à bouger et cesse d’être trop contemplative.

Le changement ne choque pas, parce que AUTECHRE mue étape par étape et veut garder un pied dans ses racines ambient. « Foil » aurait pu figurer sur leur disque précédent tant son caractère planant est souligné, notamment avec un beat sourd en arrière plan et des grosse nappes qui désorientent l’auditeur. Il en est de même pour « Silverside » et « Teartear », qui reprennent l’idée des voix trafiquées pour installer un sentiment de malaise. Le côté mécanique est néanmoins moins présent que sur « Basscadet », qui était plus rythmé.

Ce disque présente aussi des similitudes avec son prédécesseur au niveau de sa structure avec, encore une fois, un titre d’une dizaine de minute (« Further »), mais qui grogne plus que son grand-frère en faisant sonner un beat lourd et écrasant. Même si, paradoxalement, il flirte encore une fois avec notre imagination en jouant sur les textures sonores et épousant une nouvelles fois encore les caractéristiques de ce genre rêveur qu’est l’ambient.

Malgré sa grande accessibilité, Amber sera un disque difficile pour certaines personnes et peut sembler n’être qu’un apéritif avant le plat de résistance. Cet album n’est qu’une gigantesque passerelle vers l’avenir. Passerelle que beaucoup de groupes emprunteront des années plus tard en mélangeant allégrement house, techno et ambient. Mélange que l’on a qualifié d’electronica bien plus tard, parce qu’on ne savait pas comment nommer ce mariage au départ ambitieux, mais qui s’est vite essoufflé même chez les plus grands.

AUTECHRE est donc en avance sur la concurrence (et il le sera pendant très longtemps). Mais comment jauger ce disque qui essaye d’innover tout en étant frileux, car incapable de se détacher de ses bases, si bonnes soient-elles ? Cette réflexion n’a pas lieu d’être, le groupe progresse et ne stagne pas quoi qu’en diront les mauvaises langues. Les mélodies douces amères se font plus subtiles mais pas moins discrètes. L’évolution continue petit à petit et les sentiments refont leurs apparitions dans un disque mêlant froideur et mélancolie avec talent.

Voilà que j’arrive enfin au verdict final. Coincé entre deux mastodontes, Amber n’en souffre aucunement. Il parvient à creuser sa niche tout en facilité et nous charme tout comme le AUTECHRE squelettique et inhumain qui arrivera tout de suite après avec Chiastic Slide. Ah non excusez-moi c’est une erreur de ma part. Le duo anglais s’est permis un détour entre ces deux disques : celui de la fusion. Un procédé improbable et imprévisible qu’ils ont accompli les doigts dans le nez comme des grands.

Tri Repetae n’est plus très loin à présent.

A lire aussi en MUSIQUE ELECTRONIQUE par SEIJITSU :


The FUTURE SOUND OF LONDON
Isdn (1994)
Fsol président !




The CRYSTAL METHOD
Vegas (1997)
Las Vegas, cité du vice et du… big beat ?


Marquez et partagez





 
   SEIJITSU

 
  N/A



- Sean Booth (tout)
- Rob Brown (tout aussi)


1. Foil
2. Montreal
3. Silverside
4. Slip
5. Glitch
6. Piezo
7. Nine
8. Further
9. Yulquen
10. Nil
11. Teartear



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod