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ANATHEMA - The Silent Enigma (1995)
Par KID66 le 26 Décembre 2012          Consultée 1565 fois

Voilà un album fort mésestimé. Eternel absent du podium d’ANATHEMA, The Silent Enigma aura pâti d’une organisation chronologique ne lui rendant pas grâce : exclu du trio gagnant Eternity/Alternative 4/Judgement, et tiraillé vers le bas par un passé Doom/Death manquant de maturité, de panache, celui d’un Serenades de facture correcte mais faisant pâle figure face à ce chef d’œuvre oublié des Anglais. J’ai bien dit chef d’œuvre ! Car c’est à grand regret que je ne puis lui donner la note maximale… Mais nous y reviendrons. Logiquement classé dans la première période du groupe, que certains renient outrageusement, The Silent Enigma est cependant déjà à la fois nettement moins Death et moins Doom que ses prédécesseurs. Crestfallen et Serenades étaient d’une lourdeur pachydermique, et le timbre caverneux de Darren White n’y arrangeait rien. L’opus de 1995 est déjà plus ANATHEMA. Sous une couverture toujours terriblement noire et douloureuse, les anglais nous font cependant déjà quitter le sol pendant l’heure magique de ce grand album. Les mélodies marquent davantage, les rythmes se font moins linéaires, l’ensemble paraît bien plus digeste. Et surtout, Darren White est (enfin) écarté et c’est notre cher Vincent Cavanagh qui le remplacera. Le résultat est inespéré : Vincent ne growl pas, mais adopte un chant tantôt écorché, tantôt sous forme de déclamation tragique, qui dans les deux cas (surtout le premier) se fait un incroyable vecteur d’émotion. Pourtant choisi presque par défaut, le jeune Cavanagh parvient déjà à transmettre avec un immense talent des sentiments de colère, de tristesse, et donne à cet opus une dimension presque bouleversante.

The Silent Enigma est bien trop souvent résumé à trois titres : « Restless Oblivion », « The Silent Enigma » et bien entendu « A Dying Wish ». Le premier, dont le riff restera anthologique, constitue une introduction idéale, injectant dans une masse lourde mais jamais pataude un break angoissant du plus bel effet. « The Silent Enigma » est sans doute plus célèbre dans sa version orchestrale. Bien que tout à fait charmante, je lui préfère la version originale, qui dévoile dès 1995 le sens mélodique inimitable des anglais. L’ensemble des qualités de la première moitié de leur carrière apparaissent de façon évidente sur ce bijou d’émotion, d'amertume et de colère contenue. Mais LE chef d’œuvre de cet opus est incontestablement « A Dying Wish », l’un des plus grands classiques du groupe, encore joué en concert 10 ans après sa sortie, dans un moment où le Doom n’est plus qu’un (très) lointain souvenir pour les Cavanagh ! C’est dire l’impact du morceau. Et c’est à très juste titre : « A Dying Wish » concentre le meilleur de la galette présente et de Serenades en une pièce riche, puissante dans sa musique et dans ce qu’elle transmet, mais également variée. La mélodie (magnifique) de base offre même une lueur d’espoir tout à fait bienvenue dans cet opus profondément obscur. Trois titres dantesques donc, mais ils sont loin d’être les seuls.

En effet, « Shroud Of Frost » est par exemple un autre très grand moment du disque, partagé entre une haine désespérée du monde et des accalmies glauques sous extrême tension. Le final de cette chanson, d’une beauté presque irréelle, vous emmènera très haut. Comme à son habitude, le groupe propose avec « Alone » une pseudo-ballade acoustique. Arpèges enchanteurs, cordes discrètes, chœurs d’enfant (de femme ?)… L’effet est totalement réussi, empli de grâce transportante. Celle ci retombant bien vite sous un « Sunsent Of Age » écrasant de désespoir, mené de front par un Danny Cavanagh en très grande forme, via des leads majestueux et un solo final presque disonnant, mais empreint d’une noirceur poignante. Et de façon générale, le guitariste de Liverpool excelle dans cette galette, en mélodies hypnotiques comme en riffs Doom inspirés.

Hélas, les anglais d’ANATHEMA ne sont pas (et ne seront jamais) les artistes les plus appliqués au monde et ils ne manquent pas dans leur enthousiasme de faire quelques tâches. L’angoissant « Nocturnal Emission », qui ferait presque figure d’interlude, s’avère totalement dispensable malgré une mélodie de base qui aurait pu donner quelque chose d’intéressant. Mais le véritable problème vient de « Cerulean Twilight » qui malheureusement se situe bien en dessous des autres titres du disque. Les écoutes répétées n’y changent rien, on ne tirera rien de très intéressant de cette pièce (7 minutes tout de même) qui n’est cependant pas désagréable. Mais les longueurs font également partie d’ANATHEMA…

The Silent Enigma développe plus que jamais ce sentiment de solitude profonde qui plane sur l’ensemble de la discographie des anglais et cela amplifie encore davantage la force des émotions qui l’habite. Un désespoir franc, presque viscéral, avec lequel le groupe a su imprégner sa musique. Aujourd’hui, si la supériorité d’Alternative 4 sur ses frères ne me paraissait pas évident, je placerai volontiers celui ci en tête du podium. Il est mon préféré du groupe, celui dont l’écoute me touche le plus. Un chef d’œuvre oublié, auquel – et même si cela me fend le cœur – je dois en toute objectivité retirer une étoile au vu des longueurs dont je parle plus haut.

Morceau préféré : « Shroud Of Frost »
A oublier : « Nocturnal Emission », « Cerulean Twilight »
Le reste est tout simplement culte.

4,5/5.

Pour l’anecdote :

2006/2007 furent les années de ma découverte du Metal, soit véritable un tournant dans ma vie d’adolescent. En revanche, je restais à cette époque hermétique à toute musique extrême. Sur le papier, The Silent Enigma n’avait alors absolument rien pour me plaire. Mais le destin me força la main : subjugué par la découverte complètement hasardeuse de l’extraordinaire « One Last Goodbye », je m’étais empressé d’acheter le seul ANATHEMA en stock chez mon disquaire préféré : The Silet Enigma. Pas de « One Last Goodbye » dessus mais je m’en fichais, ça devait être du même acabit. Je ne vous raconte pas ma surprise à la première écoute de l’album, qui fut laborieuse. Je crois me souvenir avoir jeté l’éponge à « Sunset Of Age ». Mais finalement avec un minimum d’effort et quelques points d’accroche comme la chanson titre qui affichait une durée idéale, « Alone » ou le théâtral « Black Orchid » je tombai vite sous le charme du disque. Et il ne me fallut pas longtemps…

Moralité : qu’on soit amateur ou non de musique extrême, cet album mérite l’écoute car sous son aspect rebutant, il peut toucher l’auditeur de par l’émotion qu’il véhicule de façon tout à fait naturelle. C'est aussi la marque d’un grand disque.

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- Vincent Cavanagh (chant, guitare)
- Daniel Cavanagh (guitare, claviers)
- Duncan Patterson (basse)
- John Douglas (batterie)


1. Restless Oblivion
2. Shroud Of Frost
3. ...alone
4. Sunset Of Age
5. Nocturnal Emission
6. Cerulean Twilight
7. The Silent Enigma
8. A Dying Wish
9. Black Orchid



             



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