Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK  |  STUDIO

Commentaires (6)
Questions / Réponses (3 / 6)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : U2, The Silencers
- Membre : Big Country
 

 Simple Minds (1410)

SIMPLE MINDS - Street Fighting Years (1989)
Par MARCO STIVELL le 15 Janvier 2011          Consultée 4885 fois

Lorsque SIMPLE MINDS publie Street Fighting Years en 1989, le groupe est toujours dans sa période la plus faste (1985-1992) et entre deux tournées de stades, offre l'un de ses disques-phares, l'un des plus emblématiques, assurément l'un des plus réussis. Les pères fondateurs Jim Kerr et Charles Burchill peuvent être réellement fier de leur neuvième bébé, tant il représente ce que l'on pouvait faire de mieux dans les années 80, même si cette musique alors moderne s'accoquinait ici avec une culture à tendance world : n'oublions pas que les SIMPLE MINDS sont écossais de souche, ce qui signifie des éléments celtiques.

J'en vois déjà défaillir rien qu'à la lecture de ces mots. Mais vous savez, c'est un peu comme pour U2. Ces derniers sont irlandais, et même en ayant choisi de ne pas inclure de cornemuse ou de violon (sauf sur "Sunday Bloody Sunday") dans leur formation, il ne peuvent pas se débarrasser facilement de cette culture dans laquelle ils ont baigné comme tous les irlandais, et ça se sent dans la plupart de leurs mélodies. Les SIMPLE MINDS, c'est exactement la même chose, mis à part qu'eux ils n'hésitent pas à mettre leurs origines en avant, et particulièrement sur Street Fighting Years. On y reviendra.

Pour l'heure, concentrons-nous sur la majeure partie du disque qui est composée d'un puissant pop-rock eighties. Cela signifie donc réverb' à tout va, batterie de circonstance, idem pour les claviers... En plus, le disque est produit par Monsieur Trevor Horn, THE producteur de l'époque qui transformait et transforme en or tout ce qu'il touchait (rappelez-vous, Frankie Goes to Hollywood, Art of Noise, Seal, Paul McCartney... "Video Killed the Radio Star"...) Et touche encore... C'est pour cela que Street Fighting Years est si remarquablement "enrobé", je ne parle pas de l'embonpoint mais de la "peau" de la musique. Ces guitares en son clean, ces claviers fantastiques et la prise de voix toute aussi remarquable... Horn, mais aussi bien sûr Jim Kerr, Charles Burchill, Michael Macneill et toute leur équipe de fins musiciens (John Giblin, Manu Katché...) ont vraiment réalisé un travail fabuleux.

Pas une seule chanson originale de l'album n'est à traiter avec plus de condescendance que les autres. "Soul Crying Out" et "Street Fighting Years" (introduite par une... contrebasse) sont superbes, avec des gimmicks de guitares et de claviers épatants, idem pour le rock péchu de "Wall of Love", ou encore le nuancé "This is your Land". Les mélodies sont belles (comprenant des thèmes parfois héroïques), franchement réussies, simples mais efficaces. Jim Kerr les survole de sa voix grave et profonde avec légèreté. A noter que certaines de ces chansons possèdent des développements et codas très intéressants comme la partie finale de "This is your Land" (hmm cette batterie triggée), ou celle de "Street Fighting Years", étirant ces chansons en termes de durée. Les détracteurs du groupe peuvent toujours dire qu'ils font du commercial après cela.

Mais le meilleur de Street Fighting Years réside dans sa seconde partie, et c'est surtout dû aux claviers. "Let it all Come Down" nous fait rêver avec ses nappes enchanteresses. Puis on rencontre les deux chansons aux textes engagés, "Mandela Day" et "Belfast Child", deux titres-phares de la carrière des SIMPLE MINDS. Le premier est, comme l'on s'y attend avec un tel titre, une vision acerbe de l'apartheid qui minait l'Afrique du Sud depuis des décennies (mais qui n'allait pas tarder à prendre fin). Le tout est dit sur le ton d'une marche mais façon années 80, avec trois accords "ouverts" (et beaux surtout) qui se répètent, ainsi qu'un refrain imparable. On retrouve ce même thème textuel dans la reprise du "Biko" de Peter Gabriel, plus orientée new-wave mais assez fidèle à la structure d'origine, enfin dotée de séquences d'un très bon goût. "Belfast Child" ensuite, dont le contexte est, avant même d'avoir écouté, aussi facile à saisir que pour "Mandela Day" : les affrontements pour cause religieuse en Irlande du Nord. Pour cette chanson, les SIMPLE MINDS ont pioché dans le répertoire traditionnel irlandais pour en extraire l'une des plus belles ballades, à savoir "She Moved Through the Fair". Le texte est différent mais le thème musical, joué de manière sublime par les synthés reste tout à fait similaire, ainsi que la mélodie vocale. Une vraie perle. Et puisqu'on est dans le domaine celtique, terminons en beauté avec un instrumental court mais qui fait la part belle à la cornemuse. "When Spirits Rise", une fin optimiste.

Bien que je ne connaisse parfaitement que cet album-là parmi toute la discographie du groupe, il m'est très difficile de comprendre après chaque réécoute pourquoi les gens trouvent ce groupe surcoté. Peut-être est-ce l'influence celtique, étant donné que c'est encore classé "musique folklorique", elle est encore vue comme une musique de péquenauds juste bons à danser la gigue pieds nus, ou avec des cornemuses ayant pour simple effet de faire bourdonner les oreilles. Pourtant les amateurs des SIMPLE MINDS étant des personnes attirées par le pop-rock mélodique, il convient de rappeler que ce genre doit une grande partie de son essence au celtique (le rock étant lui-même initialement un mélange de blues et de country, cette dernière descendant directement du folk irlandais, comme le monde est petit). Et les SIMPLE MINDS ne s'en cachent pas, la preuve... Enfin un groupe qui a un succès mondial et qui assume cette partie-là de ses origines ! Pas étonnant que Jim Kerr soit un bon copain du breton Alan Stivell. Enfin bref Street Fighting Years, déjà excellent à écouter, figure sans conteste parmi les plus beaux fleurons du genre, un des derniers chefs-d'oeuvre de cette grande décennie qu'ont été les années 80.

A lire aussi en ROCK par MARCO STIVELL :


GENERALS
Another Way To See (1989)
Post-punk/pop/hard-rock made in Provence




REM
Chronic Town (1982)
Point de départ d'une faste carrière


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
   ARP2600

 
   (2 chroniques)



- Jim Kerr (chant)
- Charles Burchill (guitares acoustiques et électriques)
- Michael Macneil (piano, accordéon, claviers électroniques)
- Mel Gaynor (batterie)
- Manu Katché (batterie)
- John Giblin (basse)
- Stephen Lipson (basse)
- Lisa Germano (violon)


1. Street Fighting Years
2. Soul Crying Out
3. Wall Of Love
4. This Is Your Land
5. Take A Step Back
6. Kick It In
7. Let It All Come Down
8. Mandela Day
9. Belfast Child
10. Biko
11. When Spirits Rise



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod