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- Style : Norah Jones

Katie MELUA - The House (2010)
Par MARCO STIVELL le 21 Juin 2010          Consultée 2531 fois

Cela faisait quelques temps que l'on entendait parler d'un nouvel album de Katie MELUA, prévu pour la fin mai. Le single "The Flood", tout en nous aidant à patienter, avait de quoi surprendre. Pictures nous avait mis en bouche par rapport à une orientation plus pop-rock de la part de la jeune chanteuse. Ici, on se rend compte que le style a encore changé, la belle s'est orientée vers quelque chose de plus électronique. Ce n'est un secret pour personne, Katie était notamment appréciée pour sa tendance à ne pas suivre la mode, sonoristiquement parlant. Avant, il n'y avait que l'orgue Hammond de Mike BATT qui donnait un son quelque peu électronique à cette musique. Et à propos de Mike BATT, sa présence n'est plus aussi forte qu'avant, pas même dans la composition : il n'est ici "que" le producteur délégué, ayant simplement arrangé l'orchestre et apporté sa participation à l'écriture d'une seule chanson. En revanche, Katie s'est investie à fond, et à part l'unique reprise, elle co-signe tous les morceaux (sauf deux qui sont entièrement écrits par elle). Le son, quant à lui, est radicalement différent. Beaucoup plus électronique, le piano intervient très peu pour laisser place aux samples et nappes de claviers. Le programme paraît plutôt alléchant, reste à savoir comment tout cela se présente...

"I'd Love to Kill You" commence l'album de manière acoustique, Katie seule avec la guitare classique. La basse arrive et l'émotion se fait particulièrement palpable dès les premiers "ouh ouh". Un zeste de pedal steel guitare, quelques nappes de claviers, on se laisse bercer tellement c'est magnifique... Katie démarre tout simplement son album avec une de ses meilleures chansons... Trois minutes de pur bonheur. Les instruments dont le synthé, la guitare et la mandoline ouvrent "The Flood" dans un esprit orientalisant. Le refrain résonne puissamment, porté par la voix et les choeurs. Le tout finit par s'accélérer au bout de deux minutes, de manière plus dance (presque disco dans la rythmique et la guitare) et complètement inattendue, mais cela apporte une certaine originalité au titre, de manière plutôt positive et l'on retombe sur le refrain avec encore plus de force. "A Happy Place" est caractéristique du nouveau son apporté par l'ensemble de l'album, avec une rythmique forte et des samples parmi lesquels une harpe et un phrasé d'orgue Hammond enivrants. Katie emploie un ton de charmeuse de serpents qui reste dans la continuité de la chanson précédente, et l'on se laisse surprendre par l'effet des choeurs. Le refrain n'aurait pas dénoté sur un album de MUSE. "A Moment of Madness" est le moment rétro de l'album, nous ramenant à l'Amérique du début du siècle dernier, avec son piano électrique, ses cuivres et nous offrant un petit passage de folie douce. Le titre change à un moment pour passer d'un rythme binaire à un ternaire, ce qui reste toujours efficace.

"Red Balloons" se place dès son introduction comme une suite de "I'd Love to Kill You", avec son petit arpège de guitare, ses nappes de claviers (ah ce mellotron) et sa pedal steel vaporeuses. Encore une merveille dans le genre. Les guitares plantent une ambiance quasi western, qui accompagne bien les "hmmm" de la chanteuse. "Tiny Alien" marque un retour à un son plus pop-rock mâtiné de sons électroniques et de notes harmoniques à la guitare. La fin est quasi mystique et très réussie. "No Fear of Heights", l'une des deux chansons écrites entièrement par Katie, avec son petit rythme de guitare et ses nappes, nous projette dans un monde bosselé, de collines ou de dunes au choix, mais avec toujours l'impression de contempler le décor de très haut. "The One I Love is Gone" est la seule reprise de l'album. Une ballade country lancinante de Bill MONROE, le père du bluegrass, bien dans le ton de l'album avec toujours une interprétation idéale, même si l'arrangement en fait celle qui se rapproche le plus du style jazz des premiers albums de Katie.

"Plague of Love" à nouveau dans une tonalité pop, est conduite par un effet de basse + guitare limite agressif, ainsi qu'une rythmique puissante et des sons de cordes qui prennent la place qu'auraient pu occuper les cuivres sur Call Off the Search et Piece By Piece. Très bonne chanson en tout cas. "God On Drums, Devil On the Bass" (seule chanson portant la marque de Mike BATT) sur un tempo plus lent, ressemble à un titre country qu'on aurait entièrement transformé pour ne laisser que la substance mélodique, et que l'on aurait chargé de samples et effets bourdonnants. Katie chante dans un registre plutôt grave et cela lui va plutôt bien. L'arrangement de "Twisted" ne devrait pas renié par un groupe comme U2. La chanson possède un refrain particulièrement efficace et ce titre finit de nous convaincre que la reconversion de Katie est une réussite totale. Enfin "The House", seconde chanson écrite entièrement par la chanteuse, est sans doute la plus marquante de toutes, avec toujours cette alliage guitares-nappes fabuleux, mais avec ici en plus des montées en puissance du plus bel effet, nous amène à venir nous perdre dans un décor aux tons crépusculaires, à l'image de l'artwork. Un final magnifique...

Et à vrai dire, si dans le "pire" des cas on a du mal avec ce son et que l'on arrive à se frayer un chemin parmi l'avalanche d'artifices que nous offre cet album - et ce même si Arden HART et le producteur William ORBIT ont fait un excellent travail -, il n'est pas incongru de le ressentir ainsi, un grand album, fidèle à la musique très mélodique et ambiancée que Katie magnifie encore plus avec sa voix et son talent d'interprète. Même si l'ensemble mérite les félicitations pour sa totalité, il convient de saluer la volonté de remaniement total du son et le renouveau aussi parfaitement assumé que réussi. Katie, accompagnée de ses musiciens habituels (dont trois d'entre eux, Luke POTASHNICK, Tim HARRIES et HENRY SPINETTI l'accompagnent aussi en live), nous livre un album magnifique et très original, qui s'offre le luxe de compter en plus quatre des meilleures chansons de la carrière de la belle, parmi lesquelles les deux qu'elle a écrites entièrement ("No Fear of Heights" et "The House", avec "Red Balloons" et "I'd Love to Kill You").

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   MARCO STIVELL

 
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- Katie Melua (chant, guitares, choeurs)
- Henry Spinetti (batterie)
- Luke Potashnick (guitares)
- Steve Donnelly (guitares)
- Tim Harries (basse, piano)
- Arden Hart (claviers, programmations)
- Bj Cole (pedal steel guitare)
- Dominic Miller (guitare)
- Jim Watson (piano)
- Keith Brazil (batterie)
- Paul Stanborough (mandoline)
- Fergus Gerrand (batterie)
- William Orbit (kalimba)
- Le Royal Philharmonic Orchestra Arrangé


1. I'd Love To Kill You
2. The Flood
3. A Happy Place
4. A Moment Of Madness
5. Red Balloons
6. Tiny Alien
7. No Fear Of Heights
8. The One I Love Is Gone
9. Plague Of Love
10. God On Drums, Devil On The Bass
11. Twisted
12. The House



             



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