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SEASICK STEVE - Man From Another Time (2009)
Par ERWIN le 12 Avril 2010          Consultée 1669 fois

Nous attaquons la discographie d’un drôle d’oiseau avec ce récent Man From Another Time. Steven Gene Wold aka « Seasick Steve » est un quasi septuagénaire natif de Oakland, Californie. Sa bonne tête de dégénéré, son look en droite ligne issu du film « Deliverance » de John Boorman (ne serait-ce pas lui le jeune gonze qui joue du banjo comme un diablotin au début?), ses guitares à 3 cordes, voire 4 dans les bons jours, toutes customisées par ses bons soins, ses mignonettes salopettes, ses sémillantes casquettes… Tout concourt à faire de Seasick un sacré vainqueur. Le produit de plusieurs générations consanguines assurément. Enfin c’est un malabar, drôlement balèze pour son âge, qui sort son 4àme album à un âge ou beaucoup sucent les pissenlits par la racine.

Bref nous voila avec entre les mains son dernier méfait en date. Mais matez donc ce sourire narquois sur la pochette, il semble vraiment se foutre de notre gueule! S’il reluque les nanas dans la rue avec cet air là, ça promet… On va rigoler, c’est sur!

Le premier détail qui frappe l’auditeur, c’est une voix très « juvénile », on pourrait la rapprocher de celle de Billy Gibbons, la tête pensante de ZZ Top, en moins brute. On en dira pas autant de sa technique à la guitare, qui s’approche plus de celle de mémé Germaine après 3 mois de solfège. Tout cela est donc bien rugueux, bien primaire. C’est d’ailleurs sa marque de fabrique: quel que soit l’instrument utilisé, il en grattouille tel un grandpa (qui tiendrait sa gratte à l’envers) des plaines du Middle West ou des bayous de Louisiane pour les morceaux les plus bluesy.

Mais rentrons donc de plein pied dans l’œuvre !
Sur le titre éponyme « Man From Another Time », sa guitare « The trance Wonder » qu’il dit hantée par les âmes des nombreux hommes l’ayant tenu entre leurs mains prend le pouvoir. Et ce son primitif sert à merveille la voix de Steve. La complainte peut parfois sembler funèbre, parfois picturale. On sait que l’oiseau aime narrer des pans de sa vie de dépravé.
« Never Go West » sonne comme un titre des ZZ top au début de leur carrière dans les années 70. La slide arrache bien et l’ambiance est définitivement blues rock.
Le « Seasick boogie » à la gloire de l’homme au mal de mer achève de prouver à l’audience que nous sommes en face d’un vrai bluesman, sa voix tient la place soutenue par une orchestration frustre mais diablement efficace, la chanson se termine de la manière la plus hard rock. Et si vous oubliez le skeud dans le mange disque, vous aurez le plaisir d’entendre une fort belle version de « I’m so lonesome I could cry », en duo avec une charmante donzelle, sans doute son arrière petite fille?
Sur « Didley Bo » du nom d’un des grands pionniers du Rock, amateur de guitare spéciale, Steve empoigne son « one string didley bow », mouais vous aurez compris, c’est une gratte à… une corde, qu’il utilise en slide exclusivement. Ce mec est un malade… A écouter une fois dans sa vie. Sacrée ambiance en tout cas.
« Big green and yeller » présente des éléments plus classiques, pour un blues crasseux, certainement maudit par le diable du Crossroad. On s’habitue rapidement au son crado de cette « guitare »… C’est de l’accoutumance ou je n’y connais rien.

Je viens de faire le tour des chansons les plus « classiques ». Voila maintenant que se pointent des trucs beaucoup plus « terriens ». Le banjo plaintif de « The Banjo Song », la slide sépulcrale de « Just Because I Can », c’est un tout autre style : celui d’une musique traditionnelle que nous ne sommes pas accoutumés à entendre sur des microsillons, la musique des clodos, celle qui accompagna Jack Kerouac dans ses traversées d'est en ouest et du nord au sud des USA. Mais il y a aussi du Guthrie et du Dylan dans ces odes moribondes, l’une de ses complaintes ne s’appelle-t'elle pas « Dark », qu’il décrit comme son amie, très belle chanson autobiographique où les effluves des shamans se joignent au rituel, ma préférée de l’album. Prélude à « Wenatchee » au titre évocateur, où nous pataugeons dans la vieille culture de l’ouest américain : de la country matinée de tribalisme amérindien et de blues mal dégrossi.
« My home » transforme le skeud en scène Hillibillesque, avec beaucoup de talent encore une fois.

Tout ceci est hautement addictif. Les airs simples, l’orchestration frustre vous donnent envie de réécouter les airs immédiatement. L’ensemble part dans tous les sens, mais nous restons dans les limites du bouseux américain. La personnalité de ce fou furieux est à rapprocher de celle d’un autre clodo céleste, le taulard Calvin Russell, mais en bien plus drôle et visiblement moins porté sur les substances illicites, même si cette salopette ambulante ne doit pas sucer que de la glace…
D’ailleurs détrompez vous, même s’il semble sorti tout droit d’un wagon à bestiaux du fin fond du Montana, le barbu vit dans un appart classique d’une ville de Norvége… Le coquin… Ne se moquerait-il pas un peu de la naïveté des gens? On sait qu’il quitte assez souvent son quotidien pour faire la route… Hhhmmm… Admettons. Mais il fait aussi travailler ses deux fils sur ses albums. Pas si largué que cela le papy!

Très très sympa!

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1. Didley Bo
2. Big Green And Yeller
3. Happy
4. The Banjo Song
5. Man From Another Time
6. That’s All
7. Just Because I Can
8. Never Go West
9. Dark
10. Wenatchee
11. My Home
12. Seasick Boogie



             



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