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GWENNYN - Kan An Tevenn (2011)
Par MARCO STIVELL le 21 Janvier 2012          Consultée 1733 fois

On avait espéré en 2010 un album fêtant les 10 années (déjà !) de carrière pour GWENNYN, finalement celui-ci aura nécessité plus de temps, et le voici le voilà en cette fin d'année 2011. Kan an Tevenn, le chant des dunes, de quoi nous amener un peu de chaleur à l'approche imminente de l'hiver.

Encore que... Par "les dunes", on pense habituellement à l'été, aux plages baignées de soleil quand ce n'est pas le désert, car on pourrait aussi penser à l'Afrique, et se dire que GWENNYN a choisi une thématique plus "australe". En fait il n'en est rien (en tout cas, rien de sudiste), ce sont les dunes bretonnes qui nous sont racontées, un peu à l'instar du Moving Sands de Myrdhin quelques mois plus tôt. Ces sables chantent aussi, portés tout le long du disque ou presque, par la voix de la chanteuse qui clame son enracinement à sa terre. Alors on pourrait dire, pourquoi avoir choisi d'inclure plus de chansons en français ?

En réalité elle n'a fait qu'illustrer musicalement des textes d'autres artistes qu'elle a choisi (le "Gwenved" de Kenneth White, ce "monde blanc" imaginé alors que l'auteur est un fervent défenseur du celtisme) ou avec qui elle a collaboré pour l'occasion. Ceux-ci ne sont autres que Cristine Mérienne, harpeuse bretonne et ex-membre de Sedrenn qui interprète ses chansons en français -elle signe ici "Nuit de Sel" et "Embarquement Sous la Lune"-, ainsi que monsieur Gérard Manset, que GWENNYN a pu contacter en sachant que son guitariste Patrice Marzin a joué avec lui, et qui est lui aussi amoureux de la culture celtique bretonne. Son "On Dit le Temps" et les textes de Cristine s'inscrivent dans l'idée d'une trame revêtant une aura mystique très seyante pour la jolie chanteuse. Dans d'autres textes, en breton -"Keltia", "Brezhoneg"- et plus rarement en anglais -"The Song of the Dunes"-, cette dernière parlera de son attachement à sa langue et du rayonnement que connaît la Bretagne en ce début de millénaire, et qu'elle n'est pas la seule à avoir ressentie...

Musicalement, ce troisième disque est de l'avis de tous son plus abouti. Cela est dû à une collaboration plus rapprochée avec le guitariste Patrice Marzin, avec qui elle co-signe toutes les musiques. Il dégage aussi un parfum plus féminin, ce que la chanteuse, en souriant, explique parce qu'il a nécessité neuf mois de gestation. On se rapproche donc d'une sensibilité "à fleur de peau", comme le sait chaque femme qui connaît cette période précédant l'heureux événement. GWENNYN n'est pas encore enceinte, mais son chant se fait plus doux, complètement à l'image des chansons. Celles-ci verront certes l'utilisation de parties plus nerveuses comme sur le plinn "On Dit le Temps" et "Netra Blu Din Me", où ressortent de fortes rythmiques et des guitares aiguisées. Mais pas seulement pour ces dernières, car en vérité chaque fois que l'on écoutera le disque, on sera saisi par la qualité du travail de Patrice Marzin, avec toutes ces guitares aux sons si différents... Ecoutez surtout les électriques se mêler aux acoustiques, comme sur le magnifique "Embarquement Sous la Lune", ou encore les parties de folk et de classique sur le (pour le coup) andalouïsant "An Emzivadez" et l'instrumental "Kameled".

Les claviers ne sont également pas en reste et au contraire, omniprésents. De l'harmonium aux nappes oniriques, elles confèreront un certain ravissement à des titres tels que "An Emzivadez" et "The Song of the Dunes" où elles suggèrent des mirages musicaux. Quant à la touche celtique, les cornemuses et flûtes sont à l'avenant dès le premier titre, et le violon nous saisit grâce à quelques soli sur "Madres" et "An Emzivadez". Des titres d'une densité et d'une finesse des plus remarquables, sur lesquels la voix angélique de GWENNYN peut se poser et offrir une suite de sommets, à l'image de ce "Nuit de Sel" jazzy dont on pourrait dire qu'elle l'a toujours chanté, tant il est synonyme de perfection.

Notez qu'en dehors du tandem Louarn-Marzhin et de Pierre Bloch qui accompagne habituellement la chanteuse, on retrouve la présence du sonneur Kevin Camus que l'on retrouve aussi chez Nolwenn Leroy. En parlant de cette dernière, ce qu'il y a de bien avec un album comme Bretonne, c'est qu'en plus d'être sympathique, il permet par son succès au grand public de s'ouvrir à de nombreux autres artistes et notamment à la vague de chanteuses actuelles d'un talent fou comme Cécile Corbel, Nolwenn Korbel et donc Gwennyn. C'est donc tout le bien que l'on peut souhaiter à cette dernière, que sa renommée grandisse comme ce que Alan Stivell appelle la 3ème vague celtique. Et ce qu'il y a de bien avec un album tel que Kan an Tevenn, c'est qu'il ne fait que confirmer la progression elle aussi croissante de la carrière de la chanteuse.

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   MARCO STIVELL

 
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- Gwennyn Louarn (chant)
- Patrice Marzin (guitares, programmations)
- Philippe Turbin (piano, accordéon, synthétiseurs)
- Pierre Bloch (violon)
- Kevin Camus (cornemuse et flûtes irlandaises)


1. Brezhoneg
2. Embarquement Sous La Lune
3. Madres
4. On Dit Le Temps
5. The Song Of The Dunes
6. Keltia
7. Nuit De Sel
8. Netra Blu Din Me
9. An Emzivadez
10. Gwenved
11. Kameled



             



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