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POP BRETONNE/NEW-AGE  |  STUDIO

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2006 En Tu All
2009 Mammenn
2011 Kan An Tevenn
2013 Beo
2016 Avalon

GWENNYN - Beo (2013)
Par MARCO STIVELL le 21 Novembre 2015          Consultée 509 fois

Une percussion factice mais légère... Un son de boite à rythmes qui nous renvoie à cette idée préconçue que rien ne vaut une vraie batterie, mais que celle-ci ne peut générer certaines ambiances inédites, comme ici... Puis un accord mineur au piano digital, réverbéré avec largesse et empli de profondeur... L'ambiance est posée, toute trouvée pour laisser s'exprimer la voix de GWENNYN, qui nous conte en quelques mots l'un des plus grands mythes connus. Du point de vue de la belle Yseult, elle s'adresse à Tristan en toute sensualité...

Beo, Vivre en langue du pays du bout du monde. En effet, ce disque est vivant, mais pas comme on l'attend, pas dans un sens aussi strictement physique et même parfois vulgaire que celui que l'on impose à la musique en société. Respiration, regard contemplatif sur le monde (le même que l'on peut offrir aux photos de la sublime jeune femme, déesse porteuse de vie), tels sont les maîtres mots. Le quatrième disque de GWENNYN est une oeuvre qui "s'écoute", qui demande à être assimilé d'une manière tout sauf superficielle, au contraire, par une immersion totale.

Ce n'est pas un hasard si les tempos sont ralentis et que l'on trouve fort peu de décollages pop-rock. C'est pour mieux laisser la place à Patrice Marzin, ses claviers et ses programmations dans une veine new-age. Si le titre "Beo" rappelle les moments simples et intimes de En Tu All, premier album de la chanteuse en 2006, "Tristan et Yseult" s'inscrit dans la lignée des nombreux titres qui nous proposent un voyage extraordinaire, avec générosité. Les violons de l'excellent Robert Le Gall (ex-GWENDAL, collaborateur d'Alan STIVELL) y sont pour beaucoup, autant que la voix et les synthétiseurs.

La basse, la batterie ainsi que la cornemuse de Kevin Camus survolent et soutiennent cet arrangement raffiné selon leur loisir, donnant une grande sensation de liberté musicale. Peu d'accords et de changements, mais une certaine linéarité, de grandes espaces et beaucoup de flottements qui complexifient l'écoute, comme l'arrivée sur une terre nouvelle pour l'explorateur. Une terre magique, cela va de soi. L'enchanteur Merlin, amoureux de Viviane et prisonnier ou non de sa tour de cristal, demeure aussi présent que le beau chevalier Tristan ("Dihun").

Toutefois, plus encore que l'homme, majoritaire dans l'équipe pour la réalisation, c'est la femme qui nous fait rêver. GWENNYN et sa voix de fée, qui donne le sentiment de chanter encore mieux que d'habitude, même si elle fredonne et susurre, s'adaptant au climat mystérieux et léger de la musique. Son écriture n'a pas changé, les textes renvoient une image de spontanéité, des phrases qui semblent lancées au gré des impressions, des sensations, du propre émerveillement de la chanteuse.

Beo conserve le meilleur de chacun des albums qui l'a précédé, mais il se rapproche de Kan an Tevenn pour le mélange marqué de breton et de français, ainsi que dans le choix des collaborations. On retrouve en effet monsieur Gérard MANSET pour ce "Deux Voiles Blanches" magistral et qu'il aurait très bien pu chanter lui-même, différemment bien sûr (l'ambiance évoque ses meilleurs albums passés, Matrice, Royaume de Siam, Revivre...). Il y a aussi l'émouvante Cristine Mérienne qui propose les mots enchantés et enfantins de "Une Cavalière", totalement à son image. Elle joue également de la harpe sur "Beo". On espère bientôt une participation de Laurent VOULZY...

Franchement, que manque-t-il à cette artiste pour faire parler d'elle en hexagone ? Qu'on s'intéresse un peu moins à Nolwenn LEROY et un peu plus à elle... Cela dit, Beo est un disque exigeant. L'ensemble se dévoile progressivement, lève le voile sur l'étonnant "Matin des Arbres", le regard vers l'Est enrichi par le doudouk de Yoann An Nedellec ("Heklev") et "Teir Askell", pur et optimiste. Une oeuvre fort peu taillée pour la scène, mais l'objectif n'en est que plus intéressant !

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Gwennyn (chant)
- Patrice Marzin (guitares, claviers, programmations)
- Manu Leroy (basse)
- Yvon Molard (percussions)
- Mick Leroy (batterie)
- Kevin Camus (uilleann pipes, low whistle)
- Robert Le Gall (violons, mandoline)
- Pierre Bloch (violon)
- Cédric Le Bozec (bagpipes)
- Yoann An Nedellec (doudouk)
- Erwan Stephan (piano)
- Jamie Mac Menemy (bouzouki)
- Cristine Merienne (harpe celtique)
- David Starosta (guitare)
- Magali Rodallec (choeurs)
- Fred Denniel (programmations additionnelles)


1. Tristan Et Yseult
2. Let The Storm
3. Beo
4. Dihun
5. Piv
6. Heklev
7. Kan Ar Bed
8. La Cavalière
9. Deux Voiles Blanches
10. Teir Askell
11. Matin Des Arbres



             



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