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Nils Petter MOLVAER - Baboon Moon (2011)
Par STREETCLEANER le 16 Janvier 2012          Consultée 2504 fois

Baboon Moon va faire office de petit électrochoc auprès du public de Nils Petter Molvaer. Baboon Moon ne constituera toutefois pas une démarche totalement surprenante de la part de l'auteur des très réputés Khmer (1997) et Solid Ether (2000). Le Norvégien s'entoure d'un nouveau line-up... et en profite pour s'aventurer bien plus loin dans les terres du rock. La cassure est relativement franche avec le dernier Hamada (2009), un opus alors plutôt tranquille et aux colorations ambiantes. Baboon Moon est d'ailleurs tellement rock qu'on aurait bien du mal à le classer au rayon jazz sans une petite appréhension. En tout cas, le trompettiste ne se répète pas et continue toujours à croire en une démarche novatrice et expérimentale; Cet état d'esprit reste courageux. Au public de suivre...

"Mercury Heart" fait office d'introduction quasi naturelle chez Molvaer. Les successions d'harmoniques suggèrent encore une fois une entrée dans un décor grandiose ou majestueux alors que le timbre de la trompette côtoie parfois celui créé par le célèbre Jon Hassell dans l'évocation de ses peintures tribales (fourth world, vol. 1: possible musics). "A Small Realm" capture la sensibilité d'un "Kakonita" (Solid Ether), prouvant que Molvaer possède toujours un incroyable talent pour distiller des émotions à fleur de peau. L'atmosphère mélancolique, et légère, pourra facilement emporter l'auditeur en slow motion au-dessus d'une mégapole éclairée au beau milieu de la nuit, bruits urbains coupés. C'est tout simplement beau et touchant, la profondeur sonore de la trompette de Molvaer, flottant dans une légère réverbération, est magnifique de pureté.

Si la batterie servait dans "Mercury Heart" à souligner les traits ethniques de l'épure, "Recoil", au riff salement cru de la basse, simple mais efficace, tranche bien plus nettement et fait figure de vrai tourbillon rock, rageur et progressif, comme si le Norvégien s'était acoquiné librement avec le rock raw et intense de GRINDERMAN. Particulièrement réussi, surtout lorque Molvaer pousse sa trompette dans ses derniers retranchements, dans un long cri strident et plein de souffrance. La fin de "Recoil", ou le passage déglingué et post-punk de "Bloodline", tel un obscur nuage noir qui passerait dans un ciel plutôt dégagé, seront d'ailleurs plus prompts à évoquer les enfers que la jolie vision nocturne de "A Small Realm" ou de "Coded", alors que la lourdeur, et la guitare pleine de grésillements de "Sleep With Echoes", assommeront littéralement l'auditeur peu habitué aux contrées d'un rock lourd et sale. Neil Young, père fondateur du grunge, ne l'aurait probablement pas renié.

Après la parenthèse atmosphérique, légèrement spectrale ou fantomatique de "Blue Fandango", le retour au calme se poursuit sur le superbe et ambient "Prince of Calm", à la douceur électronique, un morceau qui porte bien son nom. L'album s'achève sur le titre éponyme qui semble s'ouvrir sur un décor magnifique que la brume laisse peu à peu entrevoir. La batterie au jeu post-punk/indus compose avec la trompette presque suave, et aérienne, de Molvaer, des riffs à la saveur industrielle et des choeurs célestes. "Baboon Moon" dresse ainsi une grande fresque envoûtante, dans laquelle on est invité à parcourir des paysages imaginaires. Le pouvoir d'évocation de ce titre est évident.

Baboon Moon est un album osé de la part de Nils Petter Molvaer. Osé mais terriblement réussi. Assis sur plusieurs chaises musicales, Baboon Moon est, il est vrai, un ovni difficile à identifier. Rock/post-rock ? Oui. Jazz ? Oui, quand même, mais probablement plus post-jazz. Ambient ? Aussi, ou largement atmosphérique tout du moins. Mais l'alliance du rock (du post-rock) sans concession, du jazz et de l'ambient fonctionne à merveille et tout s'intègre parfaitement sans que rien ne détonne. Baboon Moon est un grand cru. Le Norvégien ne joue assurément pas la carte de la facilité et ce dernier album s'adresse encore à un public large d'esprit et aux goûts multiples.

Hautement recommandé !

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   STREETCLEANER

 
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- Nils Petter Molvær (compositions, trompettes, loops, basse, voix)
- Stian Westerhus (compositions, guitares, synthés, percussions, voix)
- Erland Dahlen (compositions, batterie, percussions, voix)
- Susanne Sundfør (voix sur baboon moon)


1. Mercury Heart
2. A Small Realm
3. Recoil
4. Bloodline
5. Sleep With Echoes
6. Blue Fandango
7. Prince Of Calm
8. Coded
9. Baboon Moon



             



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