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GENTLE GIANT - The Power And The Glory (1974)
Par JOVIAL le 14 Octobre 2010          Consultée 2260 fois

Il est bien souvent aussi difficile de chroniquer un album de GENTLE GIANT qu’il est plaisant de l’écouter. Cette musique est tellement riche qu’on a toujours peur de la résumer ou au contraire de s’étaler beaucoup trop dessus. Autre difficulté, la crainte de répéter les mêmes choses pour chaque album. En effet, en y réfléchissant bien, tous les albums du groupe anglais, ou du moins jusqu’en 1975, sont tous construits de la même façon : des compositions alambiquées, où s’entrecroisent brillamment plus d’une quinzaine d’instruments différents ainsi que de nombreuses références à des styles allant de la musique baroque au hard rock, en passant par la musique ethnique et la musique Moyen-âge. Les mélodies s’emmêlent les unes autour des autres, avec une classe et une habileté inégalée, tandis que le groupe se moque des conventions ou de savoir si sa musique est accessible ou non. Mais, pour une inexplicable raison dont seuls les musiciens en connaissent le secret, aucun des albums du Doux Géant ne se ressemble. Chacun possède sa propre humeur, ses propres sonorités et une façon bien distincte d’approcher sa musique, qui fait de la discographie du groupe anglais une palette riche en couleurs et en saveurs. The Power and the Glory n’échappe pas à cette règle, même si c’est avec lui que GENTLE GIANT va commencer à redescendre de son nuage progressif pour s’orienter petit à petit vers un fin de carrière plutôt moyenne, comparée aux chefs d’œuvres pondus entre 1970 et 1975, le fameux Octopus en tête.

À l’époque où sort The Power and the Glory, GENTLE GIANT vient, contre toute attente, de cartonner aux USA, grâce à son précédent album, In the Glass House. Le groupe décide d’emprunter le même sentier tracé par sa dernière œuvre, tout en réactualisant sa musique, comme à son habitude. Ce qui frappe en premier lieu, c’est la puissance musicale qui se dégage de cet album, que symbolise finalement assez bien cette hideuse pochette. Le groupe a opté pour des morceaux très tranchants, d’une efficacité ravageuse : « Proclamation », fantastique montée en puissance d’une inquiétante folie, « Cogs in Cogs », plus terre-à-terre et pourtant très complexe, où Kerry Minnear aux claviers effectue un travail hallucinant, et enfin « The Face », foire médiévale déjantée, ponctuée par un solo de violon complètement barré. « Proclamation », nouveau classique de GENTLE GIANT, nous propose LA mélodie, parfaite et magistrale, que le groupe reprend sur « Valedictory », histoire d’achever encore plus son auditeur en fin de disque.

L’influence médiévale reste très présente sur The Power and the Glory. J’ai déjà parlé de « The Face » plus haut, mais il faudrait surtout citer « Playing the Game », sublime et original en tout point. GENTLE GIANT y multiplie les ambiances, donnant naissance à un morceau dense et varié, prenant jusqu’au bout, même si son passage instrumental pourra surprendre au premier abord de part son décalage. « No God’s a Man » s’inscrit dans le même style, mais reste une déception. Malgré une mélodie très réussie, les couplets chantés sont réellement ratés, ou en tous cas trop fouillis à mon goût. En essayant de rééditer une performance similaire à « Knots », sortie deux ans auparavant, le groupe se perd quelque peu, et montre pour la première fois ses limites. Avec « So Sincere », GENTLE GIANT introduit quelques sonorités pop dans sa musique. Pour ma part, cela passe assez difficilement, « So Sincere » agace profondément par sa lenteur et sa monotonie. Heureusement vient s'immiscer juste après l‘étonnant « Aspirations », musique de chambre moderniste et émouvante, reposant sur un parfait duo chant/claviers, du plus bel effet.

The Power and the Glory est indubitablement un des albums les plus complexes du groupe anglais, sans pour autant être le moins accessible. Assez intimiste, il me rappelle un peu Three Friends. Malgré quelques défauts, il comporte de très grands moments (« Proclamation », « Cogs in Cogs », « Playing the Game ») qui peuvent rivaliser sans problème avec les compositions les plus anciennes du groupe. Ce dernier n’a d’ailleurs rien perdu de sa folie créatrice, mais montre qu’il a parfois quelques difficultés à la canaliser dans le bon sens, « So Sincere », tentative infructueuse d’un mariage audacieux entre pop et rock progressif, le prouve ici. Un très bon album cependant, que j’écoute personnellement toujours avec beaucoup de plaisir.

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- Derek Shulman (chant/saxophones)
- Ray Shulman (basse/violon/chant)
- Kerry Minnear (claviers/violoncelle/chant)
- Gary Green (guitares)
- John Weathers (batterie/percussions/chant)


1. Proclamation
2. So Sincere
3. Aspirations
4. Playing The Game
5. Cogs In Cogs
6. No God's A Man
7. The Face
8. Valedictory



             



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