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FUNK/ROCK DISCO ET JAZZY  |  STUDIO

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JAMIROQUAI - Rock Dust Light Star (2010)
Par DARK PANDA le 19 Avril 2011          Consultée 4167 fois

On n'y croyait plus. Cinq ans que Jay Kay, charismatique leader de Jamiroquai, n’avait pas sorti d’album studio avec son groupe. En 2005, Dynamite s’était mal vendu. Rock Dust Light Star, dans les bacs depuis fin 2010, a donc pris son temps. Sûrement pour se permettre de succéder avec éclat à la précédente galette. Le résultat ? « Pas si mauvais », comme dirait l’oscarisé Christoph Waltz dans « Inglourious Basterds ». Dès les premières sonorités, Jamiroquai met la banane et oblige le corps à convulser frénétiquement, emporté qu’il est par de ravageurs rythmes disco, funk, jazz et rock. Jay Kay et sa bande savent donc toujours y faire. Un constat d’autant plus rassurant que le groupe semble le seul aujourd’hui – parmi les « bankable » - à croire encore au disco et au funk. Aussi le seul à les rendre si créatifs, polyvalents et populaires.

Rock Dust Light Star débute d’ailleurs sur les chapeaux de roue. Les trois premiers morceaux révèlent des tubes en puissance : la pièce éponyme tout d’abord, bijou de rock héroïsé par les merveilleux accords d’une guitare électrique. Omniprésent, l’instrument à cordes brode des nappes de notes satinées avant de finir sur un solo ravageur. « White Knuckle Ride », le second titre, balance aux oreilles une musique disco-funk tout droit tirée des années 80. Guitare délicieusement funky, vagues vibrantes de synthétiseur, chant planant manipulé par l’électronique. Il ne manque plus que les cuivres, pour parfaire ce voyage « vintage » vers les « Eighties ». Par bonheur, ils surgissent sur « Smoke and Mirrors », le troisième morceau de l’album. Un saxophone jazzy vole la vedette aux guitares et couche quelques prouesses magiques sur une musique funky au possible.

Le décor est planté, Jamiroquai marie les genres avec une intacte virtuosité. Les compositions semblent à la fois désuètes dans leur style suranné, et ultramodernes dans la force de leurs mélodies et la finesse de leur production. Une finesse que l’on retrouve tout au long de la galette, par exemple sur « Hurtin’ » : chaque bruissement d’instrument résonne avec relief et limpidité, du pincement de guitare subtil à la charge soudaine de batterie, en passant par l’écho lointain de mains applaudissant dans un rythme gospel. Cet habile et délicat travail de production sert avec pertinence l’art de Jamiroquai, qui joue justement sur la diversité des styles et la précision chirurgicale de son instrumentation, donc de ses sonorités.

Mais Rock Dust Light Star n’est pas tout beau tout rose. Ou plutôt, il n’a rien d’exceptionnel. Oui, Jay Kay tient une forme olympique et le prouve par son chant magistral, toujours impeccable de génie et de lyrisme. Oui, les atmosphères tissées sur l’album sont souvent riches et dantesques. Mais l’album n’offre finalement aucun tube légendaire, à l’image de « Canned Heat », « Cosmic Girl » ou encore « Virtual Insanity ». De même, on n’y retrouve pas la gravité dramatique d’un « King for a Day » ou la fureur d’un « Supersonic ». On y est presque pourtant : « Blue Skies » détient un réel pouvoir mélancolique, mais finit légèrement gâchée par une orchestration symphonique un peu trop appuyée. Trop « world music », trop aseptisée. Pareil sur « She’s a Fast Persuader ». On reconnaît durant quelques minutes la niaque d’antant à travers les notes frénétiques et binaires d’une guitare électrique, un air de saxo envoûté et la voix scintillante du chanteur. Mais une nouvelle fois, la fin du morceau semble pêcher par manque de créativité et s’essouffle maladroitement.
Rien de bien grave en vérité, puisque Rock Dust Light Star se compose essentiellement de très bons titres. Voir de titres sublimes comme « White Knuckle Ride », « Smoke and Mirrors » ou encore « Hurtin’ ». « Hey Floyd », à l’inverse de « Blue Skies », prouve quant à lui que Jamiroquai sait aussi réaliser des orchestrations symphoniques flamboyantes et irréprochables. Autre atout de ce morceau, sa rythmique reggae aussi surprenante que délicieuse. Jamiroquai entrouvre la porte de ce genre sur deux titres, à la fin de son album : sous la forme d’un voyage intersidéral et presque dub dans « Goodbye to My Dancer », d’un crescendo épisodique et halluciné sur « Hey Floyd ».

Rock Dust Light Star se doit donc d’être écouté, ne serait-ce que pour l’alchimie sublime des genres et des couleurs qu’il arrive à créer. Comme d’habitude, Jamiroquai impose son style si particulier, astucieux mélange de rock, de jazz, de disco et de funk. Ses paysages aussi : le groupe reste dépositaire d’une musique assez dense et travaillée pour permettre à l’auditeur de construire ses propres images mentales du disque. On peut d’ailleurs se rendre compte à quel point la tâche de Jay Kay et Cie semble complexe. Car évoluer, se renouveler et conserver son excellence dans un genre aussi riche et insaisissable n’est pas chose facile. Pour son septième album studio, Jamiroquai réussit à rester dans le flow sans se noyer. L’album paraît certes un peu policé mais regorge d’hymnes enivrants, à la musicalité éblouissante d’adresse et d’enthousiasme. Et c’est en fin de compte ce qu’il faut retenir de cette galette : elle met immanquablement le sourire et ordonne au corps de danser. Un succès hautement prestigieux pour une musique qui, plus que simplement dansante, se veut aussi technique et rigoureuse dans l’élaboration de ses compositions, ses émotions. Jamiroquai semble encore en avoir à revendre. Espérons donc que le successeur de Rock Dust Light Star ne mette pas une nouvelle fois cinq ans à venir.

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   DARK PANDA

 
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- Jay Kay (chant)
- Derrick Mckenzie (batterie)
- Sola Akingbola (percussions)
- Rob Harris (guitare)
- Matt Johnson (claviers)
- Paul Turner (basse)
- Hazel Fernandez Et Valerie Etienne (choeurs)
- James Russell (saxophone, flûte)
- Jim Corry (saxophone)
- Malcolm Strachan (trompette, bugle)


1. Rock Dust Light Star
2. White Knuckle Ride
3. Smoke And Mirrors
4. All Good In The Hood
5. Hurtin'
6. Blue Skies
7. Lifeline
8. She's A Fast Persuader
9. Two Completely Different Things
10. Goodbye To My Dancer
11. Never Gonna Be Another
12. Hey Floyd



             



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