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NINE INCH NAILS - Broken (1992)
Par UDUFRU le 5 Février 2005          Consultée 6131 fois

Près de trois ans se sont écoulés depuis « Pretty Hate Machine » sans que Trent Reznor n’ait accouché de halo véritablement intéressant ; tout au plus quelques singles dont l’unique intérêt est de comporter une foule de remix plus ou moins dispensables. Le public underground s’impatiente de la sortie d’un nouvel album (et il n’a pas fini, le pauvre !) mais il est loin de s’attendre à ce halo 5 qui marque un tournant décisif dans le monde de l’indus. « Broken » n’est peut-être qu’un EP, mais il en a dans le ventre, le coquin !

NIN nous offre ici son premier digipak, format qui deviendra l’une des traditions du groupe. Léchée par des flammes sur lesquelles s’étale un N gigantesque, la pochette en trois volets se veut à l’image du contenu musical : violente, sans aucune fioriture.

C’est ce qu’on constate après « Pinion », une courte intro en fade-in au riff unique et entêtant. « Wish » déboule dans nos esgourdes avec un rythme rappelant le tic-tac d’un engin explosif, et c’est bien ce qu’il est ! Si ce n’était la voix de Trent Reznor, toujours aussi sexy, on croirait que le monde s’est écroulé sept fois depuis « Pretty Hate Machine ». En effet, c’en est fini des vieux synthés, des mauvaises boîtes à rythmes et autres mélodies minimalistes à la DEPECHE MODE. La base est toujours électronique, certes, mais d’où sort ce gros son de guitare ultra-saturé qui vient s’emparer de tout l’espace sonore lors du refrain ? Et ce chant brutal, qui crie, qui pleure, qui crache « Last » ? On sent bien que Reznor est derrière tout ça, mais que lui est-il arrivé en trois ans pour vomir autant de haine ? Et depuis quand la musique de NIN donne-t-elle envie de danser comme un pantin désarticulé habité par le démon ?

L’apothéose de la violence et du génie sont atteints du même coup avec « Happiness in Slavery », titre plutôt évocateur pour des paroles qui peuvent être interprétées de diverses manières, et qui sont, à mon sens, les meilleures jamais écrites par le maître incontesté de l’indus. Dans une profusion de rythmes mécaniques et de riffs puissants, la voix de Reznor, distordue au possible, hurle à la manière de l’esclave de son texte. Elle hurle la douleur d’être l’infime particule d’un système tentaculaire (« the big broken machine ») qui l’avilie au quotidien mais dont il ne peut s’arracher. Son interprétation est, comme à l’accoutumée, vibrante de perfection et hausse indubitablement ce titre sur le podium de la musique industrielle.

Ce CD révolutionnaire contient 99 pistes, mais au-delà de la sixième, il faut appuyer 92 fois sur « next » pour trouver les deux pistes cachées qui terminent en beauté cette ode à la brutalité. Et, parce que c’est une coutume pour cette formation, ces titres sont plutôt… comment dire… osés ? érotiques ? pornographiques ??? Oui, on peut dire ça comme ça ! « Physical » est une reprise de ADAM ANT parfaitement remaniée à la sauce industrielle. Quant à « Suck »… ehoh ne me regardez pas comme ça !!!

Il faut se rendre à l’évidence : après un stade larvaire représenté par le halo 2, NIN s’est enfermé dans un cocon, et c’est un papillon de nuit particulièrement noir qui en est ressorti avec ce cinquième opus. Il suffit de dégotter le film « Broken » pour s’en convaincre : ce court-métrage, quasiment introuvable étant donné la polémique qu’il a fait naître autour du groupe, n’est rien de moins qu’un snuff-movie particulièrement réaliste dans lequel sont insérés les clips « officiels » de l’EP, tous plus gores et excellents les uns que les autres (mentions spéciales pour « Pinion », « Help me I am in Hell » et l’inénarrable « Happiness in Slavery »). Des clips à l’image de ce disque, bouillonnant, perturbant, très sombre. Un nouveau départ pour l’indus, et pour NIN, qui n’a pas fini d’innover en la matière… Suite au prochain épisode.

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- Trent Reznor (tout)
- Chris Vrenna (batterie sur "gave up)
- Martin Atkins (batterie sur "wish")


1. Pinion
2. Wish
3. Last
4. Help Me I Am In Hell
5. Happiness In Slavery
6. Gave Up
7. Physical
8. Suck



             



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