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MARILLION - Script For A Jester's Tear (1983)
Par JOVIAL le 28 Juillet 2010          Consultée 5584 fois

Nous sommes en 1979 après Jésus-Christ, le rock progressif est quasiment mort, écrasé par les légions punk et heavy métal… Mort ? Non ! Car la relève est déjà là, résistant encore et toujours à la tentation de la simplicité musicale ambiante. À la tête de ce fabuleux renouveau, un seul groupe, MARILLION. Je passe rapidement sur l’histoire primitive du groupe, les incessants changements de line-up, les premiers singles, l’affaire Grendel et la comparaison avec Genesis pour rentrer tout de suite dans le vif du sujet, le premier album, Script for a Jester’s Tear. Sorti en 1983, il a depuis atteint le statut d’album culte, car il a non seulement ressuscité un style que l’on croyait disparu, mais également ouvert la voie à une pléiade d’autres groupes, se regroupant sous la bannière d’un genre nouveau, le néo-prog.

Le statut d’album culte est aisé à donner. Un nouveau style, une nouvelle trouvaille, une controverse, une pochette originale ou un grand succès suffisent habituellement pour coller à n’importe quel disque cette étiquette, qui n’a finalement pas beaucoup de sens. Cependant, il est plus que mérité ici. Car ce qui se cache derrière cette magnifique pochette n’est pas qu’un simple coup d’essai, c’est un coup de maître. En témoigne le morceau éponyme, la splendide pièce progressive de l’album, où tout est déjà dit. Morceau le plus émouvant de l’album, il s’agit d’un véritable bijou. Chant théâtral et éthéré, symbiose parfaite entre claviers classieux et arpèges claires, soli grandiose d’un Steve Rothery déjà très inspiré, misant son jeu non sur l’efficacité mais sur l’émotion. Le groupe réussit à forger son propre style, par un subtil mélange des diverses influences de ses aînés : Fish emprunte autant à Peter Gabriel qu’à Peter Hammill, Steve Rothery tient du David Gilmour et Pete Trewavas de Chris Squire. L’influence de Genesis est évidente, mais le groupe modernise ses sonorités, surtout au niveau des claviers, et choisit d’écrire des morceaux finalement beaucoup moins complexes.

"He Knows You Know", plus incisive et plus conventionnelle, et "Chelsea Monday", mélancolique à souhait, montre également que le groupe sait varier ses compositions, et montre tout son potentiel dans le domaine mélodique. "The Web", malgré une introduction un peu lourde, reste ma chanson préférée de l’album, sur laquelle Rothery réalise sans doute le meilleur solo de toute sa carrière.
Trewavas reste un bassiste talentueux (écoutez donc sa ligne de basse sur "Chelsea Monday") mais la qualité de son matériel laisse encore à désirer. On termine enfin l’album sur la satire "Garden Party", que je trouve toujours un peu poussive, et la meilleure chanson de MARILLION, "Forgotten Sons". Bien plus enjouée que les autres compositions, elle tranche avec le reste de l’album par la fureur de ses textes et de son ambiance.

Si Fish manque encore un peu d’expérience, il impressionne par la qualité de son chant et la poésie de ses textes, malgré des thèmes peu engageants au départ : la guerre d’Irlande ("Forgotten Sons"), l’addiction à la drogue ("He Knows You Know"), l’amour perdu ("Script for a Jester’s Tear"). Métaphores, jeu de mots, effets de style et allusions mythologiques m’oblige à donner un autre titre au sieur Fish, celui de poète. Il se crée d’ailleurs son propre personnage, celui du Bouffon (« Jester » en anglais), visible sur la pochette, représentant l’artiste/interprète solitaire et asociable, prépondérant dans l'album.

Les seuls petits défauts de l’album seraient la qualité du son, qui a malheureusement assez mal vieilli, et la difficulté apparente du batteur, Mick Pointer, à savoir s’accorder sur les autres musiciens. Bien que cela ne soit pas encore aussi catastrophique que sur le live The Recital of The Script, la lourdeur et la pauvreté de son jeu fragilisent les fondations de certains morceaux de l’album, en particulier "Chelsea Monday" et "Forgotten Sons". Membre fondateur du groupe, il sera finalement (et heureusement) viré sans concession 3 mois plus tard.

1983, MARILLION sort donc son premier chef d’œuvre, qui malgré quelques défauts, reste un des meilleurs disques du rock progressif des années 80, que Fugazi, son successeur, surpassera largement.
1983, un grand groupe était né.

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   (2 chroniques)



- Fish (chant)
- Steve Rothery (guitare)
- Pete Trewavas (basse)
- Mark Kelly (guitare)
- Mick Pointer (batterie)


1. Script For A Jester's Tear
2. He Knows You Know
3. The Web
4. Garden Party
5. Chelsea Monday
6. Forgotten Sons



             



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