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QUICKSILVER MESSENGER SERVICE - Happy Trails (1969)
Par TOMTOM le 14 Mars 2012          Consultée 1771 fois

QUICKSILVER MESSENGER SERVICE (QMS) est l’un de ces groupes que l’on se plait à garder secret, à écouter jalousement par une nuit étoilée dans l’intimité que peut conférer le craquement de l’aiguille sur la galette noire. Je n’ai jamais été un ardent défenseur de la cause du vinyle. Mais force est de constater que QMS est l’un de ces groupes qu’on ne peut se permettre d’écouter dans le métro. Et de fait, au-delà du son déployé par le sillon tant aimé, se passer de l’emballage original de 1969 occulterait une grande part de la mythologie déployée autour d’Happy Trails.

Passons sur le magnifique pony express, Stetson au vent, peinturluré sur le recto pour se concentrer directement sur le verso. Tour de force semblant sortir tout droit des années d’avant-guerre, le carré Hermès (« Quicksilver » en français, et oui) figure nos quatre héros en demi-dieux défiant l’espace et le temps, faisant se rencontrer l’ouest américain, la mythologie grecque et l’onirisme hippie, l’espace, la côte ouest et sa consœur de l’est (la Coit Tower de San Francisco contre la Statue de la Liberté). Et puis ce graphisme monumental laisse peu à peu place à la track list de l’album : « Who Do You Love », découpée en six, dure vingt-cinq minutes et vingt-deux secondes. La version originale de Bo DIDDLEY, sortie en 1957, n’affichait que deux minutes et vingt-cinq secondes. Excès inverse, le final « Happy Trails » est bouclé en quarante sept secondes. Quand je vous parlais de dilatation de l’espace-temps…

Bo DIDDLEY était alors, des STONES aux DOORS, le héros de toute une génération de musiciens et l’interprétation de ses morceaux un prétexte à de longues improvisations plus ou moins contrôlées. Révérence absolue, QMS lui consacre pas moins d’une demi-heure («Who Do You Love » et « Mona ») puisée dans divers concerts donné aux Fillmore au cours de l’année 1968. Et quel hommage ! John CIPOLLINA et Gary DUNCAN ont établi un jeu de scène à deux guitares terriblement efficace et vicieux, déployant un volume phénoménal et des parties solistes dantesques. Il est aisé de distinguer les deux compères : DUNCAN se fend de la variation « When You Love » ciselée comme un diamant. CIPOLLINA, lui, enfile ses notes comme des perles sur « How You Love ». On retrouve même David FREIBERG se permettant un solo de basse sur « Which Do You Love ». La chanson déroule les genres au gré de l’improvisation des musiciens : rock n’ roll, blues, hard rock, mélodies hispaniques, psyché pur et dur…

Même principe du jam à la folie cosmique sur le ralenti « Mona », de plus magnifiquement chantée. Et l’ahurissante SG de l’éleveur de loup CIPO miaule de plus belle, tranche l’atmosphère de ses cris stridents avant l’explosion inquiétante de « Maiden Of The Cancer Moon ». Furieuse paire, un fracas d’effluves guitaristiques comme on en avait alors rarement entendu. Sur scène, et cet album en est la preuve après la douloureuse expérience studio, QMS était imbattable à tout niveau. Et puis il restera de cette nuit de novembre 1968 un instrumental tortueux, éminemment mélodique et infernal, ce« Calvary » enregistré « live » en studio à grand renfort de LSD et qui évolue sans aucune limite au gré des délires de chacun pour un rendu proprement hallucinant. L’ultime effort du maître d’orchestre DUNCAN avant son départ du groupe quelques mois plus tard.

Disque des superlatifs, chef d’œuvre psychédélique où les quatre protagonistes au sommet de leur art n’ont pas eu le temps de s’écouter jouer, Happy Trails reste l’expérience épique ultime offerte par le Frisco de la fin des sixties, planant à des années lumières au dessus de la concurrence. Grand, si vous ne l’avez pas encore compris.

Note : mon envolée initiale sur le vinyle était loin d’être une coquetterie. Car le pressage CD est loin d’être à la hauteur de l’enregistrement initial, et surtout pas le « Remaster 2011 » dont la bande saute au début de « Mona ». Préférez donc l’original (le français, celui au fond bleu). La réédition CD par Repertoire est un moindre mal.

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   (2 chroniques)



- John Cipollina (guitare, chant)
- Gary Duncan (guitare, chant)
- David Freiberg (basse, chant)
- Greg Elmore (batterie)


1. Who Do You Love-part 1
2. When You Love
3. Where You Love
4. How You Love
5. Which Do You Love
6. Who Do You Love-part 2
7. Mona
8. Maiden Of The Cancer Moon
9. Calvary
10. Happy Trails



             



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